‹ Manuel de pathologie et de clinique chirurgicales v.2, 1958Chapitre 40 sur 188 · TUMEURS ÉRECTILES · texte numérisé non relu

TUMEURS ÉRECTILES

Désignées encore sous les noms de tt^meurs fongueuses sanguines^ nœvi tyiatemif fongus hœmatodesy etc., ces tumeurs ont été, depuis le commencement de ce siècle, l'objet d'études approfondies. Boyer les a divisées en artérielles^ veineuses et mixtes. Nous adopterons avec M. Nélaton la division admise par A. Bérard. Il décrit 1" les tumeurs érectiles cutanées^ 2° les tumeurs érectiles sous-cutanées.

Étiologie. — Elles sont congénitales, d'autres fois elles se développent bien après la naissance, mais la cause qui les a produites échappe à l'observation.

Anatomie pathologique. — 1" Tumeurs érectiles cutanées. — Elles occupent les régions sus-diaphragmatiques du tronc et de la face. On les rencontre dans les couches les plus superficielles du derme, où elles s'étalent, gagnent en profondeur et envahissent le tissu cellulaire souscutané. Elles sont formées par des vaisseaux capillaires dilatés et entrelacés. L'épanchement du sang dans le tissu cellulaire parait être une complication de ces tumeurs. Elles sont plutôt artérielles que veineuses.

2" Tumeurs érecliles sous-cutanées ou tumeurs veineuses. — On

(i) MORVAN, thèse oitée, p. 35 et 39.

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les rencontre dans le tissu cellulaire sous-muqueux, à la face interne des joues, sur la voûte palatine, à la langue, etc. Ce sont ces tumeurs qui ont été rencontrées dans le foie et dans les reins.

Elles sont formées par un lacis veineux composé d'une grande quantité de vaisseaux qui s'abouchent avec les vaisseaux voisins par un grand nombre d'ouvertures latérales ; la muqueuse est très adhérente à ces tumeurs, qui envahissent les. fibres musculaires avec lesquelles elles sont en contact.

SymptomcUologie, — 1* Tumeurs cutanées. — Elles présentent, à la naissance , l'aspect d'un petit point d'un rouge vif qui ne tarde pas à augmenter de volume pour former une tache de grandeur variable, quelquefois sous forme de plaque, d'autres fois présentant une élevure plus ou moins grande, puisque ces tumeurs sont quelquefois comme pédicellées. Cette tumeur disparait à la pression, mais reparaît aussitôt ; elle augmente de volume dans l'effort, la toux, etc. ; rarement on y trouve des pulsations et un susurrus ; toutefois ce phénomène a été quelquefois constaté.

Elles augmentent généralement par saccades, elles deviennent plus volumineuses et plus tendues au moment des règles ; dans quelques cas, très rares à la vérité, elles ont présenté, à cette époque, un suin- ' tement sanguin.

2* Tumeurs sous -cutanées. — Elles présentent d'abord l'aspect d'une tache bleuâtre au-dessous de laquelle se développe une tumeur d'où partent des veines qui vont se rendre dans diverses directions ; elle augmente par la pression exercée entre elle et les capillaires. La pression la fait diminuer de volume et même disparaître momentanément.

Elles peuvent acquérir un volume énorme ; en général, elles s'accroissent jusqu'à la puberté pour rester ensuite stationnaires.

Terminaison. — n n'est pas rare de voir les tumeurs cutanées présenter des ulcérations qui donnent lieu à une hémorrhagie souvent peu inquiétante; les points ulcérés se couvrent de bourgeons charnus, il en résulte une cicatrice blanche sur laquelle la maladie ne se reproduit pas; d'autres fois, elles disparaissent spontanément; enfin, dans d'autres cas, on a vu la gangrène envahir la tumeur, et la guérison être le résultat de cet accident. Les tumeurs veineuses, au contraire, ne présentent pas d'ulcération ni de disparition spontanées ; les liémorrhagies y sont fort rares.

