‹ Manuel de pathologie et de clinique chirurgicales v.2, 1958Chapitre 7 sur 188 · Plaies par instruments piquants · texte numérisé non relu

Plaies par instruments piquants

^ Les instruments piquants peuvent être à la fois piquants et tranchants ; leur pointe est acérée, quelquefois mousse ; leur volume est plus ou moins considérable. C'est ainsi que les plaies par instruments piquants peuvent présenter un grand nombre de variétés.

1» Plaies par instrument piquant acéré et d'un petit volume : ce sont les simples piqûres.

2* Les piqûres et coupures, celles qui sont faites par les instrument» piquants et tranchants.

3 " Les piqûres peuvent être accom{ftgnées de contusions par instruments à pointe mousse et d'un gros volume : telles sont les dents de fourches, les baïonnettes, etc.

4*' On pratique depuis quelque temps, afîn de faire des sections sous-cutanées, des plaies très étroites, accompagnées de sections très étendues dans les parties profondes ; ce sont les plaies sous-cutanées.

A. Les piqûres sont sans contredit les moins graves de toutes les solutions de continuité ; elles sont peu douloureuses, ne laissent écouler qu'une très petite quantité de sang, écartent les tissus plutôt qu'elles ne les divisent, de telle sorte que, quand l'instrument est retiré, la solution de continuité est plus étroite que l'instrument n'est volumineux. Elles se cicatrisent, en général, très vite, se réunissent par première intention en l'espace de vingt-quatre heures au plu9. Un peu de diachylon gommé, ou un peu de linge qui mette la plaie à l'abri du contact de l'air, suffisent pour le pansement.

B. Les plaies faites par les instruments à la fois piquants et Iran» chants présentent plus de gravité que les précédentes : les tissus ne reviennent pas sur eux-mômes ; au contraire, ils s'écartent comme dans les plaies par instruments tranchants. Leur gravité dépend .principalement de leur profondeur ; en effet, l'action de la pointe et du tranchant s'entr'aidant mutuellement, ces plaies sont quelquefois excessivement profondes. A moins qu'il n'y ait des complications, telles que l'hémorrhagie, la blessure d'un organe important, ces plaies doivent toujours être réunies par première intention. Elles suppurent rarement lorsqu'elles ne sont pas trop étendues et que le pansement a été bien fait.

C. Les plaies par instruments mousses sont les plus graves de toutes^ surtout lorsqu'elles sont profondes. Elles écartent les tissus sans les diviser, pénètrent très difficilement, déclarent et contondent fortement les parties qu'elles traversent : tels sont les clous, les dents de fourches, etc. Quelquefois ces plaies ne causent aucun accident; assez douloureuses, elles ne donnent lieu qu'à un faible écoulement de sang et se réunissent par première intention. Mais c'est aussi à la suite des plaies de ce genre qu'on voit survenir ces phlegmons diff*us et ces panaris si graves.

Les plaies les plus graves sont celles qui pénètrent très profondément au delà d'aponévroses résistantes, s'opposant au gonflement des parties molles ; la gangrène en est souvent la suite : il en est de même de celles qui affectent des tissus très denses, très résistants, comme la paume de la main, la plante du pied, le cuir chevelu, etc. Une douleur excessive accompagne le gonflement de ces plaies ; la résolution, mais bien plus souvent la suppuration en est la terminaison.

Lorsque ces plaies sont légères, le traitement en est très simple; mais lorsque, en raison de leur siège, de leur profondeur, on craint des accidents graves, il faut tâcher de les prévenir par un traitement énergique. Ainsi, on plongera, pendant deux ou (rois heures, laparUe

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