OSTÉITE, CARIE, NÉCROSE DES VERTÈBRES
temps plus ou moins lon^, d'autres fois ils font place à un symptôme prédominant qui lient à une déchirure ou à une contusion de la moelle épinière ; la maladie parcourt alors toutes les phases qui sont propres à cette complication.
Le traitement de la commotion de la moelle épinière est basé sur les mêmes principes que celui de la commotion cérébrale.
§ 4. — Compression de la moelle épinière.
Les fractures et les luxations des vertèbres, Tépanchement de sang ou de pus dans le rachis, la présence d'un corps étranger peuvent pro> duire la compression de la moelle.
Les symptômes qui caractérisent cette lésion sont la paralysie, qui arrive au bout d'un temps variable, en rapport, du reste, avec la cause de la compression ; cette paralysie semble diminuer à la suite de certains mouvements du rachis ; elle n'existe que d'un seul côté, lorsqu'un des côtés de la moelle seulement est comprimé.
Le traitement consiste à faire cesser la compression ; nous avons vu, en traitant des fractures et des luxations du rachis, ce qu'il convenait de faire dans ces circonstances Nous n'y reviendrons pas. Si la moelle est comprimée par du sang ou du pus» on facilitera la sortie de ces liquides par la trépanation. M. Laugier a démontré que la trépanation des lames des vertèbres dorsales était possible. S'il s'agit d'un corps étranger, d'une balle, par exemple, il sera extrait soit à l'aide du levier et au besoin du trépan.
Art. XZ. — Ostéite, carie, néerose des vertèbrei .
Les altérations organiques des vertèbres sont assez fréquentes et présentent des caractères particuliers qu'il est important de signaler.
Analomie pathologique. — Nous ne reviendrons pas sur les caractères auatomo-patliologiques de la carie, de la nécrose, etc. ; nous les avons exposés dans nos généralités. Nous ne nous occuperons ici que des points qui appartiennent en propre à la colonne vertébrale. La carie occupe le plus souvent la fin de la région dorsale ; elle peut attaquer les lames vertébrales, les apophyses transverses ou articulaires, mais beaucoup plus souvent le corps des vertèbres; les articulations peuvent rester intactes, mais souvent elles s'altèrent ; les synoviales deviennent rouges, fongueuses ; les ligaments se décollent, se détruisent ; il en est de même des disques intervertébraux.
La suppuration est le plus souvent la conséquence de cette affection ; le pus se montre tantôt au voisinage de la lésion osseuse, c'est ce qui arrive lorsque la carie a envahi les apophyses articulaires ou les apophyses épineuses, tantôt loin du siège du mal, on observe alors des abcès par congestion. Dans d'autres cas, le pus soulève ou détruit le ligament postérieur et pénètre dans le canal racliidiea.
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Lorsque la carie n'a détruit qu'uiM pârtM da ûotpê d'une teHÀbn, la colonne vertébrale n'est pas modifiée dans se forme, lorMpi'aa c<mtraire le corps se trouve détruit dans une ^nde étendue, fl y a gibbosité. On a affaire alors à une variété asseï rare du mal de Pott,car, ainsi que nous le verrons, l'affection tuberculeuse enkystée est celle ((ai donne le plus souvent lieu h la courbure de la colonne tertébrele.
!1 n'est pas rare de trouver des productions osseuses de nouvelle Cormalion autour des os malades.
Symplomalologie. — Au début, douleur sourdot profqade, qui est souvent confondue avec une douleur rhumatismale. La perte d§ l'appétit et des forces, ramaigrissement, la Ûèvre, «ont les seula acckleflU généraux que l'on observe. Quelquefois la maladie guérii à eette première période ; mais le plus souvent il se forme des abcès locaux, qu sont tout à fait semblables à ceux que nous avons déorits como» appartenant à l'ostcito (A'oy. Ostéite, p. 174), ou bien présentent loi caractères des abcès migrateurs (Voy. Abcès par congestion^ p. 471).
