I. Luxations des os de la tête
Il arrive quelquefois que les causes qui déterminent les fractures du crâne disjoignent les os contigus. Ce sont sans doute de véritables luxations ; mais comme les signes de cette espèce de déplacement se confondent avec ceux des fractures, celte affection doit être naturellement décrite avec les fractures du crâne ; nous dirons la même
chose des os de la ftice, à l'exception toutefois du maxillaire inférieur; cependant, nous croyons devoir rappeler deux faits très intéressants de luxation, ou, si Ton veut, de disjonction de l'os malaire et des qs propres du nez.
§ !•". — Luocalim de Vos malaire.
Ce fait a été rapporté dans un mémoire très intéressant de M. Jules Houx, ayant pour titre : Un accident au port de Cherbourg. Ce déplacement s'est présenté avec les caractères suivants : saillie osseuse évidente à l'œil et au toucher, correspondant à l'articulation de l'apophyse orbitaire externe et de l'os jugal. £n promenant le doigt sur le contour orbitaire, on rencontrait au-dessous de l'articulation fronto-jugale une tumeur osseuse, tandis que plus bas, au point correspondant de l'articulation jugo-maxillaire, on trouvait une dépression sensible. En imprimant des mouvements à l'os malaire, on reconnaissait qu'il était mobile dans son articulation avec l'os maxillaire supérieur. L'articulation de l'os malaire avec l'apophyse zygomatique était intacte.
M. Jules Roux n'a pu produire sur le cadavre de lésions semblables à celles dont il vient d'être question.
§ 2. — Luxation des os propres du nez»
M. Bourguet, chirurgien de l'hôpital d'Aix, a publié dans la Revue médicale d'août 1851, un fait fort remarquable de luxation des os propres du nez, sans fracture ni de ces os, ni du maxillaire supérieur; nous donnons un extrait de cette observation, d'autant plus intéressante que les luxations du nez admises par Benj. Bell et Heister, n'avaient jamais été démontrées par des laits.
Un jeune homme de vingt-deux ans fait une chute de cabriolet ; la partie latérale gauche du nez vint frapper sur l'angle d'un trottoir ; le nez est dévié à droite dans son tiers supérieur, tandis qu'à sa partie inférieure il reprend sa direction normale ; la peau est soulevée à droite par le bord inférieur de l'os du nez; à gauche, existe un enfoncement en arrière duquel on trouve le relief formé par l'apophyse montante du maxillaire supérieur; en haut et du même côté on constate le relief formé par le bord supérieur de l'os nasal gauche ; au-dessus de cette saillie, un vide correspondant à la surface articulaire du frontal. Le doigt promené à l'extérieur sur les os nasaux ne constate aucun signe de fractures.
Pour obtenir la réduction on employa le procédé suivant : le doigt auriculaire de la main droite fut introduit dans la narine gauche ; le pouce de la même main est appliqué sur le bord supérieur du même 08, faisant saillie sous la peau vis-à-vis du tendon de l'orbiculaire gauche. Un simple mouvement de bascule, c'est-à-dire de redressement de la partie inférieure et de pression sur la partie supérieure, permit à l'os nasal gauche de reprendre sa place ; la légère saillie qui