‹ Manuel de numismatique ancienneChapitre 7 sur 98 · ORIGINE «ES MONNAIES · texte numérisé non relu

ORIGINE «ES MONNAIES

de la monnaie ne furent pas des graveurs sur pierres fines et sur métaux, animés du désir de faire connaître leurs travaux /d'en voir apprécier. les beautés, d'en tirer de. plus grands avantages et d'en multiplier les produits? Ce qui est certain, c'est quç les monnaies les plus anciennes ont un mérite réel sous le rapport de l'art , et attestent que , dès l'origine , des artistes fort habiles se livrèrent à la gravure des coins. Ce n'est point ici le lieu (Je développer les causes qui portèrent les beaux-arts, dans la Grèce, à un point de perfection si élevé. On trouve ailleurs les explications plus ou moins heureuses de ce concours dp circonst:ances auquel .on -dut ces artistes si habiles , dont - les travaux servent encore de modèles et de règles. Il suffit de dire. ici que l'art de la gravure sur pierres fines ou sur métaux était chez les Grecs aussi avancé que celui de la sculpture; que les* artistes de ce genre se livrèrent à la gravure des coins de monnaies, dès que le. monnayage fut découvert; que dans la suite la gravure des monnaies fut presque toujours confiée dans chaque pays à d'habiles graveurs, et que beaucoup de monnaies antiques offrant des chefs-d'œuvre de l'art, sous le rapport du style, du grandiose et du goût réunis à la pureté du travail. Ajoutons, pour compléter cet aperçu, que les monnaies ont, de plus que la plupart des monumens de la sculpture , l'avantage de porter avec elles l'indication du lieu de leur fabrication et presque toujours celle de l'époque, soit positive, soit approximative, où elles furent frappées.

lo. Quel est l'inventeur de la monnaie? A quelle

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époque fut-elle découverte? ou plutôt à quelle époque précise coitimença-t-on à faire usage de monnaies uniformément multipliées par le coii>^?

Nous sommes loin de pouvoir répondre à'une manière certaine a ces questions.

Le^ écrivains attribuent diverses origines à cette découverte , comme cela a eu lieu pour toutes les inventions qui datent des temps reculés. Le merveilleux , qui se mêlait chez les anciens à tout ce qui «'était pas bien constaté, fut invoqué aussi pour expliquer l'invention du monnayage. On en fit hommage aux dieux ; on Tattribua à Saturne et à Janus, et tes habitans d^ l'Italie leur auraient dû ce bienfait. Les monnaies Romaines des premiers temps, qui portent la. double tête de Janus, constatent que cette opinion était répand«e à l'époque où elles furent fabriquées. Cette découverte fut aussi attribuée à divers personnages des temps anciens, bien antérieurs à l'époque réelle des premières monnaies. Des opini&ns plus probables furent ensuite répandues. Hérodote assure que la découverte du monnayage hit faite en, Lydie, d'autres auteurs à Cyme, à Athènes , à Naxos , à Égine. On en fait honneur à un ancien roi .de Thessalie que l'on iiomme Jonus oultonus, à Niima Pompilius , second roi de Rome. Plusieurs écrivains Grecs enfin désignent comme le véritable auteur de cette découverte Phidon d'Argos, eft un des marbres de Paros indique positivement que ce Phidon , Argien , frappa le premier une monnaie d'argent à Égine. Plusieurs villes se disputèrent la loire d'avoir vu naître Homère. L'art du monnayage

méritait aussi que l'honneur de son invention fût disputé (i)-

11. Ces indications^ indécises et probablement toutes inexactes j présentei^t peu d'intérêt. L'origine d'une invention qui date de temps aussi reculés est d'autant plus difficile à constater qu'il est probable que des essais plus ou moins informes mirent successivement sur la voie , et que les premières monnaies furent fabriquées dans divers pays presque à la même époque. Qui pourrait établir le moment précis de l'invention non pas du levier, la première découverte de l'homme, mais celle de la roue, de la cbarrue, du bateau? Il est vrai que celle des monnaies est d'une époque bien postérieure et demandait une grande masse de connaissances déjà antérieurement répandues ; cependant on peut appliquer à cette découverte une partie des considérations qui se rapportent aux autres inventions.

12. Mais, outre les conjeclures que fait naître la réflexion , outre les dooumens puisés dans les anciens écrivains, nous avons d'autres bases de nos investigations sur cet objet. Ce sont les monnaies primitives elles-mêmes. En se livrant à un examen approfondi et complet sur la fabrique de ces pièces ,

(i) Il n'est pas inutile de dire ici que l'opinion qui attribue l'invention du monnayage à Pbidon d'Argos a été, en apparence, appuyée par une monnaie des Béotiens , portant $IAO , mais cette pièce est d'une époque bien postérieure aux premiers temps de l'art monétaire , et ce nom est celui d'un magistrat en charge quand elle fut frappée.

