‹ Manuel de pathologie et de clinique chirurgicales v.2, 1958Chapitre 67 sur 188 · PÉRI0ST0SE · texte numérisé non relu

PÉRI0ST0SE

Diagnostic. — Cette affection peut être confondue avec le phlegmon diffus et l'ostéomyélite. Quoique le diagnostic soit souvent entouré des plus grandes difficultés , on peut distinguer ces affections aux signes suivants : dans le phlegmon , la douleur est moins vive, moins profonde; dans l'abcès sous-périostique, la tumeur plus circonscrite fait corps avec Tos, la fluctuation s'y manifeste plutôt, les téguments conservent leur couleur normale pendant plus longtemps. Le diagnostic de ces abcès avec l'ostéomyélite est beaucoup plus difficile ; nous devons dire cependant que les altérations articulaires appartiennent particulièrement à cette dernière affection.

Le pronostic est fort grave, car non-seulement cette maladie peut faire succomber très rapidement le malade, mais elle laisse toujours des traces profondes de son passage par sa durée et l'épuisement que détermine une suppuration aussi abondante.

TrcUtement. — Une ou plusieurs incisions profondes seront faites aussi promptement que possible; on facilitera la sortie du pus soit par des contre-ouvertures, soit au moyen de canules en Y de M. Chassaignac ; des douches acidulées faciliteront Télimination des séquestres. Ce n*est que dans les cas extrêmes que l'on devra recourir à rampu* tatron.

Art. XV. -* Vérîottofeii.

On désigne sous ce nom des tumeurs qui se développent autour des os et qui paraissent siéger spécialement dans le périoste ; les plus fréquentes sont celles qui sont décrites sous le nom de tumeurs gommeuses.

Anatomie pathologique. — Le périoste et le tissu cellulaire qui l'environne sont tuméfiés, transformés en une massé assez compacte, grise ou blanchâtre, qui, quand on la coupe, représente assez bien un ganglion lymphatique engorgé. Plus tard la tumeur se ramollit, elle est composée d'une substance demi-liquide qui a été comparée à de la gomme en dissolution.

Éliologie, — Les tumeurs gommeuses s'observent surtout sur les os superficiellement placés ; la syphilis constitutionnelle en est à peu près la seule cause.

Symptomatologie. — La maladie débute par une tumeur dure, à base large non circonscrite, comme adhérente à l'os, sans changement de couleur à la peau. La pression est peu douloureuse et ne diminue pas le volume de cette tumeur ; bientôt celle-ci se ramollit, elle se laisse déprimer par les doigts, mais au lieu d'une fluctuation franche on sent une espèce d'élasticité caractéristique. Les malades ressentent une douleur plus ou moins vive, la douleur s'exaspère par la chaleur du lit. Les tumeurs gommeuses peuvent rester stalionnaires pendant un temps fort long ; si elles sont indolentes, elles ne consti-

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tuent qu'une simple (liffbrniité ; d'autres fois, soiis l'influence d'un traitement convenable, elles diminuent peu à peu et finissent par disparaître; d'autres fois, et assez souvent sous l'influence d'une violence cutérieure, la maladie passe à l'état ai{^, la peau rougit, s'enflamme, se perfore, l'ulcérution donne passage à du pus mal lié, mêlé à des débris de la tumeur elle-même* et bientôt on observe un ulcère de mauvaise nature dont la cicatrisation est fort lente, et qui est fort souvent compliquée d'une nécrose superficielle de l'os sousTJacent.

Diagnostic, — Au début, cette afTcclion peut être confondue avec une exostose, et nous devons le dire, ce n'est seulement que par la marche de la maladie que ces deux affections peuvent être distinguées. Ouand la tumeur est ramollie on peut la confondre avec un abcès du périoste. Alors les antécédents et la sensation d'élasticité, caractère principal des tumeurs gommeuses et bien différent de la fluctuation, I>ermettcnt d'établir un diagnostic exact.

Pronostic. — Cette maladie est peu grave par elle-même, en ce sens qu'elle cède le plus souvent à un traitement approprié, mais elle laisse des cicatrices adhérentes aux os, et est souvent fort longue à guérir.

Traitement. — Dès le début, les tumeurs gommeuses seront combattues par un traitement spécifique, frictions d'onguent nnpolitain, emplâtre de Vijro cum mercurio; à l'intérieur, del'iodure de potassium à la dose de 1 ou 2 grammes par jour. Aux douleurs vives on opposera les antiphlogistiques, les émoUients, les opiacés à l'intérieur et à l'extérieur.

Lorsque la tumeur est ramollie, on se hâtera de l'ouvrir, et le pansement sera fait avec de la charpie recouverte d'un onguent mercuriel.

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