CORPS ÉTRANGERS DES ARTICULATIONS
cément est facile à réduire, et aussitôt la réduction les saillies osseuses disparaissent, ainsi que les plis de la peau.
Chaussier a observé un cas de luxation en arrière de rextrémité du tibia.
Nous étudierons la luxation congénitale tibio-tarsienne en décrivant le pied bot.
Art. XU. — Corps étrangeri formel au niveau àm» artieolatioBf
On donne ce nom à de petits corps qui se forment soit dans la cavité articulaire elle-même, soit autour de l'articulation. On sait que c'est à Ambroise Paré que l'on doit le premier fait de cette nature, et ce n'est que longtemps après lui que l'on en a signalé quelques cas. Depuis le commencement de ce siècle cette affection singulière a beaucoup préoccupé les chirurgiens, qui se sont attachés surtout à déterminer l'origine de ces productions.
Les uns les ont considérées comme formées de morceaux de cartilage détachés des extrémités articulaires ; cette origine est rare ; elle se trouve toutefois parfaitement démontrée par une pièce déposée par M. Richet au musée Dupuytren. Hunter et M. Velpeau les regardent comme des concrétions fibrineuses ; il est extrêmement probable qu'un certain nombre de corps étrangers d'un petit volume n'ont pas d'autre origine. Laënnec pense qu'ils se sont formés en dehors de Tarticulation, qu'ils repoussent la synoviale, se pédicuUsént et deviennent flottants lorsque, par suite d*une cause que l'on ne peut déterminer, d'un mouvement brusque, Ife pédicule vient à se rompre. Cette théorie, du reste, s'explique parfaitement par la formation de produits calcaires dans le tissu cellulaire péri-articulaire enflammé, ainsi que nous l'avons vu en traitant des tumeurs blanches.
Anatomie pathologique. — Le volume des corps étrangers est très variable : il en est qui sont gros comme un grain de blé, d'autres qui sont plus volumineux qu'un haricot ; ils sont tantôt arrondis, tantôt ovalaires, aplatis, coniques ; souvent ils sont uniques, cependant quelquefois on en rencontre deux ou trois, d'autres fois on en trouve un nombre plus considérable ; ils sont blanchâtres, élastiques, leur consistance rappelle celle du cartilage. Dans quelques cas, ils ressemblent à de la fibrine dépouillée de sa matière colorante ; plus rarement, on les a trouvés osseux sur une face et cartilagineux sur l'autre. Ces différences d'aspect et de coloration s'expliquent d'ailleurs par les différences d'origine.
Souvent ils sont mobiles dans la cavité articulaire; quelquefois ils sont attachés à un pédicule de longueur et de largeur variables ; d'autres fois ils sont en dehors de l'articulation et n'ont que de très faibles adhérences avec la membrane- synoviale ou avec le tissu cellulaire.
On les a observés dans presque toutes les articulations mobiles , mais incontestablement les plus fréquents sont ceux du genou.
4S4 MnoLOAii cBiRimaieALC.
Dans la plupart det eas, rartieulation ne présente aneane espAcfl d'altération ; d'autres fois ils accompagnent une hydarthrose , une arthrite chronique, ou même une tumeur blanche.
tliohgie. *^ Â pari lef altérations articulaires qua noua avoni mentionnées, on ne connaît rien sur l'étiologie de ces produotieni,
Symplomatolûgie, «^ Us maUdas qui portent un oorpa étranfw articulaire ressentent tout à coup et sans cause connue une douleur •strémament vive dans l'articulation : cette douleur peut être aiseï mode pour produire révanouissement. Si l'on explore rarticulation, w sent un petit corps d'une mobilité extrême qui, dans certaines eireoastances, échappe h l'exploration en se logeant dans des points inaccessibles à la vue et au toucher ; si le corps étranger est au dehors de l'articulation, sa mobilité est beaucoup moins grande. L'articulation est le plus souvent saine, quelquefois il existe un peu d'hydarthrose.
Les auteurs ont attribué la douleur violente que nous avons sigatlée à rinterposition du corps étranger entre les surfaces articulaires; cette douleur, en effet, n*est pas constante et ne se manifeste que par intarvallas.
fHagnostic^ — Lo diagnostic est facile lorsque l'on peut saisir le corps étranger -, aussi lo chirurgien doit-il mettre tous ses soins à le çhorcher lorsqu'un malade se plaindra de douleurs très vives dans une artioulation saine et jusqu'alors privée do douleurs. On peut, parli dififérence de mobilité, distinguer les corps étrangers intra-articulaires ^s extra-articulaires.
Pronostic, — Le pronostic est assez grave, car si cette production ne détermine pas d'accidents, elle apporte un obstacle réel aux fonctions normales do l'articulation, et les moyens conseillés pour la faire disparaîtro no sont pas toujours sans dangers.
Traitement. — lorsque le corps étranger ne détermine aucune gêne, il vaut mieux l'abandonner à lui-même \ ce précepte s'applique surtout aux productions extra-articulaires. Quant aux corps étrangers intra-ar- Uculaircs , si l'on suppose qu'ils sont composés de fibrine , on pourra essayer les résolutifs, la compression , les frictions mercuriellea. Dans le cas contraire, le chirurgien a trois partis à prendre :
1** il abandonnera le corps étranger à lui-même lorsque celui- ci ne déterminera que peu de gêne.
2* Il pourra saisir le corps étranger et le fixer jusqu'à ce qu'il ail eontraoté des adhérences dans un point où il ne puisse être nuisible. Pour fixer le corps étranger, on pourra employer les agglutinatib ; mais ce moyen n'est pas souvent applicable. Blandin conseille de TeiBbrocher à l'aide d'une épingle qui traverserait les téguments, la synoviale, l'articulation et le corps étranger. M. le professeur Jobert de Lamballe a employé dans un cas plusieurs épingles au lieu d'une
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seule, et a imaginé pour cette opération un oetit instrument qui a , lorsqu'il est développé, la forme d*un trident. M. Duft-esse-Chassaigne conseille d'amener le corps étranger vers la partie inférieure et externe de la rotule, de plonger sous la peau une aiguille à cataracte, dé déchirer la capsule et de fixer dans ce point le corps étranger avéc dés bandelettes de dlachylum.
3" Il procédeta à Veœtractton. L'opération peut être telle ôoîl éh pratiquant à la peau une incision directe, ou mieux obllquè; cette deN nière expose moins à l*entrée de l*alr dans l*articuialiott. Celle opération, en apparence si simple, eéi quelquefois iuiiri« â*acclâ«lits très graves, analogues, du reito^ à oeuK dont tioui «tons parlé dans 1«« plaies des articulations» D'après M. Brttumert(l), sur ciiiquaiit««deux cas d'opérations, il j atirait eu vingt morts.
Le procédé auquel en devra donner la préférence eet saAs eontredlt la méthode souf«cutanéd. M. Ooyrand, qui le premier a employé ee procédé, Aiit sortir le petit corps par l'ineiiion de la synoviale et le fite dans le tissu cellulaire péri-artioulaire< Au bout d'un certain tempe, lorsque la synoviale est etealrisée, il ftdt l'eniraetion du Mfpë étranger*
Culte opération n'est cependant point à Yàttfï de tout danger; edé doit néanmoins être préférée à la première^ surtout si, comme le e<mseille M. Goyrand, on se contente de déranger le corpt étranger sans l'extraire.