‹ Manuel de pathologie et de clinique chirurgicales v.2, 1958Chapitre 42 sur 188 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

Art. Z. — Blessures des nerfs.

1" Piqûres, — Au moment de l'accident, le blessé sent une douleur extrêmement vive qui se propage non- seulement dans tous les points où le nerf va se rendre, mais encore vers la racine du nerf. Ces douleurs diminuent bientôt et finissent au bout de quelques jours par disparaître.

Il est cependant des cas dans lesquels on a vu la piqûre des nerfs causer des accidents très graves, tels sont des douleurs atroces, des mouvements convulsifs , le tétapos et la mort; d'autres fois ce sont des contractions spasmodiques qui sont accompagnées de douleurs vives et reviennent par accès ; ce sont enfin des névralgies très rebelles. 11 est à remarquer que ces deux derniers accidents peuvent, ainsi qu*on Ta observé, survenir quelque temps après l'époque où a été faite la blessure.

Les piqûres des nerfs guérissent généralement par le repos et les opiacés ; si les douleurs persistent et sont très vives, il faut diviser le nerf soit par l'incision, soit par le caustique. Ces opérations seront faites au niveau de la plaie, s'il est possible ; dans le cas contraire, entre la plaie et l'origine du nerf.

2' Coupures. — Quand la section est incomplète, on observe des phénomènes analogues à ceux qui appartiennent à la piqûre des nerfs.

Quand la section est complète, on observe d'abord de la douleur, puis la paralysie du mouvement et du sentiment dans tout l'organe où se rend le filet nerveux. Au bout de quelque lemps on trouve que les filets nerveux divisés sont réunis par une cicatrice solide constituée par de la lymphe plastique et le tissu cellulaire ambiant. L'innervation se rétablit à travers ce tissu de cicatrice. Ce fait est démontré par l'observation, puisqu'il est incontestable que des parties paralysées par suite de la section du nerf ont repris leurs fonctions , et que Ton a constaté la présence de la substance nerveuse dans le tissu de la cicatrice.

Le traitement consiste à rapprocher autant que possible les deux bouts l'un de l'autre, à les maintenir immobiles à l'aide d'un bandage circulaire, et à combattre la douleur à l'aide des nioyens que nous avons indiqués plus haut.

3* Contusions et plaies contuses. — Les résultats de ces lésions sont les mômes que ceux que nous venons d'exposer plus haut ; nous nous contenterons de signaler ce fait, à savoir, que quand la contusion est à un faible degré, il existe des fourmillements qui finissent par disparaître.

Les contusions et les plaies contuses sont douloureuses , la douleur n'est pas plus vive qn*à la guile des coupures ; leur pronostic est plus îjrave, en ce sens qu'il y a une véritable perte de substance, et qu'on a beaucoup moins d'espoir de vpir s'établir entre les deux bouts une cicatrice qui permette aux parties paralysées de recouvrer leur fonction ; toutefois ces lésions, non plus qua los arrackenmts^ ne déterminent pas d'accidents aussi graves qu'on pourrait le supposer à priori.

4" Plaies avec corps éirançiers. — Il n'est pas très rare de constater Ift présence de corps étran(?ers dans les nerfs ; ce sont le plu» souvent d« petits grains de plomb ou des débris de projectiles. Dupuytren a trouvé la môchc d'un fouet implantée dans le nerf cubital ; un fragment de bois, un de porcelaine ont été également trouvés dans les nerfs.

lia présence de ces corps étrangers détermine des accidents de la plus grande gravité. Les douleurs ressenties par les malades sont tellement intenses et réfractaires à toute espèce de traitement qu'il a fallu recourir à l'amputation. On possède des cas de tétanos et de mort survenus pour des lésions de ce genre.

Si l'on soupçonne la présence d'un corps étranger dans un nerf , il faut aller à sa recherche et l'extraire. On se rappellera qu'il est possible d'arriver à la guérison par. la section ou la cautérisation, ainsi que nous l'avons conseillé plus haut.

5" Cautérisation, — La cautérisation des ncrfo détermine des douleurs extrêmement violentes, quand le nerf n'a pas été désorganisé complètement. Le tétanos peut résulter de cette lésion. Lorsque U nerf est complètement détruit, les douleurs cessent; mais il y a paralysie, à moins que la cicatrisation ne réunisse les deux bouts , terminaison qui, on le conçoit, doit être rare.

6° Ligature. — Quand un filet nerveux se trouve pris dans une ligature très serrée, les phénomènes que l'on observe sont ceux qui appartiennent à la section complète des nerf^. Si la ligature est peu serrée, au contraire, on observe des accidents de la plus grande gravité, le tétanos peut en être la conséquence.

Art. XI. — Tumeurs des nerfs.

On a constaté dans l'épaisseur des nerfs plusieurs espèces de tumeurs ; des kystes, de p$lils corps analogues awç gangliom du grand sympathiqiM ; mais les plus importantes sont les n^vromesy sur lesqueU nous allons nous arrêter.

Névromes. — On donne ce nom à de petites tumeurs placées sur ]% continuité des nerfs.

leur volume varie depuis celui d'un grain de millet à celui d'uuu petite noix. Dençes, blanchâtres à leur début, ili revêtent |Utts tard les ear^etères ie% tumeurs «ncéphaloïdes \ ils siègent dans U névrilèmc ou dans le tissu cellulaire intermédiaire aux filets ; on les rencontre

ArFÈtTlÔns DES tfOSGLtd. 167

plus souvent dans les nerft sous-ctitanéS que dans les nerft profbnâs, plus fréquemment aux membres supérieurs qu'aux membres inférieurs.

Ces tumeurs sé développent souvent spontanément, Soutent aussi elles réconttaissetil pour cause urtê cdntusion.

Les névromes déterminent de la douleur dans la région où ils se développent, douleur qui va en augmentant au fur et à mesure que la tumeur prend du développement. On observe en outre de Tengourdissement et des fourmillements dans la partie où le nerf va se distribuer. Les douleurs ne sont pAS continues, elles se manifestent par crise ; elles sont Spontanées, ou elles se développent par suite d'urte pression exercée sur la tumeur.

Le Seul traitement qui puisse leur Ôtre opposé est l'extirpiltion .

Page 1