‹ Manuel de pathologie et de clinique chirurgicales v.2, 1958Chapitre 145 sur 188 · III. IRITIS · texte numérisé non relu

III. IRITIS

Il n'est peut-être pas d'affection dont les auteurs se soient complus à multiplier autant les variétés que Tiritis. On a admis une iritis aiguë et chronique, distinction importante que nous conservons. Il en sera de même de cette variété qui présente un cachet particulier et un traitement spécifique, Y iritis syphilitique; mais nous nous contenterons de mentionner les iritis de la face antérieure, iritis séreuse ; de la face postérieure» uvéite; de la partie moyenne, iritis parenchymateusCt qui ne présentent chacune aucune indication qui leur soit propre, en supposant même qu'elles puissent être reconnues au lit du malade. Mous dirons la même chose des iritis scrofuleuse^ rhumatismaie , arthritique^ mercurieUe, etc., etc.

S 1 . — Iritis aiguè'.

L'inflammation de l'iris s'observe à la suite de lésions traumatiques de l'iris, telles que les plaies pénétrantes du globe de l'œil, les opérations de cataracte ou de pupille artificielle; elle est consécutive aux conjonctivites purulentes, aux kératites, enfin à l'inflammation violente des parties constituantes de l'œil. Le plus souvent, l'iritis est bornée d'abord à un seul œil , et l'autre se trouve envahi consécutivement ; cependant il n'est pas rare de voir les deux yeux pris en même temps.

Symptomatologie. — Les symptùmes anatomiqiAes ont été rapportés à trois périodes , qui constituent , d'après les auteurs, trois degrés de l'iritis.

Premier degrés — L'iris présente une teinte mate, un aspect terne et dépoli; la pupille, légèrement irrégulière à son pourtour, est un peu plus étroite que celle du côté sain; elle se laisse moins énergiquement dilater par la belladone , elle est légèrement trouble et remplie par une sorte de fumée qui donne au fond de l'œil une teinte grisâtre. La conjonctive et la sclérotique sont injectées autour de la cornée : celle-ci est plus brillante qu'à l'ordinaire ; elle prend quelquefois une teinte légèrement grisâtre.

Deuxième degré, — L'iris présente un état de turgescence remarquable, surtout vers sa petite circonférence ; sa couleur est modifiée, elle présente quelquefois çà et là de petites taches brunes ou jaunâtres dues à des épanchements sanguins ou purulents. La pupille est irrégulière, très rétrécie, insensible à l'action de la belladone ; son bord est repoussé tantôt en arrière, tantôt en avant , et adhère à la face postérieure de la cornée ou à la capsule antérieure du cristallin. Ces adhérences sont dues à de la matière plastique qui se développe sur l'une ou l'autre face de l'iris, et bouche dans quelques cas l'ouverture pupillaire. La cornée est trouble, on l'a comparée à un verre de montre terni par l'haleine ; l'injection de la sclérotique et de la conjonctive est augmentée.

S50 PATioLoeii cmvaouukLE.

Troisième degré. — Les caractères anatomiques de cette période sont les mêmes que ceux de la période précédente : l'iris présente des taches purulentes ou ecchymotiques plus étendues ; la pupille est complètement immobile et fermée par une fausse membrane ; les adhérences de l'iris sont plus complètes.

Les symptômes physiologiques présentent quelque différence dans ces trois périodes. Ainsi, au début, les malades n'ont qu'une trii faible douleur, la vue est légèrement troublée : on constate un peft de larmoiement ; mais bientôt la douleur augmente, elle devient mène très violente ; il existe de la photophobie. La vision est beaucoup plu gênée, et se trouve dans la dernière période presque complétemeot abolie.

Les symptômes généraux, qui sont quelquefois très intenses, lo&t en raison de la violence de l'inflammation.

L'iritis aiguë se termine souvent par résolution ; alors Tiris reprend peu à peu, et plus ou moins complètement, ses fonctions et sa colontioo normale; mais souvent aussi on voit persister une déformation plus oa moins étendue de la pupille ; d'autres fois l'ouverture pupiUaire rtatt oblitérée par une pseudo-membrane ; ou bien la maladie paMS à l'état chronique.

Traitement. — Au début de l'inflammation, on prescrira un traitement antiphlogistiquc énergique : saignée du bras, sangsues aux apo' physes mastoïdes, à la tempe. On maintiendra la pupille dilatée à l'ilde d'instillations de belladone dans l'œil ; on fera autour de l'orbite dei onctions de belladone et d'onguent napolitain ; on prescrira des dérif» tifs sur le canal intestinal ; enfin on administrera le calomel seul oa associé à l'opium, jusqu'à production de salivation.

§ 2. — Iritis chronique.

Cette maladie succède le plus souvent à l'iritia aiguë ; quelquelbii cependant elle est primitive : dans ce cas, elle a une marche inii* dieuse ; elle se manifeste par un léger trouble dans la vision, pea oo point de douleur, et, malgré son apparente innocuité, elle n'en continue pas moins sa marche. La pupille est déformée, irrégulière; ses bords sont adhérents à la capsule cristalline ou à la cornée ; l'action de la belladone la fait paraître plus irréguliôre encore, car elle se dilate seulement dans les points où il n'existe pas d'adhérence ; la rodfitf de la conjonctive, celle de la sclérotique, est à peu près nulle.

L'iritis chronique a une durée très longue ; rarement elle diipanft complètement.

Traitement. — Les vésicatoircs, les sélons, les purgatifs, de têttpi en temps des instillations de belladone pourront modifier heureusemefet la maladie ; mais elle est bien souvent au-dessus des ressources éi l'art. Les antiphlogistiques ne seraient conseillés que dans les cal si l'iritis chronique prendrait un certain degré d'acuité.

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§ 8. — Iritis syphilitique.

L'irilis, qui ge manifeste sous l'influence de la diathèse syphilitique, semble appartenir aux accidents secondaires ; mais, comme on Ta observée ches des individus ayant déjà des manifestations tertiaires, elle peut être considérée comme un accident de transition.

Symptomatologie, — Les symptômes de Tiritis syphilitique sont les mêmes que ceux de l'iritis ai^ë et chronique ; cependant quelques ophthalmologistes ont cru constater des symptômes particuliers : telle est, par exemple , la teinte cuivrée du petit cercle de Tiris ( Michel ) , la déviation en haut et en dehors de la pupille ( Béer ) ; mais ces symptômes n'ont pas le caractère de constance qu'on leur a attribué.

M. Tavignot a décrit trois formes d'iritis syphilitique :

1** Forme éruptive^ caractérisée par le développement dans le tissu propre de l'iris, et principalement au niveau du bord pupillaire, de petites tumeurs que Béer a désignées sous le nom de condylomes. Ces petites tumeurs font saillie en avant, et probablement en arrière ; elles sont dues très probablement à uo produit plastique ; par leur adhérence à la capsule cristalline, elles amènent la déformation de la pupille. Cette forme présente un autre caractère qui ferait parfaitement distinguer cette espèce d'iritis syphilitique de toutes les autres maladies du milieu de l'œil : c'est l'absence d'inflammation.

9* Forme phlegmasique, qui présente tous les oaraetères de l'iritis «impie, et qui ne peut être soupçonnée que par la connaissance des antécédents du malade.

3" Forme érupHve et phlegmasique. — Ce n'est que la première forme compliquée d'une inflammation plus ou moins vive.

L'iritis syphilitique a, le plus souvent, une marche chronique ; son traitement est le même que celui des accidents de syphilis : les symptômes inflammatoires seraient combattus par les antiphlogistiques.

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