‹ Manuel de pathologie et de clinique chirurgicales v.2, 1958Chapitre 35 sur 188 · CAROTIDE · texte numérisé non relu

CAROTIDE

Eutre les deux insertions inférieures du muscle stemo-mastoidien.

Allongée verticalement.

Diminut. des battements au cou et à la face.

Prolongement du bruit de souffle du côte de la face.

SOUS^LAVIÈRE.

Cote externe du muscle sterno-mastoïdien, entre ce muscle et le trapèie.

Plus allongée transversalement.

Diminution des battements à la radiale.

Prolongement du bruit do souffle du cdté de l'aisselle.

OnACaiO -CBPHALIQUK.

Sous le sternum ou sur le bord interne du muscle sterno-mastoïdien .

Diminution des battoiuonis dans la carotide et U sous-clavièro.

Pronostic. — L'opération présente des dangers sérieux.

Traitement. — Nous ne ferons que mentionner les réfrigérants et la méthode de Yalsalva. Le traitement réellement efficace est la ligature du vaisseau. Des symptômes graves, tels que des convulsions, du délire, des syncopes longtemps prolongées, etc., ont été observés après cette opération. La méthode d'Anel sera celle qu'il faudra préférer ; si elle n'était pas praticable, on aurait recours à la méthode de Brasdor.

Art. VU. — Anévrysme de l'artère sous-slavîère.

Les anévrysmes traumatiques sont excessivement rares ; les seuls dont on possède les observations sont les anévrysmes spontanés et les anévrysmes variqueux ; ils peuvent siéger sur tous les poinU du vaisseau. Nous ne noterons pas les caractères analomo-pathologiqucs, qui sont les mômes que ceux que nous avons exposés dans nos généralités : on a observé quelquefois l'épaississemcnt de la plèvre cl sc§ adhérences avec le sommet du poumon.

ANÊTMYSIIE DK L'ARTÊRIS AXILLAIRE. fif

Symplomaiahgie.'^ Cacliée derrière la clavicule, l'affeclion iie peut être reconnue à son début. Lorsque l'anévrysme est situe en dedans des scalcnes , la tumeur se montre sur la partie antérieure du cou , derrière le stemo-mastoïdicn ou dans le voisinage de la trachée. Lorsqu'il est en dehors des scalènes , la tumeur occupe le creux sousclaviculaire. Nous ne ferons qu'indiquer les symplOmes de compression exercée sur les org^anes voisins ; la faiblesse, la douleur, la diminution du courant circulatoire dans le membre correspondant.

On possède quelques exemples de guérisons spontanées de cette maladie.

Traitement. — La méthode de Yalsalva compte quelques succès , on pourrait, ainsi que nous l'avons dit , y adjoindre les réfrigérants.

On peut avoir recours à la ligature ; la méthode d'Anel est d'une application très difficile ; les insuccès l'ont fait rejeter. Reste donc la méthode de Brasdor faite par Diipuytren et M. Laugier sur l'artère axillaire. Les chirurgiens anglais conseillent d'opérer le plus près possible de la tumeur, afin de ne pas laisser de branche collatérale entre l'anévrysme et la ligature.

Art. YZIZ. — Aqévryisne d-s Tartére axil'aire.

On y rencontre toutes espèces d'anévrysmcs. Les anévrysmes spontanés y sont fréquents ; les mouvements de flexion et d'extension du bras paraissent y prédisposer.

Ces anévrysmes peuvent occuper tous les points de l'artère ; ils se développent avec une grande rapidité, à cause de la laxité des tissus qui environnent les vaisseaux.

Symptomatologie. — Ils présentent dans cette région quelques caractères particuliers qui méritent de fixer l'attention des praticiens. La tumeur repousse en avant le grand pectoral ou en arrière le grand dorsal. Quelquefois même elle soulève la clavicule; on en a vu user tes côtes et contracter des adhérences avec le poumon ; on en a vu dévier l'articulation scapulo-humérale , ou perforer la capsule articulaire. Ces tumeurs empêchent le bras de se rapprocher du tronc ; elles causent des douleurs extrêmement vives dans le membre ; ces douleurs sont dues à la compression des nerfs du plexus brachial. Gomme dans l'anévrysme de la sous-clavière, nous devons noter l'engourdissement du bras, l'absence de pulsations à la radiale.

Diagnostic. — Il n'est peut-être pas d'anévrysme qui ait été cause d'autant d'erreurs de diagnostic; aussi recommandons- nous la plus scrupuleuse attention lorsqu'on explorera une tumeur axillaire.

