‹ Manuel de pathologie et de clinique chirurgicales v.2, 1958Chapitre 48 sur 188 · MALADIES DU CAL · texte numérisé non relu

MALADIES DU CAL

pourra y remédier que d'une manière trop imparfEiite pour qu'il faille risquer une opération dangereuse.

Traitement, ~Y a-t-il moyen d'obtenir le ramollissement du cal à Taide des applications extérieures, cataplasmes, bains, emplâtres, embrocations, eaux minérales, etc. ?

Sans attacher trop d'importance à ces divers moyens, nous devons dire que quelques chirurgiens ne les ont pas négligés. « Ainsi Dupuytren ne redressait pas un cal des membres inférieurs d'un os volumineux sans avoir fait, plusieurs jours à l'avance, envelopper le membre de cataplasmes émoUients, donner des bains locaux et généraux. Je l'ai vu refuser des bains aux malades à peine guéris d'une fracture récente , dans la pensée qu'ils pouvaient affaiblir le cal. Ces moyens peuvent donc être d'une certaine utilité pour diminuer la résistance de l'os mal consolidé (1). «

Les opérations pratiquées pour réduire le cal difforme sont :

1* LeredressemerU,-^ll doit être employé dans les fractures récentes lorsque la consolidation n'est encore que peu avancée ; il se fait à l'aide de l'extension et de la contre-extension , et la coaptation de la même manière que dans une fracture. Les efforts d'extension et de la contre-extension doivent être plus considérables que dans le cas de fracture simple; ce n'est souvent qu'à la suite d'efforts gradués et prolongés pendant plusieurs séances que l'on peut parvenir à redresser le cal difforme. Lorsque le membre sera raccourci, un appareil à extension continue pourra quelquefois suffire pour rendre au membre sa longueur normale.

2* La rupture. — Celle-ci est plus dangereuse que Je redressement : elle a été repoussée par un grand nombre de chirurgiens , surtout lorsque la fracture est déjà ancienne, et qu'il faut avoir recours à des moyens violents, car on brise l'os en tout autre point que celui qui avait été le siège de la fracture. On peut l'obtenir dans les efforts que l'on fait pour redresser le cal ; dans ces cas, il n'existe pas de délabrement, la peau est intacte, il faut attendre seulement un nouveau travail de consolidation. Quant aux machines qui ont été imaginées pour redresser le cal, celles de Purmann, de Bosch et d'OEterlen, leur utilité a été différemment appréciée par les divers chirurgiens. Dans les cals angulaires, lorsqu'il existe une indication formelle de rompre le cal, la machine d'ÛEsterlen, qui est la meilleure, a pu rendre de véritables services ; mais dans les fractures avec chevauchement des fragments, Sanson se demande comment la rupture du cal pourra remédier à la consolidation vicieuse : ou bien le cal sera rompu latéralement, alors les fragments placés bout à bout ne se réuniront pas, parce que leur extrémité est cicatrisée ; ou bien la rupture aura lieu transversalement, c'est-à-dire entre les fragments et le cal, alors la rupture du cal n'uura aucun résultat pour rendre au membre sa longueur normale,

[\) Ual'gicr, Pes cals difformes. Paris, 1841.

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puisque les elTorts d'extension ne pourront amener qu'ur^ éç^rtement entre les fragments.

3** Section du cal. — La section du cal a été plusieurs fois pratiquée avec succès ; la tumeur du cal a été mise à nu et les fragments séparés avec la scie. Ce mode de traitement expose le malade à bien plus de dangers que la rupture ; une dilTormité considérable, l'insuffisance des autres moyens que nous avons indiqués plus haut , pourraient seules justifier une opération aussi grave.

4° Excision avec rupture. — Cette opération a été pratiquée avec succès par M. Raicke, quia scié le cal, réséqué les deux extrémités, sur un jeune homme de vingt ans chez lequel une fracture du fémur avait déterminé un raccourcissement de onze pouces ; cette difformité était accompagnée de douleurs violentes. M. Glemot a pratiqué sur le fémur, M. Warren sur le tibia, une excision cunéiforme du cal; ils ont enlevé par deux traits de scie une portion de cal en forme de coin à base externe, le cal a été redressé après cette résection : les malades ont guéri.

5" Excision sans rupture, — Cette opération a surtout pour but de détruire par l'instrument tranchant une portion de la tumeur du cal qui, développée au niveau d'une articulation, en gêne les mouvements ; ou de faire disparaître des pointes osseuses qui soulèvent la peau, l'ulcèrent et causent des douleurs intolérables.

6° Sétor^, — Yeinhold a introduit dans la tumeur du cal une i|i|ui|le à trépan, il a pu ramollir le cal et rendre au membre toute sa longueur; mais cette opération expose le blessé à une suppuration très abonc|{i(ite, par con?é(|uent à des dangers très grands.

Les quatre derniers moyens que nous venons de passer en revue ne doivent être employés que dans les cas extrêmes, lorsque la çonsiolidation vicieuse détermine une infirmité telle, que les malades ont tout à fait perdu l'usage de leur membre ; nous ne pouvons les conseiller que dans des conditions tout à fait exceptionnelles, et encore sur des sujets jeunes, vigoureux et capables de supporter une longue suppuration. ][^ans tous les cas , nous pensons que ces méthodes seraient encore préférables à l'amputation du membre, qui a été conseillée pour remédier à des cals difformes.

B. HamoWssement du cal. — On a observé des individus affectés de fractures dont la consolidation avait été obtenue et chez lesquels le cal a tout à fait disparu à la suite du scorbut ou de fièvres graves ; des érysipèles qui avaient envahi le membre fracturé ont causé le môme accident ; on ne sait comment interpréter ce phénomène d'absorption qui ne peut être révoqué en doute, car des observations avec autopsie le confirment en tout point.

C. Exubérance du cal, — Certaines fractures, surtout celles de la partie supérieure du fémur, s'enveloppent d'un cal extrêmement consi- ^éra]}le, (fe manière à çompromeUre les fonctions du mem)>re. Paqs un

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cas rapporté par le professeur Yeinhold, de Halle, ce cal, qui avait 18 pouces 1/2 de circonférence, était creusé d'une cavité de 4 pouces de diamètre ; un séton fut passé au travers de la tumeur : le malade guérit. Dans un cas rapporté par M. Guyot (1), ce cal, d'un volume énorme, était excessivement douloureux ; on obtint la guérison par l'application de vésicatoires.

D. Cal douloureux. — Il n'est pas très rare de rencontrer des individus qui après la consolidation de la fracture, éprouvent dans le cal des douleurs assez vives, surtout aux changements de temps. Ces douleurs se font plutôt sentir dans le cal vicieux que dans celui qui est régulier. Tt\pden lui-même a éprouvé des accidents de cette nature à la suite d'une fracture de l'humérus ; il pi)( calmer ses douleurs par l'application d'un bandage compressif.

E. Fongotités du cal, — Hedou(2) rapporte l'observation d'un soldat qui eut la cuisse gauche fracturée par un coup de feu. Des fongosités nombreuses se développèrent au fond de la plaie, et l'on ne put obtenir la consolidation qu'en réséquant les deux extrémités des fragments. Mais le cal lui-même devint l'origine de fongosités nombreuses, et le malade, après cinq ans et neuf mois de souffrance, succomba i l'abondance de la suppuration. L'autopsie démontra que le cal était creux à rintérieur, et que c'est de la cavité elle-même que les fongosités prenaient naissance.

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