‹ Manuel de numismatique ancienneChapitre 51 sur 98 · CHAPITRE XIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIV

Monnaies antiques fausses^^ fakifiées dans les temps

anciens. - - • * •

54 !• Les institutions les plus utiles entraînent quelquefois des incônvéniens; les hommes pervers abiisent des meyons que la civilisation crée pour l'avantage' des sociétés; il est rare que le njal ne soit pas à côté du bien. Dès les premiers temps de l'é^ tablissement du monnayage, la mauvaise foi s'en fit un moyen de tromper, et l'invention des monnaies fut sans doute rapidement suivie de l'invention des fausses monnaies. Démosthène nous ap« prend que du temps de Solon, lorsque les monnaies venaient, pour ainsi, dire, d'être établies, la fabrication des fausses monnaies était déjà pratiquée chez les Grecs, et qu'elle était punie de la

^4o ÊL1ÈSIENS; CHaPJTRE XIV.

peine de niprt (*). D'autres passages des^ autelirs anciens nous font connaître que, daastes tein{>s postéri^ùrsi^ le crime de * fausse ipqniiaie fut constam - ^ ni#nt £onnu > et q&eles lots^es divers peuples Grecs le punissaient toVijouts.de la peiàe capitale. Le père de Diogèné pavait avoir. été coupable de -^se crime (').

54a. Auçi^n témoignage oe nous fournit d'IlncliéiQS sur des itérations fmuduleilses dans le^ monnaies , commises secrètement par les 'dépositaires de Vautorité publique. Polycratc, t^an dè^Samds, a^té accuséxl'avoir donne aux Lacédébioniens' des pièces de plopib doré hn lieii dé monnaies d'or ; mais cette imputation a été démentie par Hérodote lui-même, qui nous^ l'a conservée {^).

545. Les lois Româiaes ne furent pc^ moins sé- ,vère6 sur ce point;. à toutes les époques, elles condamnèrent à mort les faùx-monnayeurs. Ulpien dit que iceilx qui naderont, teindi^ont, fabriqueront ( frauduleusement par le mO\il2)ge ou autrement ) des monnaies d'or, seront livrés aux bètes, s'ils sont libres, et punis du dernier supplice, s'ils sont esclaves (♦).

544> Nous avons, quant au 'monnayage chez les Romains ^ quelques témoignages relatifs aux altérations frauduleuses qui furent faites secrètement aux monnaies par des personnages qui tenaient le pouvoir: On a accusé Marc -Antoine d'avoir* mélangé dans les monnaies du fer à l'argent f ), et l'Empereur

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(') Adv, Timocr., p. m. 8o5. — (") Diog. Laertius, 1. VI, 20. — O L. lïl, c. 56. — (*) Ad log. Corn, de Fais. — O Plinius, L. XXXIII, c. 46.

FALSIFICATIONS AJNCIENRES. 2^ l

Caracalla d'avoir Êiit répandre des pièces de plomb doré au lieu de monnaies d'or, et d'autres de cuivre argenté au lieu d'argent (').

Ces reproches demandent à être examinés; la fraude imputée à Marc-Antoine, d'avoir mélangé du fer dans les monnaies d'argent, paraît invraisemblable. Ij'argent des dénias Romains émis avec le nom de Marc-Antoine n'est point altéré , et ce métal ne pourrait l'être que difficilement avec du fer. Si l'on pense que par là Marc- Antoine a été accusé d'avoir fait fabriquer des monnaies fourrées , en fer recouvert d'argent , sans doute il existe de cette époque de ces sortes de pièces ; mais cette fraude, pratiquée par les faussaires, ne pouvait guère être employée en grand : restreinte , ainsi qu'elle ne pouvait manquer de l'être, et comme nous le reconnaissons par le nombre de ces pièces même qui nous restent , une telle fabrication n'eût offert que des ressources illusoires à un homme qui dirigeait d'aussi grands intérêts.

Quant à l'imputation faite à Caracalla, d'avoir émis des pièces de plomb fondu au lieu de monnaies d'or, et d'autres de cuivre argenté au lieu d'drgent, elle a un autre caractère. C'est sous les règnes de Septime Sévère et de son fils Caracalla que la tnonnaie d'argent commença à être altérée à Rome. Cette altération fut-elle légalement établie et généralement connue? quand? comment? et jusqp'à quel point? C'est ce que nous ignorons. Il y a lieu de croire

n Dîon, LXXVII,c. 14.

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qu'elle fut frauduleusement établie par le Gouvernement dans les premiers momens. Sans doute, bientôt après, ces tromperies furent connues, et leurs auteurs virent les tristes résultats de ce commencement de dégénération de la monnaie Romaine. Mais il est probable que, dans les premiers instans, ils en recueillirent des bénéfices. Ces premières altérations des monnaies Romaines, faites par le pouvoir, sont, au reste, dignes de celui qui se les permit , et Thomme qui voulut assassiner son père , et qui devint ensuite fratricide , pouvait bien être faux-monnayeur.

