‹ Manuel de pathologie et de clinique chirurgicales v.2, 1958Chapitre 115 sur 188 · CHAPITRE IL · texte numérisé non relu

CHAPITRE IL

AFFECTIONS DU AACBlt ET DK LA MOILUB ÉPOTllAE^

Art. Z« — Xiésionf traomatiqiMf d« rAohû «t il« 1« oioelle ^ épioîère.

Dans les chapitres précédents « nous nous sommes occupé des fractures et des luxations du rachis (voyei p. 815 et 31 3} g nous n'aurons donc à traiter ici que dei lésions de la moelle ot de sea aavaloppes.

g 1«'. — Plaies de la moelle épiniérê.

Protégée en avant par le thorax, latéralement par les côteai en irrière par des apophyses épineuses larges et imbriquées^ la région dorsale de la moelle épiniôre ost soustraite d'une manière preaque atsoiue à l'action des agents vulnérants ; il en est à peu près de même de la région lombaire, protégée en avant par l'abdomen^ le corps des vertèbres, latéralement et en arrière par le volume des apopliyaea ei des masses musculaires puissantes qui s'y attachent. A la région cervicale, où les muscles sont peu épais, les apophyses épineuses et articulaires horizontales et grêles, les corps peu volumieux, la moelle est plus exposée aux agents vulnérants ; cependant la colonne vertébrale se trouve encore garantie en avant par la face, qui la couvre entièrement dans les mouvements de flexion de la tète, en arrière par l'occiput, qui, dans l'extension forcée, recouvre toute la région poatérieure du cou, latéralement par les épaules, qui se soulèvent.

Les plaies sont plus fréquentes à la région cervicale que partout ailleurs. Les piqûres sont les lésions que l'on observe le plus souvent/, car un instrument tranchant ne peut pénétrer dans le canal rachidien qu'entre l'atlas et l'occipital, et tout au plus dans la région cervioalo lorsque la tète est fléchie et l'instrument dirigé, de baa en haut. Les instruments d'une grande puissance, les baïonnettes, par exemple, peuvent arriver jusqu'à la moelle en fracturant testâmes des vertèbres, les balles peuvent la léser également , après avoir brisé les os, en avant, en arrière ou sur les parties latérales. Enfln, on observe des déchirures de la moelle à la suite des fractures et des luxations des vertèbres.

Les plaies de la moelle sont superficielles ou profondes ; d'autres sont bornées à un des cordons ou intéressent toute son épaisseur ; d'autres fois , l'organe est divisé sur la ligne médiane, et séparé en deux moitiés égales. Les agents contondants peuvent déchirer la moelle dans une étendue plus ou moins considérable.

LÉSIONS TRAUMAYIOVËA D« LA MOSLLE ÉPINIÉRE. 4(13

SympUnnakOogie. -^ Lei divtBioni de li moéll» épiaièrt eairtâr nenfc la paralysie de tous les organes auxquels vont se rtfndft les filets nerveux qui naissent au-dessous de la solution de continuité ; aussi les plaies de la partie supérieure présenteni^llef« outre lefe symptômes qui leur sont propres, tous ceux qui appartiennent à une lésion de la portion inférieufe de là moelle. Il arrive cependant que la paralysie s'observe aux membres èupérieurs, et que le mouvement et la «ftnsibilité sont eonsertés dans les membres inférieurs : ee phénomène ne se rencontre que dans les divisions incomplètes de la moelle. Dans e« cas, les filaments nerveuK destinés aux membres inférieurs sont restés intacts ; mais la règle que nous avons posée ne SOiiiDre pas d'exception lorsqu'il y a une division complète de la moelle.

La lésion des faisceaux, postérieurs entraine la paralysie du sentiment, celle des faisceaux antérieurs la paralysie du mouvement. Cette proposition, admise jusque dans ces derniers temps sans contestation, a été vivement combattue par M. BrownSequard.

Pour terminer ce qui a trait à la symptomatolofrie générale des plaies de la moelle, nous ajouterons que jamais on n'observe pour la moelle les phénomènes croisés que l'on rencontre pour le cerveau Les anastomoses nombreuses du grand sympathique avec les nerfs rachidiens expliquent les troubles viscéraux qui accompagnent les blessures de la moelle épinière.

