XX. Fraotures des os de la jambe
Fractures de la jambe. — lious désignerons sous ce nom la fracture simultanée des deux os de la jambe.
Elles sont extrêmement fréquentes et sont produites par une cause directe ou par une cause indirecte : la violence agit dans certains cas sur les deux os à la fois ; d'autres fois elle n'agit que sur un seul, le tibia, tandis que l'autre, le péroné, se brise consécutivement. Plus rarement la fracture du tibia est consécutive à celle du péroné.
Anatomie pathologiqus, — La fracture peut occuper divers points de la longueur du membre; les plus fréquentes ont lieu à l'union du tiers moyen avec le tiers inférieur. Les deux os sont quelquefois brisés à la même hauteur ; quelquefois à des hauteurs différentes. Ces fractures peuvent être multiples, comminutives ; elles sont souvent compliquées de plaies aux téguments ; un certain nombre de ces plaies sont produites par les fragments eux-mêmes, qui ont perforé la peau au moment de la chute du blessé.
Ces fractures sont ou transversales, il n'y a pas alors de déplacement suivant la longueur ; ou bien elles sont obliques, il y a, si les deux os sont rompus au même niveau, un déplacement en rapport avec la déchirure du ligament interosseux et du périoste ; si les deux os sont brisés à des hauteurs différentes, il y a peu de déplacement. Outre le déplacement suivant la longueur, on en observe un suivant la direction ; il varie suivant le sens de la fracture, et est produit par la contraction musculaire.
Quoiqu'il en soit, on obser>'e souvent une saillie du fragment supérieur avec écartement des fragments ; les muscles de la partie postérieure de la jambe, d'une part, les muscles rotuliens, de l'autre, produisent ce déplacement qui a été, pour M. Malgaigne, l'objet d'études sérieuses, et qui a nécessité l'application d'un appareil particulier sur lequel nous aurons à revenir.
Symptomatologie, — Les signes de la fracture de la jambe sont : 1" la difformité, qui consiste en une courbure à convexité antérieure; 2" la mobilité; 3" la crépitation; 4" la douleur; 5" l'abolition des mouvements du membre. Les détails sur lesquels nous avons insi«té dans nos généralités nous dispensent de nous y arrêter*