Ti'ailetnent. — Comme dans les cas précédents, on a obtenu quelques succès de la méthode de Yalsalva, mais le meilleur moyen est d'avoir recours à la ligature ; celle-ci sera pratiquée par la méthode d'Anel au-dessous de la clavicule, si cela est possible ; dans le cas cqn-

142 PATHOLOGIE OHIRURGICALB.

traire, au-dessus de la clavicule. Si la tumeur faisait saillie au-dessus de cet os, devrait-on avoir recours à la ligature de la sous-clavière?

Art. IX. — Anévrysme de l'artère brachîal.e.

Les anévrysmes spontanés sont fort rares , ils n'offrent d'ailleurs rien de particulier. Les anévrysmes traumatiques sont plus fréquents ; ils sont souvent produits par une saignée malheureuse. Tantôt ils surviennent primitivement ; d'autres fois, ainsi que M. Nélaton en a observé deux cas (1), ils succèdent à l'anévrysme variqueux.

Parmi les symptômes, nous signalerons la demi-flexion du bras , les douleurs signalées à l'avant-bras et à la main, et déterminées par la compression du nerf radial et du nerf médian. Nous noterons encore le peu de volume apparent de la tumeur, son irrégularité , lorsqu'elle se trouve placée au-dessous de l'expansion aponévrotique du biceps.

Traitement. — Il ne présente rien de particulier.

Art. X. — Anévrysme des artères iliaques.

Les anévrysmes de la région iliaque ne présentent de particulier que leur diagnostic. Nous y reviendrons lorsque nous traiterons du diagnostic différentiel des tumeurs de la région inguinale.

Le traitement serait la ligature par la méthode d'Ânel, soit de l'iliaque externe, soit de l'iliaque primitive, ou même par la méthode de Brâsdor , si la méthode d'Anel n'était pas praticable.

Art. XI. — Anévrysme de l'artère fémorale.

Les anévrysmes fémoraux sont les plus fréquents après ceux de l'artère poplitée ; on les rencontre généralement au-dessus du muscle couturier; ces tumeurs se développent avec une assez grande rapidité ; elles sont arrondies à la partie supérieure de la cuisse, aplaties dans la partie inférieure du membre.

Traitement. — Nous signalerons encore pour ce vaisseau la méthode de Yalsalva unie à la compression et aux réfrigérants. La compression immédiate sur le corps du pubis, et surtout la compression partielle, comme l'a conseillée M. Broca, constitue un moyen à l'aide duquel on peut triompher d'un certain nombre d'anévrysmes ; mais les accidents que ce procédé détermine forcent quelquefois à recourir à la ligature. Si l'anévrysme siège à la partie moyenne de l'artère, on liera la fémorale à la partie supérieure. Cependant cette opération présente, ainsi que l'a fait remarquer M. Yiguerie, des danj^ers sérieux, à cause des nombreux et volumineux vaisseaux que fournit cette artère.

La ligature de l'iliaque externe sera indiquée dans le cas où l'ané-

(i) MORVAN , thèse citëe.

ANÉVRTSME DE L'àRTÊRE POPLITÉE. i43

vrysme siégera trop haut, et lorsque le fil devra être placé dans le voisinage de l'artère fémorale ptofonde.

Art. XIX. — Anévrysme de l'artère poplitée.

Après ceux de Taorte, les anévrysmes des poplitées sont, sans contredit, les plus fréquents. La cause peut en être attribuée à ce que ce vaisseau, à peu près rectiligne, est situé dans une région où les mouvements bnisques sont très fréquents. Il paraît se développer surtout chez les individus qui exercent leur profession étant assis, ou qui sont sujets à de brusques mouvements des jarrets. L'anévrysme peut se montrer des deux côtés chez le même individu; il occupe a?scz souvent la partie moyenne de Tartère ; cependant on l'a rencontré dans d'autres points.

Cachée profondément soùs l'aponévrose, comprimée entre cette membrane et les os, la tumeur passe souvent inaperçue au début, et les malades n'en ont conscience que par la gêne, les fourmillements et la douleur qu'elle détermine.

L'anévrysme se développe principalement latéralemept et en bas ; mais lorsque l'aponévrose vient à être détruite, il remplit tout le creux du jarret.

Un des caractères de cette espèce d'ané vrysme est d'exercer une compression violente sur les tissus qui l'environnent ; par conséquent de déterminer des accidents sérieux, tels que : une douleur extrêmement vive, l'engourdissement et l'infiltration du membre, la destruction des os et de l'articulation fémoro-tibiale. On possède même des exemples de gangrène du membre.