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le Style de la gravure, la conformation des caractères, les types et les légendes , on trouve que quelques pays, quelques villes, peuvent être considérés comme ayant frappé les premières monnaies ; mais on ne découvre aucun motif raisonnable pour faire spécialement honneur de la découverte à tel ou tel Peuple, à telle ou telle Ville. Les Grecs furent les inventeurs ; mais il est impossible de rien établir de plus précis.

i3. Il reste à fixer l'époque vers laquelle furent fabriquées les premières monnaies, et il est à propos, pour la déterminer, de s'appuyer des écrivains anciens, en compairant leurs récits avec les monnaies primitives elles-mêmes.

TJn passage de Plutarque (i) porte que Lycurgue substitua à Lacédémone la monnaie de cuivre à celle d'or et d'argent. Il résulterait de ce passage j s'il était exact, que les Lacédémoniens auraient eu des monnaies d'or et d'argent dansP'le dixième siècle avant Jésus- Christ , Lycurgue étant né gi6 ans avant l'ère chré- , tienne, suivant les calculs de Frérét. Mais aucun autre témoignage n'appuie cette assertion ; elle ne se trouve non plus justifiée par aucune monnaie Lacédémonîenne que l'on puisse rapporter à des temps si reculés: au contraire, un passage de YEryxiaSydialogue attribué à Platon, porte qu'à cette époque, les Lacédémoniens se servaient de poids en fer pour monnaie; il est donc hors de doute que Plutarque a voulu parler de morceaux de métal donnés au poids, dermon-

(i) In Lycurg.

(HIIGJNE DES SiOMMAlÇS. 1^9

naies non frappées ^ «t non pM de ix^Mp^i^ vérj^bles. Ce passage (i'uA nuteur, d^mt le témoignage est du reste d'une grapde^utorité, depoandait à être éclairci et réfuté.

Il est convenable de mentionner .'les^acieoQ€vscQ<Minaies portant les ^effigies de perspo^n^gea qui, ont vécu avant l'invention du monnayage, cçHmne; Homère, Py ffaagore, NuBda Poi^pi)iu^, Aqcus Martius et ^i^tre^. Ces pièces ont pu être considérées et.<;itées par. des gens peu instruits, comme preuves de re;xisteQce d^^ monnayage aux époques où vivaient les pei^sonnage^ qu'elles représentent. Ce sont des . erveurs . qui «ne méritent d'être réfutées que pour ceux quîtn'en.soMt encore qu'aux élémens de la science. puinismatique. Cçs pièces sont commémor^tive^.fflUes ont seulement Favantage de. prouver le h^ut degré de réputation dont jouissaient dans Taç tiqueté les l^|39i^es que Ton honoi^ait ainsi long: temps, après lepr . zjt^ort , et

celui de £ak*e conn,aître leurspprtraitsoudumoin^ les traits, que. l'opi croyait avoir étélesleur^.

Depuis l'époque où T^vait Lyctirgiie,;Qn ne trouve rien qui indique positivement la découverte^ de l'art monétaire.» Ce n'est qu'au t^n^ps de Solon que les témoignages de r^xistepce des monnaies cot^mçncent à se multiplier. Xes. lois , de ,ce légisslateur d'Athènes en font plpsieui?s fois n^ent;jLQn; o|i ytrouye^mép^e •la peine demort prononcée contre les cpntreJEaet!eui:i$ des monnaies ( ^); Solon avait ^^x^quis . toute so^ influence vers la quatraiMieTcinqujième olympiade, six

i ■.■■■ i ) ii. «

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cents ans avant J.-C. Il fut contemporain de Tarquin l'ancien, cinquième roi de Rome, et de Cyrus, roi de Perse. Des témoignages divers attestent qu'en Italie et en Perse Fart monétaire était pratiqué vers cette même époque.

Si nous nous rapprochons ensuite des premiers temps auxquels on peut, avec toute certitude, attribuer des monnaies déterminées, il faut arriver jusqu'à Alexandre P'. , roi de Macédoine, sous le règne duquel furent incontestablement frappées les monnaies <]ui portent son nom et qui lui sont attribuées. Ce prince régna depuis l'an 497 jusqu'à l'an 4^4 avant J.-C.

On voit donc que la découverte de l'art monétaire peut être placée dans le VII®. siècle avant J.-C, et que Ion peut regarder comme frappées depuis cette époque jusqu'à l'an 5oo avant J.-C. environ, les monnaies primitives, dont les types et les Légendes indiquent les premiers temps de l'art. Les lépoques successives de la fabrication des monnaies seront détaillées dans le Chapitre III.

1 4. Il est probable que l'art du monnayage se répandit promptement dès les premiers temps de sa découverte. Le nombre de Villes dont on trouve des monnaies primitives ayant les mêmes caractères d'antiquité le fait présumer, d'autant plus que ces villes sont situées à des distances éloignées l'une de l'autre, en Grèce, en Italie et en Sicile.

1 5. Les monnaies elles-mêmes se répandirent avec rapidité. Le commerce les transporta bientôt dans les diverses contrées; aussi voyons nous qne, dès

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