Les premières altérations frauduleuses du titre de l'argent dans les monnaies Romaines sont seules à conférer sous le point de vue qui fait Tobjet de ce Chapitre. Du moment que ces altérations deviennent publiques et légales, elles rentrent dans les considérations relatives aux titres des monnaies , qui ont été exposées dans le Chapitre YII.

345. Les fraudes de toute nature que les faussaires mettaient en ^uvre obligèrent à chercher les moyens de s'en garantir. Les Gouvememens , outre les lois teirribles prononcées contre les faux-monnayeurs , employèrent sans doute d'autres moyens , qui ne nous sont pas connus , pour arrêter et reconnaître leurs travaux occultes. La fabrication des monnaies offre une particularité que l'on a attribuée à l'intention d'empêcher quelques contrefaçons, c'est le genre de monnaies nommées dentelées, qui furent en usage à Rome sous la République et en Sjrrie. Il en a été question, Chapitre YI (1 aS). On a pensé

FALSIFICATIONS ANCIENNES. 2i{5

que ce genre de monnayage avait pour but xle igendre impossible la fabrication des pièces fourrée» , les plus dangereuses en effet de toutes les fausses monnaies anciennes. Mais si cette idée a été réellement cause de l'adoption de ce genre de monnaies , on s'était trompé sur l'efficacité de ce moyen ; car il existe des monnaies dentelées y fourrées , conséquem«> ment fausses.

Les particuliers cherchèrent aussi tous les moyens possibles de s'assurer de Tauthenticité des monnaies. . On s'étudia à acquérir à cet égard une expérience préservatrice. Quelques passades d'auteurs andens nous attestent que l'on s'aidait de la vue , du tact y du son et même de l'odeur des monnaies, pour juger de leur authenticité, de leur altération , au de leur fausseté.

346. Les monnaies antiques elles-mêmes viennent à l'appui de ces témoignages écrits, car on trouve parmi elles d'assez grandes quantités de pièces fausses de diverses contrées depuis Iqs premiers temps du monnayage jusqu'aju terme des diverses séries. .

Ainsi, dès l'origine des monnaies, et constamment depuis, la fr^>onnerie tira de cette institution des gains illicites et nuisibles à la société ; les législateurs imposèrent aux faux-monnayeurs les peines les plus sévères , et ces pdnes ne. produisirent pas tous les résultats qu'on en devait attendre , puisque nous avonà encore des preuves de ces fraudes coupables, dans des séries presque non interrompues.

Après avoir exposé ces notions générales sur cette

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matière, il est nécessaire d'entrer dans les détails convenables sur les diTcrses espèces de monnaies fausses , falsifiées dans les temps anciens.

Ces sortes de pièces sont beaucoup moins communes parmi les monnaies des Peuples , Villes et Rois, que parmi celles de coii) Romain. Le nombre des monnaies Romaines de cette espèce est fort considérable à diverses époques.

347. Pièces fausses , dorées ou argentées. Ce genre de fraude a dû être un des premiers adoptés , puisqu'il présentait plus de faicilité dans l'exécution. Il est spécialement désigné dans quelques-unes des dispositions des lois anciennes^ qui parlent de ceux qui teignaient les monnaies. Cette fraudé pouvait être employée avec plus de succès, en dorant les pièces d'argent II ne nous reste pas beaucoup de pièces que l'on puisse reconnaître appartenir à ce genre, parce que le temps et d'autres causes accidentelles ont fait disparaître les teintes superficielles qui leur avaient été données.

U ne faut pas confondre avec les fausses monnaies de cette espèce les pièces qui étaient ornées par des applications partielles, ou même totales, d'or et d'argent, pour les rendre précieuses ou remarquables. Ces pièces*K:i étaient presque toutes du nombre de celles que Ton doit considérer comme ayant été non des monnaies , mais des médailles. Il en a été question dans le Chapitre YI (1 3 1 ).

Il ne faut pas non plus confondre avec ces pièces fausses dont il est ici question les monnaies émises légalement, ou, suivant l'usage , à des titres très-bas ,

en billon ou même seulement colorées en argent, monnaies qui furent usitées à certaines époques. '

548. Pièces Jausses frappées en or ou argent altérés. Cette sorte de febrication a été également employée, puisqu'elle offrait des profits; mais il y a lieu de croire qu'elle Ta été très-nirement , parce que ses résultats donnaient des monnaies dont les teintes pouvaient facilement trahir l'origine ^ nous avons peu de ces sortes de pièces. Il ne faut pas les confondre non plus avec les monnaies des époques où les titres altérés de l'or ou de l'argent étaient légaiement admis.

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