‹ Manuel de pathologie et de clinique chirurgicales v.2, 1958Chapitre 37 sur 188 · VARICES · texte numérisé non relu

VARICES

Pronoilic. t- Le pronostic de U phlébite est grave , pris d'une manière générale. Quand la maladie te termine par oblitération des vaisseaux, phlébite adhésive, il ne survient aucun accident; il n'en est pas de même, ainsi que nous l'avons vu, dans la phiébite $uppurative. Cette affection d'ailleurs emprunte un caractère spécial de gravité lorsqu'elle siège dans le voisinage d'organes importaints.

TraU^menê. — Les antiphlogistiques , une position favorable au cours du sang, sont lei moyens auxquels on devra d'abord avoir reoaurs. Nous ne mentionnerons que pour les blâmer la compression appliquée entre les points enflammés et le cœur, ou la section de la veine pratiquée dans le même point.

L'infiltration sera combattue par une pression méthodique ; le traitement des abcès ne présente pas d'indication particulière (voyei Aheès).

Art. n. — Plaies des veines.

Les plaies des veines diffèrent beaucoup de celles des artères par les conséquences qu'elles peuvent amener. Ainsi l'hémorrhagie s'arrête, à moins qu'on n'ait affaire à un vaisseau d'un très gros calibre. Il ne tarde pas à se former un caillot qui bouche l'ouverture de la veine, et disparait par absorption, le vaisseau redevient perméable.

Le pronostic des plaies des veines n'est pas grave dans la plupart des cas ; cependant si une grosse veine était blessée , il pourrait survenir une hémorrhagie très sérieuse qui nécessiterait la ligature du vaisseau, opération que l'on a vue entraîner des accidents graves ; les plaies des veines peuvent être suivies de phlébite ou d'infection purulente.

Traitetnent. — Lorsque la blessure d'un gros vaisseau détermine une hémorrhagie abondante , on devra employer la compression ; si celle-ci ne suffit pas, on aura, malgré les accidents qui peuvent en résulter, recours à la ligature ; mais on ne devra placer un fil circulaire au-dessus du vaisseau que si celui-ci est d'un petit calibre et s'il peut être facilement remplacé par des veines collatérales ; dans le cas contraire, en saisira avec un ténaculum les deux lèvres de la solution de continuité, et Ton fermera à l'aide d'un fil l'ouverture faite au vaisseau de manière à suspendre l'hémorrhagie sans que le cours du sang soit interrompu.

Art. UX. — Varices.

On donne ce nom à la dilatation permanente des veines.

Anatomie physiologique et pathologique, — Nous admettrons, avec M. Briquet (1), quatre états différents, qui sont: 1" le simple élar-

< I) INM#r(a<Wii êtmlapMébectaiU fTlièse de Paru, 1894, n* 19Ô).

gissemeiit des veines ; 2** la dilatation uniforme avec épaississement ; 3° la dilatation inégale avec épaississement et amincissement; 4** la dilatation des petites veines sous-cutanées , veinosilés. Nous ne ferons que mentionner cette altération souvent combinée avec les varices et qui ne cause aucune incommodité sérieuse.

1" Élargissement des veines. — Cet état se rencontre souvent dans les veines sous-cutanées lorsqu'il existe des tumeurs. Elles constituent aussi le premier état par lequel passent les veines pour arriver à l'état de varices proprement dites ; le sang que ces veines dilatées renferme a conservé toutes ses propriétés ; les veines jouissent de toute leur rétractilité.

2'* Dilatation uniforme avec épaississement, — Les veines sont élargies comme dans le cas précédent, en outre, leurs parois sont épaissies. Cette hypertrophie des parois se fait aux dépens de la tunique externe ; aussi lorsque l'on coupe transversalement une veine variqueuse, sa lumière reste béante comme celle d'une artère. £n même temps, les veines augmentent de longueur et décrivent un grand nombre de flexuosités.

3° Dilatation inégale avec épaississement et amincissement. — On observe sur le trajet des veines variqueuses des renflements formés aux dépens d'une des parois du vaisseau et non par la dilatation du vaisseau lui-même. En même temps, les valvules sont renversées, présentent des déchirures et ne sont plus représentées que par des brides saillantes dans l'intérieur de la veine. Les parois des vaisseaux sont grises, plus denses qu'à l'état normal, quelquefois molles, tomenteuses, rougeâtres. Elles n'ont conservé qu'une faible partie de leur élasticité , elles se laissent distendre très facilement. Le sang est tantôt fluide , tantôt converti en un caillot de densité variable. Enfm le tissu cellulaire qui avoisine le vaisseau est induré, adhérent à la tunique externe; il est quelquefois infiltré ou de sérosité ou de sang ; la peau qui recouvre les dilatations variqueuses est amincie, luisante, éraillée.

Si Ton consulte les auteurs qui ont cherché à expliquer le développement des varices, on voit plusieurs opinions contradictoires : les uns ont admis la pression exercée par la colonne sanguine sur les parois des vaisseaux, par suite de l'obstacle apporté à la circulation veineuse. D'après M. Briquet, loin d'être la conséquence de l'affaiblissement mécanique des parois des veines , les varices seraient la conséquence de la réaction exercée par l'afflux d'une plus grande quantité de sang dans les vaisseaux qui s'hypertrophient et s'allongent.Dans tous les cas, on ne saurait rejeter l'influence de la pression de la colonne sanguine, du moins dans la troisième période des varices, car, ainsi que nous l'avons vu, les valvules disparaissent, par conséquent le sang presse avec plus d'énergie sur la partie inférieure des vaisseaux.

Siège. — Les varices peuvent occuper toutes les veines de l'économie ; on a vu des varices des jugulaires, de la veine azygos, des veines

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