Diagnostic. — 11 est assez difficile au début , puisque Ton peut croire à un rhumatisme ; mais lorsque l'abcès se montre, il ne reste plus de doute, surtout si longtemps avant l'apparîtion de la coUecUon purulente, les malades ont souffert dans un point déterminé du rtchis ; cependant on pourrait être induit en erreur par Texistence d'us abcès froid. S'il existe un abcès par congestion, il devient presque impossible de savoir si l'on a affaire à une carie ou à une affection tube^ culeusc.
Étiologie. — Cette affection so rencontre chez les jeunes sigets principalement, et sous l'influence de causes qui débilitent la constitution : alimentation insuffisante, habitation dans les lieux bas et bamides, masturbation, etc. Les contusions et les fractures commiau' tives du rachis sont quelquefois le point de départ de l'ostéite et de la carie vertébrale.
Pronostic. — 11 est fort grave, et on le conçoit, car le siège de la maladie s'oppose à l'application des moyens chirurgicaux dirigés contre la carie.
Traitement. — Le traitement local est à peu près nul ; ai l'abcès s'est développé au niveau du point carié, il sera ouvert, et l'on fera des injections pour évacuer le pus ou empêcher sa décomposition. Si l'ibcès s'est montré dans un point éloigné* il sera traité ainsi que nous le dirons plus loin en décrivant les abcès par congestion.
Le traitement général est le même que celui que noua avons conseillé pour la carie générale.
Nous n'avons rien à dire ici de la nécrose. Les séquestres quel'oc rencontre dans les affections do la colonne vertébrale appartiennent , Your la plupart, à l'infiltration tuberculeuse que nous déorirons avec le mal vertébral de Pott.
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Art. IXZ. — Mal vertébral de Pott.
M. Bouvier définit ainsi le mal de Pott : affection des ligaments intervertébraux et du corps des vertèbres, qui a détruit leur substance dans une étendue variable, et qui est suivie de la formation d'un nouveau tissu osseux, véritable cicatrice comblant le vide, unissant les bords delà solution de continuité.
Pendant longtemps cette affection a été attribuée à la carie des vertèbres, puis à Tostéite ; mais Tanatomie pathologique a démontré que le plus souvent elle est due à une affection tuberculeuse ; néanmoins il faut avouer que l'afTèction qui nous occupe n'a pas toujours la môme nature : tantôt c^est une ostéite, tantôt une arthrite, tantôt une affection tuberculeuse, quelquefbis la réunion de plusieurs de ces lésions.
Anatome fKUhglogiqmi «^ La région dorsale à la partie inférieure, puis la région lombaire, son( le plus souvent envahies par le mal de Pott, Les verlèbroi «ont creusées d'une excavation régulière ou anfractueuse, occupant le centre de la vertèbre et quelquefois largement ouverte à l'extérieur ; l'os a éprouvé une véritable perte de substance, le tissu osseux a disparu sans laisser de résidu ; la perte de substance porte tantôt sur la partie antérieure du corps de la vertèbre, tantôt sur la partie postérieure, quelquefois sur les parties latérales ; on a même vu la destruction foire disparaître en entier le corps d'une ou de plusieurs vertèbres, oellos^ci se trouvent réduites à leur masse apophysaire; cette altération peut se propager à la tête des côtes. Le tissu osseux, qui circonscrit l'excavation, a conservé ses caractères normaux, tels sont les caractères du mal de Pott, causés par les tubercules enkystés ; lorsque les vertèbres sont envahies par l'infiltration tuberculeuse, on trouve les os dénudés et comme infiltrés de pus ; si la maladie est observée à une période plus avancée, les vertèbres sont détruites en partie, et l'excavation qui en résulte contient des fragments plus ou moins volumineux de tissu osseux. Cette disposition explique la présence de fragments néorosés nageant dans la matière purulente. M. Tavignot a observé une infiltration couleur lie de vin et une infiltration graisseuse, Cette disposition est fort rare et parait appartenir à l'ostéite.
