I. Vices de conformation
Les vices de conformation de Tins sont nombreux ; on les distingue ea ; !• ïridérémie ou absence congénitale totale ou partielle de V iris. — Cba les personnes affectées de ce vice de conformation, le fond de l'œil es* rougeâtre. La vue est très faible , meilleure au crépuscule qu'en pleii midi, plus développée la nuit; le plus souvent les malades sont myopes A la naissance, on remarque une photophobie qui disparaît avec l'â^ de là un strabisme, le plus souvent convergent. Ce vice de conformation coïncide souvent avec d'autres anomalies qui entraînent la perb de la vue, l'absence de la choroïde, des procès ciliaires, de la rétine, du cristallin, du corps vitré, etc.
Quelquefois la face antérieure de l'iris, l'iris proprement dit, manque ieule ; la membrane uvée occupe sa place ordinaire : ce n'est qu'avec beaucoup d'attention que l'on peut reconnaître cette particularité déâgnée par Praël sous le nom d*iris uvealis.
Des lunettes à verres arrondis, bleus et légèrement convexes, serool conseillées aux individus affectés de ce vice de conformation.
2^ Coloboma ou division congénitale de IHris, — On en distingue trou formes, selon que les bords vont en se rapprochant l'un de l'autre ven la pupille, qu'ils sont parallèles, qu'ils ont de la tendance à converge! vers le bord ciliaire. Le coloboma peut être complet lorsque l'iris eri divisé jusqu'au bord ciliaire, incomplet dans le cas contraire, superftcleHorsquc l'uvée est intacte, pénétrant lorsque l'uvée est divisée. Le coloboma existe le plus souvent sur le milieu du bord inférieur de l'iris; plus rarement il est en dehors, ou en dedans, ou en haut ; on ne connaît qu'un cas de coloboma horizontal. Si l'on instille dans l'œil des sujets une goutte d'extrait de belladone, on voit les bords de la division s'écarter l'un de l'autre ; cette dilatation est nulle lorsque la membrane uvée n'a pas été divisée.
Quelquefois la division, partant de la circonférence externe de TixiSi n'arrive pas jusqu'à la circonférence pupillaire.
On conseillera les mêmes précautions que dans l'absence complète de l'iris, on devra éviter l'usage de la belladone, qui ne peut qu'augmenter l'écarteraent de la solution de continuité et transformer le coloboma superficiel en un coloboma pénétrant par la rupture de l'uvée.
3' Polycorie ou existence de plusieurs ouvertures à l'iris. — L'iris parait présenter deux, trois pupilles. L'action de la belladone se fait également sentir sur toutes les ouvertures pupillaires indistiocle-
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ment. L'emploi de la belladone serait sévèrement proscrit dans les cas de polycorie, car la dilatation que l'on obtiendrait pourrait la changer en un coloboma.
4** Quelquefois la pupille n'occupe pas la place qu'elle possède habituellement : elle est plus haut, plus bas, plus en dehors ou en dedans, quelquefois même elle est près du bord ciliaire. Ce yice de conformation a reçu le nom de corectopie. Le strabisme en est le plus souvent la conséquence.
5** La discorie est l'irrégularité de la pupille. Cette anomalie n*a d'inconvénient que la difformité elle-même.
6* On a rencontré un cas (Demours) dans lequel il y avait imperfbtation de l'iris ; il ne faut pas confondre cet état avec la persistance de là membrane pupillaire, la structure de la partie qui obstrue la pupille étant identique avec celle de l'iris.
Quelquefois on rencontre des cas où l'ouverture pupillaire est telle - Aient étroite, qu'à peiue si elle peut permettre le passage des rayons lumineux.
Dans ces derniers, l'usage de la belladone pourrait peut-être apporter quelque amélioration ; dans le cas contraire, il faudrait pratiquer l'bpération de la pupille artificielle, à plus forte raison on agirait de fliême si on avait affaire à un cas semblable à celui de Demours.
7" Persistance de la membrane pupillaire. — On sait que chez le fSfttus l'ouverture pupillaire est bouchée par une sorte de membrane éêllulo-vasculaire (membrane de WachendorfT).
Les lambeaux qui résultent de la déchirure de cette membrane disparaissent complètement, quelquefois cependant ils restent flottants dans * le champ de la pupille et gênent plus ou moins la vision. Il est des cas où cette membrane persiste après la naissance, disparaît, en général, au bout d'un temps assez court; cependant on l'a retrouvée en bout de cinq semaines, trois mois, six mois, trois ans (Wrisber^), et même toute la vie : c'est pour remédier à un cas de cette nature que Gheselden a inventé l'opération de la pupille artificielle.
Lorsque la membrane pupillaire persiste, la vue est profondément troublée ; les uns pensent que l'enfant est totalement aveugle, d'autreê qu'il perçoit l'impression de la lumière, à peu près comme nous la percevons à travers des paupières fermées. Ce vice de conformation né peut être guéri que par l'opération de la pupille artificielle.
S° Nous ne ferons que mentionner les taches que l'on rencontre sur riris ; la coloration différente des deux yeux {yeux vairons) ; ces anomalies n'apportent aucun trouble de la vision , et ne causent qu'une difformité ique l'art ne peut combattre.