IV. Luxations du sternum
Les luxations du sternum sont fort rares ; à peine étaient -elles con nues avant que M. Maisonneuve (I), qui en a observé deux cas, ait appelé l'attention sur ce point.
La luxation de la seconde pièce du sternum sur la première ne présente jusqu'à présent qu'une seule variété, c'est celle avec chevau-
(1) Àrchiveslgénéralet de médecine, 1842, t. XIV, p. «4.
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chementde la pièce inférieure. M. Maisonneuve l'appelle tuxatUm du corps du sternum en avant.
Sans nier l'existence d'une luxation en arrière, M. Maisonneuve la croit très difficile ; il suppose qu^elle ne peut être causée que par un coup violent porté sur la partie inférieure du sternum, qui repousserait cette partie en arrière en faisant plier ou en brisant les côtes qui la supportent.
Éthlogie et mécanisme, — Les luxations du sternum observées jus* qu'à présent ont été constatées chez des sujets de 1 8 à 60 ans : elles sont directes ou indirectes. 11 n'existe qu'un seul exemple de luxation par cause directe, c'est l'observation d'Aurran (1) qui le fournit. La luxation a été produite par la pression directe d'un barreau d'échelle sur la première pièce sternale qui a été repoussée vers la colonne vertébrale. Les observations de luxation du sternum par cause indirecte sont plus nombreuses. D'après M. Maisonneuve, le déplacement se produit par le mécanisme suivant : c Les causes indirectes , ou par contre-coup, n'agissent pas en rapprochant le sternum de la colonne vertébrale, mais en le pressant par ses deux extrémités. Cet os, naturellement convexe en avant, se courbe davantage et cède dans le point culminant de cette convexité, qui est précisément le niveau de l'articulation des deux premières pièces.
Anatomie pathologique. — Les cartilages des deuxièmes côtes restent articulés à la première pièce du sternum, et se séparent du corps de l'os, c'est-à-dire de la seconde pièce. Quelquefois le cartilage de la seconde côte abandonne le manche du sternum ; dans ce cas, le cartilage est libre, il ne conserve plus d'adhérence avec l'os : une pièce présentée par M. FoUin à la Société anatomique offrait cette disposition. Le grand surtout ligamenteux antérieur se rompt ; on observe encore dans quelques cas la déchirure des Ûbres du muscle grand pectoral. Le ligament postérieur, composé de fibres longitudinales, résiste davantage, se décolle au lieu de se briser. La pièce inférieure passe en avant, la supérieure se place en arrière de la précédente , et forme avec elle un angle aigu ouvert en haut. Les rapports du deuxième cartilage costal avec le troisième méritent quelque attention ; ainsi il peut résulter du déplacement que le cartilage d'une côte soit repoussé par le fait de la rencontre du cartilage d'une autre côte. Dans une des observations de M. Maisonneuve, ce refoulement était de plus de 1 centimètre.
Les luxations du sternum sont le plus souvent accompagnées de grands désordres, tels que la fracture de la colonne vertébrale, la fracture et la luxation de la clavicule ; on rencontre encore des épanchements dans le crâne, dans le rachis, des ruptures de la moelle épinière, du foie, etc., résultant de la violence énorme qui a produit le déplacement.
(1) Journal de médecine, etc., 1771, t. XXXVI, y, 521.