‹ Manuel de pathologie et de clinique chirurgicales v.2, 1958Chapitre 32 sur 188 · CHAPITRE ni · texte numérisé non relu

CHAPITRE ni

Nous traiterons dans ce chapitre du furoncle ^ de Vatuhrax, des verrues, des productions cornées y des kystes de la peau^ renvoyant à la première partie de cet ouvrage pour ce qui a trait aux brûlures, aux plaies, aux ulcères, etc. Quant à l'affection décrite so^s le nom de cancroide, noti me tangere, etc., nous renvoyons à ce qui a été dit en traitant du cancer épithélial.

A: t. X. — Du furoncle.

Le furoncle est une affection qui a son siège dan« le (issu cellulaire contenu dans les aréoles de la face inférieure du derme. Lorsqu'un petit nombre de ces paquets graisseux sont malades , l'affection porte le nom de furoncle ou de clo i ; si elle siège sur le bord libre des paupières, elle prend le nom d'orgelet; lorsque, au contraire, un très grand nombre de ces paquets graisseux sont malades, l'affection prend le nom A*anthrax furonculeux, anthrax bénin,

Anatomie pathologique, — Les chirurgiens ont pense que le paquet blanchâtre désigné soiis le nom de bourbillon était entièrement formé par le tissu cellulaire gangrené ; mais M. Denonvilliers (I) dit : • Dans le furoncle, il n'y a pas nécessairement étranglement et inflammation gangreneuse : ce que l'on prend pour du tissu cellulaire adipeux gangrené n'est qu'un produit de sécrétion qu'on pourrait appeler matière bourbillonneuse. » M. Nélaton (2) a démontré que le bourbillon était un produit de sécrétion pseuio- membraneuse. En effet, il n'y a rencontré aucune des traces d'organisation que l'on doit trouver dans tous les tissus sphacélés ; il prouve en outre qu't7 n'y a pas d'étranglement, puisque la base des cônes celluleux est parfaitement libre , que le sommet des petits cônes maintenu par des prolongements nerveux et vasculaires est seul frappé de gangrène.

Symptômes. — Au début, le furoncle dépasse à peine le niveau de la peau ; mais au bout de trois ou quatre jours, il forme une tumeur d'un rouge vif; dure, à base large , ù summet acuminé saillant; du quatrième au sixième jour , la pointe s'élève encore, blanchit, la peau se gerce, puis se perfore, donne passage à une petite quantité de pus par une ouverture très étroite à travers laquelle on aperçoit le bourbillon. Du huitième au douzième jour celui-ci se détache , tantôt par lambeaux , d'autres fois d'une seule pièce, et l'on trouve, au fond de la plaie, une cavité cylindrique qui ne tarde pas à la rétrécir, jusqu'à

(i) Thèse, 8 août 4837, p. 55.

(2) Élémenit de pathologie chirurqieaïe , «. 1, p. 380.

la cicatrisation complète. La douleur qui accompagne le furoncle est très vive jusqu'à la sortie du bourbillon ; on Ta comparée à celle que produirait une vrille qu'on enfoncerait dans les tissus. Le furoncle est une affection essentiellement locale, qui cause rarement des symptômes généraux. Il se termine toujours par suppuration.

Étioîogie. — Les causes du furoncle sont peu connues ; c'est ainsi qu'on en voit se montrer quelquefois en très grand nombre chez des individus jouissant en apparence de la meilleure santé ; mais le plus fréquemment la malpropreté , Tapplication continue de corps gras ou d'onguents sur la peau sont la cause des furoncles ; enfin, ils se développent dans le cours d'une maladie ou à sa terminaison. Il n'est pas rare de voir se développer chez le même individu une multitude de furoncles qui se succèdent.

Traitement. — Dans le but de faire avorter le furoncle, on a conseillé de cautériser profondément la tumeur avec le nitrate d'argent, de l'ouvrir très largement jusqu'à sa base. Lallemand conseille même de faire une incision circulaire autQtilfdela tumeur; on préfère, avec raison, à ces moyens, une incision simple ou une incision cruciale lorsque la tumeur est volumineuse afin de faciliter la sortie du bourbillon lorsque la tumeur sera suppuréc. Les saignées locales doivent être abandonnées ; car elles sont inutiles, puisque jamais elles ne détermineront l'avortement du furoncle, et augmenteront l'irritation Uni par les piqûres qu'elles nécessitent qu'en appelant le sang vers la partie enflammée.

S'il existait quelque embarras du côté des voies digestives, de légers purgatifs, de l'eau de Sedlitz, par exemple , seraient administrés avec avantage.

Art. n. — Anthrax.

Vanthrax bénin n'est autre chose qu'un furoncle très étendu, c'està-dire dans lequel un grand nombre d'aréoles du derme sont malades ; aussi nous décrirons en peu de mots cette maladie : ce que nous avons dit du furoncle pouvant parfaitement lui être appliqué.

Vanthrax malin appartient aux affections gangreneuses. (Voyez Pustule maligne.)

L'anthrax se présente sous la forme d'une tumeur beaucoup plus considérable que le furoncle ; sa base est plus large ; son sommet, au lieu de se terminer en pointe , est hémisphérique ; la peau est rouge, violacée , se recouvre quelquefois de phlyctènes remplies de sérosité sanguinolente ; bientôt elle se perfore en presque autant de points qu'il existe de bourbillons, c'est-à-dire de paquets cellulo-graisseux malades ; les ouvertures qui leur livrent passage donnent à la tumeur à peu près l'apparence d'une pomme d'arrosoir. Lorsque ces ouvertures sont très rapprochées les unes des autres, la peau se détruit, et après l'élimination du produit pseudo-membraneux, la plaie se présente sous la forme d'un véritable ulcère , mais qui guérit facilement ;

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