INFLAMMATION DES BQURSES SÉREUSES DES TENDONS
résulterait du froissement de ramidon entre les doigts, ou bien qu*on éprouve en marchant sur de la neige.
Traitement. — Il faut ouvrir la bourse séreuse pour faire sortir ces petits corps, et faciliter la suppuration de la poche.
Art. 12. — AQ^ctions des bourses séreuses des tendons.
Ces affections présentent beaucoup d'analogie avec les précédentes, aussi nous ne nous arrêterons que sur les points qui présentent quelques particularités qui leur soient propres.
§ 1. — Inflammation i
V Épanchements séreux. Us sont décrits sous le nom de ganglions. On les rencontre principalement sur la face dorsale du pied, et surtout au poignet. Ces tumeurs peuvent quelquefois acquérir le volume d'un œuf de poule ; le liquide qu'elles renferment est jaune filant, semblable à de la synovie, quelquefois il est légèrement coloré en rouge.
Leur marche est très peu rapide, ils ont même une grande tendance à rester stationna ire.
Ces tumeurs sont faciles à reconnaître à leur siège, à leur forme, à leur consistance ; cependant on peut les confondre avec une hernie de la synoviale, mais on les distinguera facilement, si, comme le conseille M. le professeur Cloquet, on exerce sur la tumeur une pression douce et prolongée. Si l'on à affaire à une hernie de la synoviale, la tumeur disparaît pour se reproduire ensuite, le ganglion, au contraire, ne disparaît pas.
Traitement. — Il est le même que celui de i'hygroma, mais l'écrasement est le moyen auquel on doit donner la préférence ; viendraient ensuite la simple ponction et l'incision.
2* Épanchements purulents. — Ils surviennent à la suite de contusions violentes ou de plaies contuses ; ils sont quelquefois consécutifs aux fusées purulentes que l'on observe dans les vastes phlegmons.
On comprend que cette affection ayant des causes si différentes, peut présenter des caractères bien variables. Tantôt il se forme dans la gaine une série de petits abcès enkystés qui ne communiquent point les uns avec les autres, d'autres fois on trouve un vaste abcès sur tout le trajet du tendon, celui-ci est quelquefois protégé par la membrane pyogéniquc, d'autres fois le pus se trouve directement en contact avec le tendon et détermine une exfoliation fâcheuse, puisque ses conséquences sont la perte des mouvements de l'organe où se rend le tendon. Ûuoi qu'il en soit, ces abcès se frayant un passage au dehors, il s'écoule du pus qui devient chaque jour de plus en plus séreux ; il se forme des adhérences, mais qui ne compromettent point gravement le tendon, resté sain au milieu du foyer purulent, car les mouvements qui lui sont
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imprimés par suite de la contraction des fibres musculaires qui s'y insèrent, ne peuvent permettre que des adhérences extrêmement lâches.
Traitement, — On emploiera les émollients et les antiplilog^isiiques locaux ; on donnera issue au pus à l'aide d'une simple ponction ; et à l'aide de pressions bien méthodiques, on s'efforcera de vider le foyer purulent.
§ 2. — Plaies et contusions.
Les plaies sous-cutanées ne présentent aucun accident; nous n'avons pas à nous en occuper. Mais les plaies simples, et surtout les plaies contuses, présentent un caractère de gravité particulière qu'elles empruntent au contact de l'air avec la séreuse; aussi sont- elles souvent suivies d'inflammation. Nous devons dire toutefois que cette inflammation peut être limitée par la membrane pyogéniquc, et qu'elle ne s'étend pas toujours à toute la longueur du tendon.
Les contusions violentes peuvent déterminer un épanchement sanguin dans la gaînedu tendon, mais cet épanchement est beaucoup plus rare que dans les bourses séreuses sous-cutanées.
§ 3. — Corps étrangers.
Les corps étrangers que nous avons signalés dans les bourses séreuses sous-cutanées se rencontrent bien plus souvent encore dans les gaines tendineuses. On les observé surtout dans la gaine des fléchisseurs des doigts, dans celles des extenseurs des orteils.
Souvent la tumeur, siégeantau niveau du ligament annulaire du carpe ou dorsal du tarse, est bilobée. On y sent le frottement caractéristique que nous avons indiqué plus haut.
La tumeur reste rarement stationna ire, elle a môme une grande tendance à s'accroître ; aussi la difformité qui en résulte, mais surtout la gêne des mouvements et l'inflammation qui l'accompagne, en font une aflection des plus sérieuses, beaucoup plus grave que les tumeurs analogues que l'on rencontre dans les bourses séreuses sous-cutanées.
Traitement, — Cette aflection ne saurait être guéiie que par l'incision, mais il ne fautpas se dissimuler la gravité de celte opération qui , peut déterminer une inflammation des plus violentes.
L'incision portera sur les deux portions de la tumeur, ou même divisera le ligament annulaire du carpe ; on videra complètement la tumeur des corps étrangers et du liquide qu'elle renferme. La double incision suffit dans la plupart des cas, et ce n'est que quand les corps étrangers ne peuvent être évacués complètement, qu'il faut se décider à diviser la poche sur toute sa longueur. Après l'opération, on aura recours aux irrigations continues, conseillées par M. Josso, d'Amiens, afin de modérer l'inflammation qui ne tarde pas à se développer.