Les disquea intar vertébraux participent h la destruction des vertèbres ; ainsi, daoa les tubercules enkystés on voit lo disque intervertébral disparaître dans toute la portion qui correspond à la perte de substance osseuse ; dans l'infiltration tuberculeuse, la destruction du disque correspond à la partie infiltrée, et si deux vertèbres juxtaposées sont envahies par l'infiltration, comme la vascularité se trouve anéantie, eu pour le moins profondément modifiée, le disque privé de vie meurt et se détruit par un mécanisme analogue à la destruction par macération. Aussi n'est-il pas rare de rencontrer du pus présentant l'odeur de la macération. L'altération du disque intervertébral est quelquefois primitive, o'est-à*dire que la maladie débute par le fibro-
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cartilage ; la petite synoviale, qui en occupe le centre, parett être le point de départ de la maladie.
Les enveloppes de la moelle sont quelquefois enflammées ; le tÎM cellulaire intra-rachidien est induré, épaissi ; la moelle est très rarement enflammée ou ramollie ; ces altérations paraissent tenir k la pression exercée par une vertèbre déviée ou par un fragment nécrosé.
La destruction du tissu osseux détermine le plus souvent une déibrmation de la colonne vertébrale. La déformation la plus fréquente est une flexion antérieure, de sorte que la colonne vertébrale forme ai arrière une saillie anguleuse, à angle d'autant plus aigu, que la destruction du tissu osseux porte sur une plus grande étendue. Le mèetnisme de cette déformation est facile à expliquer : à mesure que Feicavation augmente, les parois de la vertèbres s'amincissent, et bieottt n'étant plus assez solide pour soutenir le poids du corps, la colonne vertébrale s'affaisse, la partie supérieure du kyste se met en coolael avec la partie inférieure, la partie supérieure du tronc se courte m avant, et l'apophyse épineuse de la vertèbre écrasée lait saillie ei arrière.
Lorsque la destruction des vertèbres est très étendue, c'est4-dife lorsqu'elle occupe deux, trois ou quatre vertèbres, on constate quelque singularité dans les nouveaux rapports que les os présentent entre eux. Ainsi, dans un cas observé par M. Mélaton, la face antérieure di corps de la troisième vertèbre cervicale était en contact avec la face lipérieure du corps de la deuxième dorsale. On comprend cette disposition, car la partie supérieure, pour se mettre en contact avec VisArieure, doit exécuter un mouvement de bascule autour d'un axe fictif qui passerait par ses deux trous de conjugaison. Dans ce mouvement, le grand surtout ligamenteux antérieur se trouve entraîné entre les deai corps vertébraux, et s'adossant à lui-même, fait l'office de flbro-cartilage.
D'autres fois, la colonne vertébrale s'incline latéralement ou dam une direction oblique. Cette disposition , beaucoup plus rare que 11 précédente, s'observe lorsque la destruction de l'os a porté sur lespa^ ties latérales.
La gibbosilé n'apparaît pas toujours aussi brusquement ; d'après M. Bonnet , les liens fibreux qui réunissent les arcs des vertèbres apportent un certain obstacle à la flexion brusque et spontanée du rachis. Aussi est-il plus ordinaire de voir les parois de la vertèbre céder en vertu de leur flexibilité à la pression qu'elles supportent dans les diverses attitudes du malade.
Lorsque les vertèbres sont ainsi aff'aissées, et la masse tuberculeuse expulsée, le kyste subit la transformation fibreuse, les fragments osseux se consolident entre eux et avec les masses apophysaires ; li guérison est bientôt complète, à moins que la destruction du tissu osseux ne continue ses progrès ou que de nouveaux foyers ne viennent s'ouvrir dans le foyer primitif.
Il arrive quelquefois que de» stalactites osseuses se rendent d'une