‹ Manuel de numismatique ancienneChapitre 28 sur 98 · VALEU^R ET POIDS DES MONNAIES ANTIQUES · texte numérisé non relu

VALEU^R ET POIDS DES MONNAIES ANTIQUES

les autres valeurs , pour la facilité des contrats et des transactions sociales.

225. Terminons enfin par rappeler que toutes ces diverses valeurs des métaux monnayés ou non monnayés sont encore tout*à-fait idéales , théoriquement parlant) sous le rapport des résultats effectifs, puisque^ en réalité, ces métaux ne sont utiles , considérés comme moyens d'échange, qu'en raison de la quantité d'autres valeurs qu'ils procurent; mais, sous .ce point de vue , ces considérations se rattachent plus particulièrement à l'économie politique et à la plus ou moins grande quantité de métaux existante , points que nous n'avons pas à traiter dans cet ouvrage.

Ces considérations générales , qui ne sont qu'un aperçu de la théorie des valeurs monétaires , et dont la nature de cet ouvrage a borné l'étendue, devaient précéder ce qui va être exposé relativement à la valeur des monnaies des anciens.

Il est convenable de suivre dans cet examen la nomenclature qui vient d'être indiquée des divers points à considérer séparément dans la théorie de la valeur des monnaies. Nous traiterons d'abord des pièces des Peuples , Villes et Rois , et ensuite de celles des Romains.

226. Un grand nombre d'auteurs ont fait des recherches sur la valeur et le poids des monnaies des anciens; mais cette matière est si vaste et si com-* pliquèe^ qu'on trouve beaucoup de différence dans les résultats de leurs travaux , et peu d'accord même dans les divers buts qu'ils se sont proposés. Les

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ronseignepaens que l'ou peut réuair sur oet objet , dans les écrivains de l'antiquité, sont âbignés de £c)uruir une niasse suffisante de lumières pour éclaircir. ces questions sur tous les. points principaux , et encore bien moins sur les v^iations qui ont dû avoir lieu, suivant les temps et les^ diverses contrées. Les textes des auteurs anciens , souvent altérés , ont dû l'être particulièrement dans des passages où il est question de chiffres et de noms de monnaies faciles à confondre. Dans, les bas- temps , ces notions^ puisées dans les écrivains anciens, sont particulièrejnent très-confuses. Les auteurs modernes qui se sont occupés de Numismatique $6 sont livrés en général plutôt à la repherche de ce que les monnaies anciennes peuvent enseigner sur rhistoire, la géographie et Les religions , qu'à l'examen de leurs valeurs et de leurs poids. Cependant plusieurs écrivains se sont aussi occupés des recherches relatives à ce point important. Nous citerons principalement Budée, qui , dans son ouvrage intitulé De Assa^ a ouvert le premier la carrière, Savot, Scaliger, Gronovius, de la Nauze, Paneton, Rome de i'I&le, et, dans ces derniers temps, M. Letronne. Malgré les recherches successives de ces savans , la masse de lumières acquises à cet égard n'est pas encore suffisante pour que l'on puisse établir des systèmes généraux bien complets , et , à plus forte raison , connaître les ve^iations relatives aux temps et aux lieux.

Ces sortes de recherches , il faut l'avouer , présentent de grandes difficultés. lia fabrication , quelque-

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fois p^u régulière , quant au poids , la détéviorattoti des pièces par le temps et le frottiament, sont autant d'obstacles diautant plus fâcheux, qu'il faut, dans ce travail, avoir recours à des exainens nombreux des pièces elles-mêmes , et préférer ces observations aux éclaircissemens des autres natures. Ce point de la Numismatique ancienne demande encore à étfe étudié et développé avec plus d'exactitude qu'il ne la été jusqu'ici. Il faudrait, pour faire connaître toute retendue de ce sujet et indiquer seulement toutes les difficultés qu'il présente, entrer dans plus de développement que ne le comporte la nature de cet ouvrage. Les détails. qu'on va lire ne sont donc que la simple indication des résiUtats qui ont été entrevus sur ce qui se rapporte à la monnaie des Grecs ; niais il resterait de nombreuses observations à recueiUîr sur l'application de ces premières données , quant aux différens peuplés et aux diverses époques.

Monnaies des Peuples , Villes et Rois.

327. Unitémonétaire. L^Unité monétaire des Grecs était la Drachme. Cette unité fut admise par tous les peuples Grecs, à mesure que l'usage des monnaies se propagea : elle fut également adoptée dans les autres contrées. Les modifications et les variations que ce système a pu subir sont du nombre de ces difficultés qui exigeraient les recherches qui nous manquent II faut cependant faire observer ici que la valeur réelle de cette Unité monétaijre ne subit jamais de grandes variations. 11 s'établit des rapports d'uni-

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fonnité entre la Drachme des divers pays. Les relations commerciales durent produire ce résultat.

La Drachme se divisait en six Oboles.

Cent Drachmes formaient une Mine.

Six mille Drachmes formaient un Talent.

Ces indications, souvent employées pour les fortes sommes, diminuent la fixité de TUnité monétaire représentée par la Drachme , dans le sens que nous attachons maintenant à cette unité. Les auteurs anciens citent diverses sortes de Talens : le Talent Attique , celui de Corinthe , celui d'-ffigine , etc. ; mais ces Talens contenaient toujours six mille Drachmes et ne différaient entre eux que par la conséquence des légères variations qui pouvaient se trouver, dans les monnaies des divers pays, entre la valeur de la Drachme des dîverses^ contrées. Ces différences, minimes quant au rapport d'une Drachme à l'autre , formaient, à la vérité, une somme importante lorsqu'elles se trouvaient répétées sur les six mille Drachmes formant le Talent.

Lorsqu'on parlait de Talent en général sans le spécifier, il s'agissait du Talent Attique.

228. Monnaie de Compte. Il y a tout lieu de croire que l'on comptait généralement par Drachmes; cependant , comme on vient de le voir, les fortes sommes étaient désignées par les indications de Mine et ' Talent.

Une opinion , établie ou plutôt indiquée précédemment, et développée dans ces derniers temps par le comte Garnier, tendrait à établir que la Drachme

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