Le diagnostic de ces anévrysmes est assez facile. Cependant il n'est pas toujours possible de déterminer exactement le siège de la tumeur anévrysmale et d'en connaître l'étendue.

Traitement. — Nous ne ferons que mentionner les réfrigérants et la méthode de Valsalva et la compression sur la tumeur.

Le procédé auquel on doit surtout donner la préférence, est la com pression partielle (Broca) au-dessus de la tumeur. Elle sera faite sur le fémur; cependant, dans certains cas, elle peut déterminer des accidents et forcer de recourir à la ligature.

La méthode ancienne, c'est-à-dire en ouvrant le sac, est généralement abandonnée ; la méthode d'Anel est celle à laquelle on doit ensuite donner la préférence ; elle peut être pratiquée au niveau de l'anneau du troisième adducteur, ptiais ce procédé est défectueux ; à la partie moyenne de la cuisse, ou mieux à la partie supérieure, d'après le procédé de Scarpa.

Il est des cas très graves oii l'articulation est désorganisée , le mem brc fortement émacié, les douleurs très vives, le sujet avancé en âge, dans lesquels la ligature n'aurait aucune chance de succès ; il faudrait alors recourir à l'amputation. -

I4i t»AfHOLOGl£ CfillirftfilCALË.

Art. XZU. — Dilatalioii des artêrei^.

La (lilalution des artères se présente sous diverses formes que Breschet a rapportées à quatre principales :

La saocifoime^ caractérisée par un renflement placé sur le côté du vaisseau.

La fasifonns, dans laquelle le vaisseau est dilaté dans toute sa circonférence, et de plus, la tumeur s*effile peu à peu, par en haut et par en bas, pour se continuer avec la partie saine de Tàrtère.

La cylindrolde, moins circonscrite que dans les cas précédents ; la dilatation a lieu dans une long^ueur plus ou moins considérable, elle est uniforme dans toute son étendue, et laisse au vaisseau sa forme cylindrique.

La cirsdide. Ici l'allongement coïncide avec la dilatation, et l'artère devient flexueuse comme une veine variqueuse ; nous ne nous occuperons que de cette dernière, désignée encore sous le nom de varice arlérieUe.

L'histoire de cette maladie, malgré les quelques faits bien observés que l'on possède, est presque entièrement à faire. «

Cette affection se rencontre principalement à la tète et au crâne. On Ta observée sur les artères radiale et cubitale. Nous en avons vu un bel exemple outre celui qui avait été déposé par Breschet au musée Dupuytren. Nous avons également vu une tumeur de ce genre occupant la collatérale interne du doigt indicateur.

Les symptômes paraissent avoir quelques analogies avec ceux des tumeurs érectiles. On sent des pulsations distinctes semblables à celles des tumeurs anévrysmales.

Nous ne saurions formuler un traitement contre ces affections : tous ceux qui ont été tentés, compression, ligature des diverses branches nrlériclles qui se rendent à la tumeur, ligature du tronc principal, tout a échoué. On se bornera donc, dans l'état actuel des choses, à un traitement palliatif, c'est-à-dire que l'on éloignera toute espèce de cause qui pourrait irriter la surface de la tumeur, par conséquent provoqu«*r des hémorrhagies.

Art. XXV. — Ziésîons organiques d^s artères.

§1. — Ossification des artères*

Nous mentionnerons dans cet article une lésion des parois artérielles caractérisée par la présence d'un dépôt calcaire entre la tunique moyenne et la tunique interne des vaisseaux. Ces concrétions se rencontrent principalement chez les personnes avancées en âge ; les accidents que cette dégénérescence peut déterminer sont assez importants; nous avons parlé de l'artérite qui peut en être la conséquence, il nous reste à indiquer l'oblitération plus ou moins complète des vaisseaux et la perte de leurs propriétés physiques.

PHLÉBITE. I i5

L*art ne possède aucun moyen de guérir ou même de prévenir le dépôt de phosphate calcaire dans les artères.

§ 2. — Dégénérescences alhéromateuses et stéatomateuses.

On désigne sous ce nom des tumeurs d'une consistance molle, ressenblant à du suif concrète, qui se développent sous la tunique interne des vaisseaux, et qui à la longue finissent par amener la perforation et la production d'anévrysmes spontanés. Nous ne faisons que mentionner ces altérations, sur la nature desquelles les auteurs ne sont pas d'accord, qui échappent au diagnostic, et contre lesquelles Tart ne possède aucun moyen d'action.

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