Les blessures de la partie inférieure de la moelle déterminent nonseulement la paralysie des membres inférieurs, mais encore des troubles fonctionnels du rectum ou de la vessie : ainsi, on observe l'incontinence des matières fécales lorsqu'elles sont liquides, leur rétention lorsqu'elles offrent de la consistance ; la rétention, puis l'incontinence d'urine, les malades urinant par regorgement ou parce que la vessie, enflammée^ ne peut plus servir de réservoir. On a signalé, dans la composition de l*urine, des modifications qui ont été attribuées à la l»aralysîe des nerfs qui vont se rendre à l'organe sécréteur de la vessie, au catarrhe vésical, au séjour du liquide dans la vessie.

Les blessures qui intéressent la région dorsale, au-dessous du plexus brachial, produisent la paralysie des muscles de l'abdomen et du thorax : de là une gêne très grande de la respiration, qui peut eneore se faire par le diaphragme, le trapèze, le grand dentelé.

Celles qui siègent au-dessus du plexus brachial entraînent la paralysie du membre supérieur ; les troubles de la respiration sont plus profonds que dans l'espèce précédente *, la circulation éprouve aussi des désordres notables ; les troubles de la circulation et de la respiration déterminent un abaissement marqué de la chaleur normale.

Enfin, lorsque la moelle est divisée au-dessus des nerfs phréniques» le malade succombe rapidement à l'asphyxie « car la respiration n'est plus possible.

Les altérations de la moelle sans solution de continuité donnent lieu à des phénomènes analogues ; il n'est pas rare cependant de constater quelques symptômes insolites qu'on peut d'ailleurs expliquer par l'au-

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topsic. Enfin il est des phénomènes dont il est impossible de trouver me explication, tel est le cas rapporté par Desault (I), et où il est qnestÏM d'un homme qui eut la moelle divisée au niveau de la dixième verièkn dorsale ; les mouvements étaient conservés.

Pronostic. — Les plaies de la moelle sont extrêmement graves;! est excessivement rare de voir des malades ^érir, même impaiûit»ment : sMls ne succombent pas aux premiers accidents, ils sont emp(l^ tés par les accidents consécutifs, inflammation, ramollissement El général, la mort est d'autant plus rapide que les plaies sont plus voisines du bulbe rachidien.

Traitement. — Malgré les conséquences presque fiitalement fâchemn des plaies de la moelle, le chirurgien s'efforcera de mettre le milidi dans les meilleures conditions possibles pour obtenir la cicatrisatÎM : le repos absolu sur un sommier de crin est de rigueur ; les corps étraigers seront enlevés, on cherchera à prévenir l'inflammation par n traitement aiiliphlogistique énergique et les émoUients ; on surveillen la constipation et la rétention d'urine.

§ 2. — Contusion de la moelle épinière.

Les contusions de la moelle sont le plus souvent consécutives à «m fracture ou à une luxation des vertèbres, quelquefois à une éloogatioi du rachis.

Les caractères anatomiques de cette lésion varient depuis la simpiB ecchymose jusqu'à la désorganisation complète de la moelle et sa réduction en putrilage.

Les symptômes sont les mêmes que ceux des plaies ; la myélite ee est le plus souvent la conséquence. Aussi les chirurgiens s'efforcerontils de prévenir l'inflammation par un traitement antiphlogistiqiH énergique.

§ 3. — Commotion de la moelle épinière.

Les chutes d'un lieu élevé sur les pieds, sur les fesses, les percuscussions violentes à la région lombaire, produisent quelquefois dans b moelle des phénomènes qui ont la plus grande analogie avec la commotion cérébrale.

Les symptômes se produisent au moment même de l'accident, et se montrent immédiatement avec toute leur intensité : on observe li perte de connaissance, la résolution complète des membres, la paralysie du mouvement et du sentiment, l'excrétion involontaire de l'uriae et des matières fécales, des troubles de la respiration et de la circulatioii.

Ces symptômes disparaissent quelquefois entièrement au bout d'ui

(1) Journal de chirurgie, I. IV, i». i'àl»

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