CHAPITRE XrX
Rareté et valeurs actuelles ^s Monnaies et Médailles
antiques»
43 1 . La première cause de la rareté plus ou moins grande des monnaies ou médailles antiques est évidemment le nombre plus ou moins considérable qui en a été fabriqué. Il est évident aussi que les monnaies d'un personnage qui n'a tenu le pouvoir que pendant peu de jours doivent être plus rares que celles d'un Empereur dont le règne a duré plusieurs années. La quantité des pièces qui ont été découvertes influe sans doute aussi sur la rareté; mais ces découvertes ont lieu généralement en raison du nombre de pièces qui ont été en circulation.
432. Dès que. l'on en a formé des collections numismatiques, les observations relatives aux degrés de
RABETÉ DES MONNÀnES ET MÉDAILLES. 3ï 7
rareté des pièces ont été faites y et les collecteurs ont snîvi ces indications, soit pour se diriger dans leurs achats , soit pour se rendre compte du mérite de leurs séries. L'esprit humain est tellement organisé, que n(Mis attachons , en général , aux objets de la même nature des valeurs d'affection d'autant plus grandes, que ces objets sont plus ou moins rares, abstraction faite de leurs autres genres d'intérêt et de mérite.
La rareté des monnaies et médailles devait donc servir de base pour en fixer les valeurs et les prix. Cette seconde nature de déterminations avait ellemême des points de départ différens, résultant du nombre des acheteurs, de leurs richesses et de diverses circonstances momentanées.
Pendant long-temps, lès notions siir la'rareté et la valeur des monnaies et médailles antiques furent peu déterminées j aucun écrivain n'avait encore établi de base sur ce point, le nombre des collecteurs n'étant pas très-considérable , les catalogues n'ayant pas en«^ core fait connaître ces collections dans leurs détails.
Mais avant d'aller plus loin , il est nécessaire de fixer le sens précis de l'indication de la rareté des monumens numismatiques.
453. L'expression rareté d'une pièce s'entend de la pièce elle-même, dans le sens absolu et général, abstraction faite des circonstances qui peuvent influer sur le mérite de telle ou telle épreuve de cette pièce, circonstances résultant de la fabrication de l'épreuve et âur-tout de sa conservation. On peut dire, sans doute , et l'on dit souvent , en voyant une pièce à
§f8 ÊLÉMEirS, GHAPiTtlE Xi5C.
fleur de coin, que cette pièce est rare quand elle est dans un tel état de consei^ation ; mais cette indicatién n'est pas relatWe àla pièce même, elle n'a rap* port qu'à Fétat dans lequel se troUye l^épreuve qu'on a sous les yeux. En dettes termes , une pièce commune peut êti*e d une conservation très-rare.
434* L'état de conset*vation des pièces influé infiniment sur leur mérite , sur l'intérêt qu'elles inspirent , sur la valeur que les collecteurs attachent à leur possession 5 et cobëéquemment sur leur prix. Ce genre de mérite, indépendamment de celui de la vstrelé, comme nous venons de le voir, Constitue un élément de l'estimation du prix de chaque épreuve eu elle-«Qéme , combiné avec tes considérations sur la rareté.
455. Mais, conune il faut un point de départ fixe pour les estimations des valeurs des pièces, il a été admis que l'on supposerait toujours aut pièces estimées une belle conservation , laissant à part les degrés de conservation extraordinaire qui ajoutent une valeur supérieure aux épreuves qui ont cet avantage.
456. Il Êiut encore faire observer que les degrés de rareté ou les prix qui ont été affectés aux pièces s'entendent de toutes les pièces qui portent les typés désignés dans l'indication. Nous avons vu, dans le Chapitre YI, combien est grande hr quantité des types et des variées de types que l'on connaît et qui se découvrent tous les jours , et l'immensité des répétitions des pièces identiques , mais de coins dilTérens. li est donc nécessaire de considérer 1^ indications de rareté ou de valeur comme relatives à toutes
RARETÉ DBS MONNAIES ET MÉDAILLÉS. SfQ
les pièces qui se trouvent comprises dam chaque annotation. Les indications de cette nature doivent être, en conséquence^ d'autant plus vagues qu'elles sont plus limitées 9 et d'autant plus exactes qu'elles sont donnas mi plus grand noadbre. Il est inutile d'a*r jouter que l'authenticité des pièces doit être indu-* bital^le.
Après avoir fait connaître quelles bases ont dû servir de règles pour la détermination de la rareté et des valeurs des pièces smtiques , il faut ajouter quelques observations sttr l'impossibilité qui existe d'établir de telles indications avec une exactitude complète, et sur les imperfections que ces données ne peuvent manquer de renfermer.
437. Quant à la rareté , on peilt., jusqu'à un certain point, réunir des données assez exactes, puisque les d^;rés de rareté sont constatés par les quantités de pièces existant dans les collections, et que Tindi-* cation de la rareté ne coBcerne que les pièces en elles* mêmes , abstraction faite de l'état de telle ou telle épreuve en particulier. De nouvelles découvertes peuvent sasis doute modifier ces données , mais au moins ceiles-ci peuvent-elles être établies sur des bases certaines bien connues et d'une seule nature. Enfift les indications de rareté peuvent être admises long-temps sans modifications.
458. La valeur ne peut se déterminer, au contraire» que sur des données de natwes diverses, peu certaines, rarement constatées et perpétuellement va* riaMes. En effet, non-seulement la rareté des pièces influe sur leur valeur et leurs prix ; mais ceux-ci