IV. Athésie de la pupille
Cette affection, caractérisée par l'oblitération plus ou moins complète de la pupille, est consécutive à l'iritis ou aux synéchies; quelquefois elle reconnaît pour cause un épanchement de sang dans les chambret de l'œil (cataracta cruenta) -, elle est encore déterminée par les opérations qui se pratiquent dans l'intérieur de l'œil. Si l'état du globe de l'œil fait supposer que la rétine peut être encore impressionnée par les rayons lumineux, si surtout le malade distingue le jour de la nuit, on aura recours à l'opération de la pupille artiflcielle. Cette opération est extrêmement délicate, car il faut éviter la lésion du cristallin et de sa capsule placés derrière l'iris, et l'expérience a démontré que l'abaissement du cristallin pratiqué dans ces conditions amenait le plus souvent les accidents les plus graves.
55S PATHOLOGIE CtllUlGlCALB.
Y. — Hernie de l'ikis.
Déplacements de Viris. — Prolapius, hernie de Viris. — Cett maladie reconnaît pour causes les ulcères, les plaies pénétrantes de 1 cornée, les ruptures de cette membrane à la suite de violentes conto sions de l'œil. On la rencontre encore à la suite d'incisions faites à I cornée pour l'opération de la cataracte par extraction , ou lorsqu': existe une plaie de la cornée et que le globe de l'oeil se trouve fortemeii comprimé par un bandage, que le malade lait un effort, est pris d vomissements, de violents accès de toux, etc.
Lorsque la hernie de l'iris est consécutive à une ulcération marcbto avec une certaine lenteur, elle est toujours précédée d'une kératodi formée par la lame profonde de la cornée ou par la membrane de l'humeur aqueuse.
Après les ophthalmies purulentes qui ont détruit toute la cornée l'iris fait procidence dans tout son ensemble ; c'est dans ce cas qa'oi voit survenir le staphylôme de l'iris.
La procidence de l'iris est rarement multiple. Scarpa a vu un malad atteint d'une triple procidence de l'iris occasionnée par trois ulcère de la cornée, l'un en haut, les deux autres en bas. La tumeur, exposé sans cesse au contact de l'air, des larmes et de la chassie, soumise ; un frottement continuel des paupières, s'engorge, se tuméfie et ne tard pas à éprouver un véritable étranglement. Le malade compare la doa leur qu'il éprouve à celle que produirait une épine enfoncée dans l'œil il accuse en même temps une sensation incommode de ligature o d'étranglement de tout le globe oculaire : bientôt il est atteint d'un ophthalmie violente, et la lumière lui devient insupportable ; la pupille qui prend une figure ovale, s'avance vers la tumeur. Mais la maladie abandonnée à elle-même, perd assez souvent ce caractère d'acuité ( la douleur devient presque nulle.
La chambre antérieure est déformée. L'iris n'est plus tendu entr les deux chambres ; la pupille est déformée, rétrécie si une partie d sa marge est herniée dans la cornée, oblitérée si toute sa marge : passé à travers la perforation, agrandie si une faible portion de Tiri s'est engagée à travers la solution de continuité. La cornée est aplatie molle, quand la maladie est récente et quand l'ouverture de la comé permet l'écoulement de l'humeur aqueuse.
Lepronostic de cette maladie est grave ; car si la vue n'est pas perd» complètement , elle reste plus ou moins endommagée. La procidence irienne est un accident lieureux, lorsque la cornée est atteinte de i» tule ou d'ulcération perforante.
Traitement. — M. Desmarrcs pense qu'en irritant les parties dan lesquelles rampent les vaisseaux qui vont se rendre à l'ulcération, o\ augmentera la sécrétion de ses bords ; par ce moyen, on donnera l'iris les moyens de glisser dans l'ulc(^ralion. Il conseille donc, ouïr
des agents mydriatîques, lorsque la hernie est rebelle, la cautérisation de la conjonctive dans le point le plus voisin de la hernie ; il répète ces cautérisations sept ou huit fois, jusqu'à ce que la réduction soit complète ; il cautérise même la cornée dans le voisinage de Tulcération, évitant toutefois de toucher Tiris , qui augmenterait de volume par le fait même de la cautérisation.
M. Coursserant a obtenu la réduction rapide d'une hernie de l'iris en sollicitant de fréquentes et instantanées contractions de la pupille par l'exposition fréquente, brusque et de courte durée de l'oeil malade à une lumière présentée au-devant du champ pupillaire (1).
Lorsque la réduction est reconnue impossible, on diminuera le volume de l'iris hernie par des cautérisations successives ; si la tumeur était trop. volumineuse et les cautérisations sans résultat, on aurait recours à l'excision de la tumeur.
Nous ne faisons que mentionner cette variété de la même maladie décrite sous le nom de staphylùme de Viris, et qui se produit lorsque toute la cornée a été détruite par une ulcération. Cette affection entraîne la perte complète et incurable de la vue.