‹ Manuel de pathologie et de clinique chirurgicales v.2, 1958Chapitre 123 sur 188 · III. Inflammation des paupières · texte numérisé non relu

III. Inflammation des paupières

V Érysipèle des paupières. — Blépharile érysipéîateuse. — » L'crysipèle des paupières s'observe à la suite de piqûres d'insectes, de petites plaies des paupières ; il accompagne l'érysipèle de la face qui prend dans cette région un caractère particulier sur lequel il est bon d'appeler l'attention. Ainsi la rougeur, la tension de la peau des paupières est accompagnée d'une infiltration considérable du tissu cellulaire ; parfois , les téguments se couvrent de petites phlyctènes remplies de sérosité rougeâtre.

Cette affection se termine le plus souvent par résolution ; quelquefois on observe de petits abcès dans l'épaisseur de la paupière. Dans les cas où elle présente plus d'intensité, on voit survenir de la conjonctivite, du cbémosis avec sécrétion abondante de larmes.

Le traitement est le même que celui des érysipèles de la face ; la conjonctivite disparaît avec la maladie de la paupière.

2° Phlegmon des paupières. — Blépharile phlegmoneuse. — Le phlegmon des paupières est quelquefois consécutif aux érysipèles de la face; il se développe aussi sous l'influence de causes traumatiqucs.

La maladie est tantôt limitée, tantôt diffuse ; au début, le malade éprouve dans la paupière une douleur plus ou moins vive, accompagnée de tension et de battements manifestes; la peau est tendue, d'un rouge plus ou moins foncé ; les plis de la paupière sont effacés, et cet organe ne peut plus se relever. Comme le gonflement épargne le bord ciliaire, il en résulte que celui-ci et les cils paraissent comme enfoncés du côté du globe de l'œil. Lorsque la maladie est intense, on observe des symptômes généraux plus ou moins inquiétants. Au bout de quelques jours, d'une semaine, la résolution s'opère ou la suppuration arrive ; alors, la tumeur devient molle, fluctuante ; la peau se perfore et donne issue à une plus ou moins grande quantité de pus. Dans des cas assez rares, la maladie prend tout les caractères du phlegmon diffus ; la tumeur est livide, la chaleur est considérable, le gonflement extrême ; puis, la paupière se ramollit et l'ouverture du foyer donne passage à du pus mélangé, à des lambeaux de tissu cellulaire sphacelé; la gangrène des téguments s'observe assez souvent dans cette espèce de phlegmon. Parfois la maladie se propage à l'orbite, au globe de l'œil, et l'on voit survenir les symptômes les plus graves et quelquefois la mort.

Traitement. — Le phlegmon simple ou suppuré ne présente pas

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d'indications parliculières (voy. Phlegmom). Quand on fera l'ouve de Tabcès on agira avec prudence, car rinstniroent pourrait verser la paupière et blesser le globe de l'œil. Dans le phlej diffus on fera des incisions, même avant qu'on y ait constaté la tuation. Il arrive quelquefois que les phlegmons de la paupiè terminent par l'induration et l'épaississement de ce voile mo des applications résolutives, aromatiques, alcooliques, peuvent être utiles, il en est de même d'un vésicatoire appliqué sur la pière.

Z*" Blépharite ciliaire. — Il n'est peut-être pas d'affections qui s décrite sous autant de dénominations différentes et qui ait été divis autant d'espèces. Tels sont les noms de iylosit^ UppUttdo, hléph glanduleuse, diphihéritique, sèche, furfuracée, folltculairej gla leusCj idiopcUhique, etc., etc. M. Desmarres la décrit sous Je nom Inflammation glandulo-ciliaire des paupières. Il iaut remarquer les auteurs se sont surtout attachés à préciser le siège de celte ladie et les éléments anatomiques envahis par le mal. A l'exemph auteurs du Compendium, nous désignerons sous le nom de bléph ciliaire la blépharite du bord des paupières au niveau du point d plantation des cils. Elle parait siéger non-seulement dans les gla ciliaires, si bien décrites par M. Sappey, mais encore dans toute glandes des paupières qui versent leur produit, soit sur la conjonc soit à la surface de la peau.

