CHAPITRE X
AFfECtloKS t)E9 MUSCLES ET DES TEHDONS.
Art. X. — Affsetiont dfef tnuMle«4
§ 1 . — Blessures des muscles,
1* Contusion. — Ce n'est que dans ces derniers temps que les chirurgiens se sont occupés de la contusion des muscles. M. Allison (1) a constaté que la contusion des muscles produisait suivant son intensité la stupéfaction, l'engourdissement, l'épanchement intermusculaire, la déchirure des fibres, et qu'enfin la suppuration pouvait éli'e la conséquence d'une contusion violente. A la suite de contusion des muscles, on a constaté la paralysie et l'atrophie musculaire (Olivier (l'Angers).
T Plaies. — Les plaies longitudinales ne présentent que fort peu d'écartement, encore n'est-ce que dans la flexion ; les plaies transversales, au contraire, offrent un écartemcnt souvent très considérable, en rapport du reste avec l'épaisseur du muscle et la vigueur du sujet. Ces plaies sont peu douloureuses, accompagnées quelquefois d'une hémofrhagie, mais qui est généralement légère.
Le traitement est fort simple : il faut, à l'aide de bandages, mettfë les parties dans la position la plus favorable au rapprochement des bords de la plaie. Nous ferons remarquer que les bandelettes agglutinatives sont sans action, et que les sutures sont sans efficacité, ou qu'elles déterminent par leur présence dans le tissu cellulaire dés rontractions spasmodiques qui mettent obstacle 5 la cicatrisation.
3" Ruptures. — Les ruptures musculaires se rencontrent dans les plaies par arrachement (voyez ce mot). Celles dont nous avons à nous occuper ici sont les ruptures causées par l'action musculaire.
M) Allpmi^, GaMte m«it«Vt, 4 RM, p. fï9<î.
Les muscles fléctiisseurs sont ceux qui fournissent le plus d'exemples de ruptures musculaires. Cette lésion a été observée sur le droit antérieur de l'abdomen, le psoas iliaque, le sterno-mastoïdien, le biceps brachial, le biceps crural, le couturier, etc.; elle a été observée aussi sur des fléchisseurs ; enfin on la rencontre sur le deltoïde , les jumeaux à la jambe, les muscles des gouttières vertébrales. La rupture peut être complète ou incomplète.
Les symptômes sont une douleur très vive au moment de l'accident. Lorsque la déchirure est complète, on observe une dépression au niveau de la solution de continuité ; souvent une ecchymose qui se manifeste d'autant plus rapidement que le muscle est plus superficiel.
Lorsque la déchirure est incomplète , comme il arrive pour les muscles des gouttières vertébrales (tours de reins)^ les ventouses scarifiées donnent un excellent résultat. Si la déchirure est complète, on favorisera par une position convenable et l'immobilité le rapprochement du muscle. M. Sédillot a remarqué qu'un bandage circulaire, appliqué au niveau de la solution de continuité, était un des meilleurs moyens dirigés contre cette affection.
S'il survenait des accidents inflammatoires, ceux-ci seraient combattus à l'aide d'un traitement antiphlogistique en rapport avec l'intensité des symptômes.
§ 2. — Inflammation des muscles»
Cette affection est assez rare, elle reconnaît pour cause l'impression vive du froid, le corps étant en sueur, la contusion, les contractions violentes et souvent répétées.
Lorsqu'un muscle est enflammé, son tissu est infiltré d'une certaine quantité de sang qui ne disparaît pas par le lavage ; il y a en même temps infiltration de sérosité trouble et comme gélatineuse. Si l'inflammation est plus intense, le muscle est réduit en une bouillie d'un rouge lie devin.
Une douleur vive avec gonflement, l'impossibilité de faire contracter le muscle , réaction générale très intense , lorsqu'un certain nombre de muscles sont affectés, tels sont les symptômes qui appartiennent à cette affection, qui, dans quelques cas, peut présenter une telle gravité qu'elle se termine par la înort du sujet ; quelquefois, il se forme des abcès qui ne se réunissent pas en foyers, mais qui fusent le long des fibriles musculaires.
D'autres fois, on rencontre dans l'épaisseur des muscles des foyers purulents à marche très lente, et qui ont été décrits sous le nom d'abcès froids des muscles. Ceux-ci sont enfermés dans une poche tellement épaisse, qu'on a pu les confondre avec une tumeur solide.
Le traitement consiste dans les antiphlogistiques en rapport avec les forces du sujet.
On trouve dans les annales de la science quelques exemples d'altération organique des muscles, telle que Vossification, affection au-dessus