‹ Manuel de pathologie et de clinique chirurgicales v.2, 1958Chapitre 77 sur 188 · III. Luxations des côtes et de leurs cartilages · texte numérisé non relu

III. Luxations des côtes et de leurs cartilages

Les luxations vertébro-costales sont fort rares. M. Malg^aigne en a réuni six observations, dans lesquelles la lésion a été démontrée par l'autopsie : la côte a été trouvée en avant de la colonne vertébrale ; dans un cas seulement il n'y avait point de fracture de vertèbres. A ces six observations, on pourrait en joindre deqx autres où la maladie s'est terminée par la guérison ; mais de ces deux observations, l'une est celle de Buttet, sufHsamment réfutée par Boyer, et qui n'était vraisemblablement qu'une fracture de la côte près de son extrémité articulaire ; l'autre appartiendrait à Kennedy, et elle a été diagpnostiquée seulement d'après le symptôme suivant : creux sensible à la place occupée par la tète des dernières côtes et absence de crépitation. Quand on pressait sur l'extrémité antérieure de ces côtes , on imprir mait un léger mouvement à l'extrémité postérieure.

Il ne nous parait pas possible de formuler la symptomatologie et le traitement de cette affection, qui est toujours accompagné des désordres les plus graves.

On a signalé encore la luxation des côtes sur leurs cartilages ; les annales de la science en contiendraient, dit-on , quatre observations ^ mais comme rien dans la symptomatologie ne peut apprendre s'il s^agissait ou d'une fracture du cartilage ou d'une fracture de côte près de son extrémité sternale, nous ne saurions admettre cette espèce de lésion tant que l'anatomie pathologique ne nous aura pas appris son existence réelle. Dans tous les cas, cette maladie, fût-elle réelle, le chirurgien se comportera comme s'il s'agissait d'une fracture de côte.

Enfin on a signalé une espèce de luxation qui consisterait dans le déplacement des prolongements cartilagineux des premières fausses côtes les uns sur les autres; ce déplacement serait consécutif à la rupture des liens fibreux qui unissent ces cartilages. Il aurait pour caractère une douleur vive dans la région blessée, une tumeur formée par )a saillie du cartilage, la gêne de la respiration.

Pour remédier à ce déplacement, il faut exercer une pression méthodique sur le cartilage déplacé en faisant renverser le tronc en arrière ; les mouvements respiratoires suffisent souvent pour remettre les parties dans leur position normale.

Page 1