Symptomatologie. — Au début de la maladie on observe de pe croûtes en forme d'écailles adhérentes à la base des cils de l'une i l'autre paupière. La peau et la muqueuse sont un peu plus rouges l'état normal. Au-dessous de la croûte on trouve une petite ulcér très superficielle à laquelle vont quelquefois se rendre sous forna stries rouges, les conduits des glandes tarsiennes. La maladie peut ter dans cet état pendant un temps assez long ; mais générale l'affection marche de proche en proche, et tout le bord de la pau ne larde pas à être envahi. Bientôt, par suite des progrès du ma constate un écoulement puriforme qui est fourni par les glandes pébrales ; la peau s'ulcère ; les cils, jusqu'alors parfaitement rai sont déviés ; les uns se renversent en dehors, d'antres en dedan constituent un trichiasis. L'écoulement incessant de matière puriP finit par ulcérer le derme de la paupière inférieure. On observe er l'abaissement et l'ectropion de cette paupière, la déviation dos p lacrymaux et la chute des cils.

A un état plus avancé on voit l'altération de la paupière supéri portée à un plus haut degré; elle est constamment couvert croûtes sans cesse renaissantes et qui masquent de petits ulcf le point lacrymal supérieur est tiré en haut; l'inférieure finit pa renverser tout à fait par suite d'nn mouvement de bascule que U cartilage tarse; il en résulte un eetropion très étendu ; la conjonr

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d'un rouge violacé, se trouve exposée à l'air, se durcit et se couvre d'une espièce de couche épidermique.

Cette affection est peu douloureuse ,' au début elle n'apporte point de troubles dans l'exercice de la vision ; il existe tout au plus une certaine roideur des paupières ; aussi, les malades ne viennent-ils demander les secours de l'art que lorsque la maladie est déjà très avancée. A cette époque, en effet, ils sont effrayés de l'aspect re^poussant des paupières à bord rouge, calleux, épais, dépourvus de cils {yeux d'anchois, tylatis)\ de plus, le globe de Tœil ne se trouvant qu'imparfaitement recouvert, ne tarde pas à présenter les altérations qui résultent de son contact avec l'air : ulcération et opacité plus ou moins étendue de la cornée ; enfln, on observe un larmoiement très incommode.

Cette affection marche généralement avec une extrême lenteur; olle peut rester stationnaire pendant plusieurs années. Rarement elle se termine sans laisser de traces de son passage.

Étiologiet'yr' La blépbarite ciliaire s'observe principalement chee les individus scrofuleux mal nourris, logés dans des endroits humides. On l'observe le plus souvent ches les jeunes sujets ; elle n*est pas rare chez les adultes et chez les vieillards.

Traitement. — La première indication est de combattre, par un traitement général approprié , les causes qui ont pu produire la maladie ; on fera tomber les croûtes avee de petits cataplasmes émollients, puis on appliquera le soir, sur les points ulcérés et dépouillés de leur croûte, une pommade au précipité rouge, pommade du Régent, de Lyon, etc., ou bien des pommades au calomel, à l'oxyde de «ne. On a conseillé encore (Mackensie) des lotions avec do l'eau contenant 5 à 10 centigrammes de sublimé pour 250 grammes de liquide.

Les ulcérations seront touchées avec un crayon aigu de sulfate de cuivre on d'azotate d'argent. S'il se forme de petits abcès, ils seront ouverts avec la lancette et vidés. Le boursouflement de la paupière pourra être combattu par des ponctions souvent répétées.

En même temps on administrera des révulsif^ sur la peau, vésicatoires aux tempes, h la nuque, au bras, et des dérivatif^ sur le canal intestinal.

Dans la maladie au troisième degré, lorsqu'il y a renversement de la paupière on aura recours au traitement que nous conseillerons plus loii (voy. ^^opto»).

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