Diagnostic. — Les tumeurs cutanées sont faciles à reconnaître, et ne peuvent être confondues avec aucune autre affection. Les tumeurs sous-cutanées, au contraire, peuvent être facilement méconnues, surtout lorsqu'elles sont assez profondes pour que la coloration des tissus ne puisse en faire soupçonner la nature. C'est surtout avec des lipomes qu'on peut les confondre ; mais la marche de la maladie, l'amplia-

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tien de la tumeur par la compression et par totites lei eauses qui peuvent accélérer le cours An sang, permettent de les reconnaître.

Pronostic. — Grave, caria guérison estdifAcile, et l'on peut rarement compter sur les efforts de la nature ; les tumeurs veineuses sont plus graves en ce sens qu'elles résistent bien davantage au traitement dirigé contre elles.

Traitement. — M. Malgaigne a divisé les divers modes de traitement des tumeurs érectiles en trois grandes méthodes, Selon qu'on se propose : 1" d'empêcher le sang d'arriver à la tumeur ; 2"- d'oblitérer par inflammation les vaisseaux qui arrivent à Iri tumeOr; 3" d'opérer la destruction et l'ablation de la tumeur.

Première méthode. — Elle compte quatre procédéà, qui sont :

a. Les réfrigérants. — Peu efficaces.

b. La compression. — Elle convient tout àu plus àùx tumeurs d'un petit volume.

c. La ligature i soit des artères secondaires qu! vont Se rendre directement à la tumeur, soit du tronc prineipfil. Ce procédé compte des succès, mais aussi des accidents.

d. Vincisim circulaire autour de ta tumeur. — Celle-ci doit être faite sur les tissus sains et doit diviser la peau et le tisJtu cellulaire sous.jacent. Ce procédé est infldèle et ne peut être appliqué qu'à un nombre de cas restreint.

Deuxième méthode. — Elle compte nepi procédés :

a. Ponction avec broiement. — Ce procédé a réussi dans des cas de tumeurs peu volnmirieuses.

b. Vaccination. — Bon procédé, mais qui ne peut être appliqué que dans des cas tout particuliers. Le taccin peut amener l'oblitération de la tumeur, soll par piqûres multiples, quand celle-ci est peu volumineuse, soit à Taide de sétons de fils imprégnés de vaccin.

c. Selon. — ^^ Ce procédé compte des succès; la guérison a été obtenue par l'inflammation que les fils ont provoquée dans la tumeur. A. Bérard serre les fils avec un serre-nœud, afin de produire un demi-étranglement.

d. Epingles enfoncées dans la tumeur en quantité considérable (Lallemand). Elles ne déterminent pas toujours le degré d'inflammation nécessaire.

e. Incision, suivie de la compression.

f. Suture. — Ce procédé n'est autre chose qu'une compression circulaire à la base de la tumeur et exercée par l'intermédiaire d'épingles qui la traversent. Ce procédé ne convient qu'aux tumeurs sans épaisseur.

g. Suture avec excision. — Quand la tumeur est assez saillante, on la coupe avec l'instrument tranchant.

Troisième méthode. — Elle comple cinq procédés :

AFFECTIONS OS» V4lftS£AUX LYMPHATIQUES. 159

a. ta Ugaturê «Sfr^ée lur I9 tumeur tout eotiére ou sur chacune de ses moitiés.

b. h9 cautère actuel et le cautérisation électrique cou viennent aux aux tumeurs peu volumineuses. Ces moyens peuvent être très utiles pour détruire les portions de tumeur qui, dans l'excision, auraient échappé à l'instrument tranchant.

c. Caustiqwu, -^ Tacide nitrique, le caustique de Vienne, le nitrate acide de mercure ont été tour à tour conseillés ; ces moyens comptent de noml)reaj( succèit mais ont besoin d'être surveillés attentivement ; la potasse caustiqve a été conseillée par Wardrop pour amener Tulcération de la tumeur, et, par suite, l'oblitération des vaisseaux.

d. Inoculation de la powrihire d'hôpital!

e. Extirpation. — Ce moyen ne peut être mis en pratique que pour des tumeurs peu volumineuses, car il pourrait résulter de l'e-Ytirpation d'une trop grande surface de téguments une difformité considérable ; de plus on s'expose à laisser en place une certaine quantité de tissu malade ; mais le cautère actuel peut venir on aide. Enfin, quand des vaisseaux volumineux se rendent à la tumeur, il faut craindre une hémorrhagie qui peut être des plus graves.

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