‹ Manuel de pathologie et de clinique chirurgicales v.2, 1958Chapitre 36 sur 188 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

AFFECTIONS DES YElIfES.

▲rt. I. ~ Phlébite.

On désigne sous ce nom l'inflammation des veines. Les auteurs ont décrit une phlébite interne ou externe, selon que la tunique interne ou externe est enflammée, etl'on désigne sous le nom dephlébiie mixte, ou simplement phlébite, l'inflammation de toute l'épaisseur du vaisseau ; nous ne nous arrêterons pas à ces distinctions, qui nous paraissent établies plutôt par des idées théoriques que sur l'observation clinique.

Anatomie pathologique, — ■ M. le professeur Cruveilhier admet quatre degrés différents : 1" coagulation du sang avec adhérence aux parois des vaisseaux ; 2° pus au milieu des caillots sanguins ; 3" pus remplissant la cavité de la veine ; 4" rupture de la veine.

Premier degré. — La membrane interne de la veine est rouge, cette rougeur peut se propager à la tunique externe et au tissu cellulaire ambiant.

Les vasa vasorum sont gorgés de sang, les parois du vaisseau sont épaissies et ont contracté des adhérences avec le tissu cellulaire infiltré de lymphe plastique. Le sang est coagulé dans Vintérieur du vaisseau ; le caillot est adhérent à la veine, il est plus étendu du côté des capillaires que du côté du cœur. Dans quelques cas, on l'a trouvé percé d'un canal central qui laisse circuler le sang veineux.

Deuxième degré. — La veine a encore augmenté de volume, la coloration rouge a disparu , le vaisseau est blanc et a perdu son aspect lisse et poli ; au centre du caillot se trouve un liquide couleur lie de vin, qui prend bientôt l'aspect du pus phlegmqneux.

Troisième degré. — ha veine est distendue par du pus qui a remplacé les caillots sanguins, et comme ceux-ci ont conserve encore dans certains points les caractères que nous leur avons assignés dans le deuxième degré de la phlébite , il en résulte que la veine n'étant pas

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distendue dans ces points, présente un aspect moniliforme fort remarquable.

Quatrième degré, — La veine distendue par le pus se perfore et le liquide s*épanche dans les parties environnantes. Il se forme un abcès qui communique avec la veine.

L'obstacle apporté par la coagulation du sang à la circulation teineuse détermine rinfiltralion des parties situées entre les points enflammés et les capillaires. La peau prend une teinte livide , les capillaires sont distendus , enfîn on voit la circulation se rétablir par des veines collatérales qui augmentent considérablement de volume.

Symptomatologie. — Les malades ressentent «ne douleur tire dans le point enflammé, et même dans tout le membre si Tinflammation est étendue; on voit se dessiner sur la peau une ligne rouge, chaude, résistante au toucher ; on observe enfin une réaction extrêmement vive. La maladie s'étend tantôt vers le cœur, tantôt vers les cnpillaires; quelquefois des deux côtés en même temps.

La phlébite peut se terminer par résolution, alors tous les accidents disparaissent graduellement et la circulation veineuse se rétablit.

La terminaison par oblitération du vaisseau est plus fréquente; le caillot est absorbé graduellement ; il disparaît quelquefois ; alors la veine représente un cordon noueux imperméable. Les petites concrétions désignées sous le nom de phlébolitheSj et qu'on trouve quelquefois dans les veines des organes pelviens, ont été rapportées par quelques auteurs à la phlébite. Dans cette espèce de terminaison, la dilatation des veines collatérales est permanente.

Dans les circonstances moins heureuses, la phlébite se termine par suppuration, on observe alors les accidents les plus graves, tels que l'infection purulente.

Cependant la phlébite suppurative ne présente pas toujours eette terminaison fâcheuse. Un abcès se forme dans le tissu cellulaire environnant, soit primitivement, soit consécutivement à la perforation on vaisseau , et le malade guérit après que le pus s'est écoulé.

Dans quelques cas, on trouve un large abcès ayant les caractères des phlegmons diffu»; dans d'autres, on trouve une série de petits abeàs le long du vaisseau. Cette terminaison s'observe quand l'adhérence d'un caillot s'oppose à la circulation du pus ; la maladie doit alors être considérée comme tout à fait locale.

. Étiologie. — La phlébite est quelquefois spontanée, mais le plus souvent elle reconnaît pour cause l'action des agents mécaniques : les ligatures, la compression violente, les plaies des veines surtout lorsque des principes irritants sont introduits dans le vaisseau ; enfin elle peut survenir par continuité lorsque les tissus voisins sont enflammés.

Diagnostic. — La phlébite est une affection généralement facile à reconnaître ; l'existence de cordons noueux, volumineux, la distinjîue facilement du phlegmon (voyez Angioteucite, Dktgnoafic).

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