LÉSI0N8 DES PARTIES MOLLES EXTÉRIEURES DU CRANE
dation est consécutive à l'inflammation : on voit, dans les cas les plus heurenx, la surface de Tos se couvrir de bourgeons charnus ; il y a guérison sans nécrose. L'inflammation avec décollement des téguments est quelquefois compliquée de décollement de la dure-mére. Nous reviendrons plus loin sur ce phénomène.
Les complications les plus fréquentes des plaies des téguments du crâne sont :
1" Vhémorrhagie. — Elle peut tenir à une lésion des artères temporale, occipitale, auriculaire postérieure ; ces vaisseaux, logés dans des parties molles extrêmement denses, ne peuvent être liés qu'avec la plus grande difficulté. Aussi faut-il avoir recours à la compression appliquée entre la plaie et le cœur ; si celle-ci était insuffisante, on pourrait, à l'exemple de Dupuytren, embrasser l'artère et les parties molles dans une anse de fil, et lier sur un petit rouleau de diachylon, ligature médiate. Dans des cas plus rebelles , on pourra appliquer sur le vaisseau un petit cautère rougi à blanc. Enfin, il est des cas où l'artère est tellement profonde et située dans une région tellement anfractueuse, au fond de la fosse zygomatique par exemple, qu'il est impossible de faire la compression et de lier le vaisseau. Ces hémorrhagîes sont assez graves pour qu'on n'ait pas craint de conseiller la ligature de la carotide.
2* La douleur. — Les plaies de tête sont souvent le siège de douleurs intolérables que l'on expliquait autrefois par l'excessive sensibilité attribuée à l'aponévrose épicrânienne; cette opinion ne peut maintenant soutenir la discussion ; on a admis avec plus de vraisemblance la lésion incomplète de quelques filets nerveux, l'étranglement inflammatoire. Quoi qu'il en soit, le meilleur moyen de calmer la douleur est de faire une incision qui comprenne toute l'épaisseur des téguments. Cette opération ne sera toutefois pratiquée qu'après avoir essayé inutilement les émoUients, les narcotiques.
3° Inflammation des lèvres de la plaie, — Êrysipèle. — Sous l'influence du contact de l'air, de pansements irritants, du frottement des cheveux, ou plutôt de l'irritation causée par la racine des cheveux dans les plaies obliques, ainsi que l'a indiqué J.-L. Petit, ou de quelque autre cause qu'il n'est pas possible de déterminer, les bords de la plaie se gonflent, deviennent douloureux ; l'inflammation se propage aux téguments et prend les caractères d'un érysipèle qui s'étend du cuir chevelu à la face. Cet état se complique d'une réaction assez vive, de délire.
V érysipèle du cuir chevelu difi'ère de celui des autres parties du corps en ce que toutes les parties couvertes par les cheveux sont blanches ; aussi ne peut-on reconnaître la maladie que par le gonflement, l'empâtement, et par la douleur assez vive que provoque la pression du doigt. A la face et sur les parties du crâne dépourvues de cheveux comme chez les sujets chauves, l'érysipèle présente sa coloration »ormale.
498 PATHOLOOIE GHJRUROIGALK.
GoftU) «flfection se termine souvent par résolutidn i d'autrM fbii Os observe un véritable phlegmon diffus qui décolle Ida téfttmeiiU« al la nécrose des os du crAne peut être la conAêquenoe d'une aemUalite maladie ; mais une terminaison lur laquelle on ne aauMii trdp appeler Tatlention est la méningite, la méningo-encéphaliie qtt'U Miami (Mquent d'observer» Cette complioation* que Ton A oherohè à atpliqucr par la propagation de l'inflammation de dehors en dedana par lei communications vasculaires, ou par l'orbite, dans lequel oa a vu on phénomène de voisinage, est des plus fâcheuses, et conduit souvent lo malade au tombeau.
Les antiphlogistiques, les émollients, les dérivatifs sur le canal inlestinai, constituent la médication la dIus utile contre les êrysipèlei du cuir chevelu : on a conseillé encore l'application de larges vésicatoifes, les onctions d'onguent napolitain.
Art. -» XX. — Léiioni des os dtt ctftne.
§ 1. -^ Plaiei desoBéfà crâne.
A. Instt-uments piquants, — Lorsque la lésion est bornée à uns partie de l'épaisseur de l'os, elle présente à peine plus de gravité qu'une plaie des parties molles; lorsque au contraire riastrumenta traversé toute la paroi osseuse, la plaie peut guérir aussi facilement que dans le cas précédent ; mais il est des Cas où un cpanchement de sang inlra-crânien peut produire des accidents fort graves. D'un autre côté, il faut remarquer qu'il est presque impossible, malgré Texploration la plus altentivc et la connaissance la plus exacte des circonstances qui ont accompagné la blessure, de déterminer si la plaie est ou nos pénétrante; aussi ne saurions-nous conseiller trop de réserve dans le pronostic et trop de surveillance pendant le traitement.
Il est un certain nombre de piqûres des os du crâne qui sont accompagnées de fractures de la table interne ; les esquilles, repoussées par le corps vulnôrant dans \A cavité crânienne, déchirent la dure-mère, le cerveau , et déterminent les accidents les plus sérieux ; len an^ nales de la science renferment un certain nombre de faits de cette nature.
Ënfln, comme complication de ces sortes de plaies, nous devons signaler la présence d'une portion de l'instrument vulnérani. Dans cetto circonstance, comme dans la précédente, le chirurgien est souvent obligé de recourir à la trépanation pour conjurer les accidents dont assttS sotfrvent on n'apprend la cause qu'après l'opération.
Instruments tranchants, — Los plaies des os du crâne sont plus on moins profondes, plus ou moins obliques. On leur a donné les noms bizarrc-i de : /ledra, blessure superficielle ; occopé, section perpendiculaire ; diaccopc, section ])lus ou moins oblique; aposkvparnismos t séparation complète d'une portion d'os.
Les plaies superficielles du tissu de l'os ne présentent pas d'indica-