‹ Manuel de pathologie et de clinique chirurgicales v.2, 1958Chapitre 59 sur 188 · FRACTURES 0£ LA ROTULE · texte numérisé non relu

FRACTURES 0£ LA ROTULE

droit antérieur. 11 peut exister à la partie antérieure de la rotule une solution de continuité des parties fibreuses, sans fracture de l'os ; le sillon qui résulte de ces déchirures peut quelquefois en imposer et faire croire à Texistence d'une fracture ; avec un peu d'attention, on évitera une erreur. Cependant si Ton conservait quelques doutes , il vaudrait encore mieux s'abstenir que de faire exécuter au membre des mouvements alternatifs de flexion et d'extension, qui pourraient, dans le cas de fracture, détruire les parties fibreuses qui s'opposent au déplacement ; l'abstention serait encore préférable au moyen qui a été conseillé d'enfoncer une aiguille fine dans le genou, afin de connaître l'intervalle qui existe entre les fragments.

Pronostic. — La fracture de la rotule , lorsqu'elle est simple, ne compromet point la vie des malades; mais elle laisse après elle des troubles fonctionnels sérieux. Lorsqu'elle est compliquée de contusion violente de l'articulation, lorsqu'elle est comminutive, et surtout lorsquelle est accompagnée de plaies aux téguments , elle est excessivement grave, à cause de l'inflammation de l'articulation et de l'introduction de l'air dans la cavité articulaire et entre les fragments.

Lorsque le tissu fibreux qui unit les fragments rotuliens a une grande longueur, le membre reste faible, il fléchit sous le poids du corps, ou ne peut s'appuyer sur lui avec quelque sécurité que lorsqu'il est étendu ; le blesaé ne peut porter un tardeau un peu lourd sans fléchir sous le poidi ; les longues marches deviennent fatigantes; enfin les malades éprouvent une grande difficulté pour monter un escalier, surtout quand les marches sont un peu élevées.

Traitement. — Les indications à remplir dans le traitement des fractures de la rotule sont : 1° de combattre l'inflammation qui se développe souvent dans l'articulation du genou ; 2" de prévenir par l'immobilité les mouvements de flexion et d'extension qui écartent les fragments ; 3* de favoriser le rapprochement des fragments à l'aide de la position oU d'appareils ; 4* de faire exécuter au membre des mouvements alternatifs de flexion et d'extension, afin de prévenir la roldeur de l'articulation.

La position a été préconisée par quelques chirurgiens comme le seul moyen de traitement. La plus favorable est celle qui consiste à étendre la jambe sur la cuisse et à élever le pied à l'aide de coussins placés à la partie inférieure de la jambe.

Un grand nombre à'appareUs ont été conseillés pour rapprocher les fragments ; parmi ceux-ci, nous signalerons lekiastre (Petite chirurgie, p. 161 ), l'appareil en huit de chiff're de M. Velpeau, le bandage unissant des plaies en travers {Ibid.y p. 139), l'appareil de Boyer (ffeid., p. 199), celui de M. Baudens {Ibid., p. 200), l'appareil à griflfes de M. Malgaigne (Ihid., p. 200).

L'appareil de M. Malgaigne présente un grand avantage sur ceux que nous avons indiqués: en elfet, tous, sans exception, ne prennent ifu'un point d'appui inswlïlsant svr \h deux firagmenti d« la rotule;

de plus, exerçant une compression assez forte sur le tendon du triceps et sur le tendon rotulien, ils font exécuter aux fragments un mouve ment de bascule qui porte les surfaces fracturées en avant ; il en résulte que quand les fragments sont en contact, ils ne sont affrontés qu'en arrière et qu'il existe un écartement assez grand en avant. De plus, la pression qu'ils exercent étant plus forte en dehors qu'en dedans, à cause de la disposition anatomique de Tos , il en résulte que l'affrontement est complet en dehors et qu'il existe un écartement en dedans.

Afin de prévenir la roideur de l'articulation, on fera exécuter vers le trentième jour de légers mouvements dont on graduera l'étendue.

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