ANKYLOSE
tiquée assez loin du siège primitif du mal, car Tinflammation du tissu osseux peut s'être propagée à une distance assez grande de Textrémité articulaire.
Dans quelques cas, surtout aux membres supérieurs, il est possljil^ de faire la résection des os malades.
▲rt. VZU. — AnkjrloM.
On donne le nom A*ankylose à un état des articulations caractérisé par la diminution ou la perte absolue des mouvements articulaires. Dans le premier cas, rankylose est dite incotnplète; dans le second, elle est complète,
Éliologie. — L*ankylose n'est réellement qu'un symptôme des maladies qui peuvent lui donner naissance ; on l'observe à la suite de toutes les affections articulaires : goutte, rhumatisme, tumeurs blanches, fractures des articulations, luxations non réduites ou incomplé.tement réduites. On la rencontre encore lorsque le membre a été longtemps maintenu dans une immobilité absolue ; en un mot , on peut l'observer à la suite de toutes les affections qui forcent d'immobiliser les articulations, Il est certains sujets qui ont une prédisposition spéciale à l'ankylose. On cite plusieurs cas d'individus chez lesquels toutes les articulations, même celles de la mâchoire inférieure, étaient ankylosées.
Anatomie pathologique, — < Dans l'ankylose complète, les os qui entrent dans la composition d'une articulation sont soudés. Tantôt il y a fusion des surfitces articulaires, tantôt les os sont réunis par des stalactites osseuses, qui se rendent d'un os à l'autre.
Dans le premier cas , après la disparition des cartilages diarthrodiaux, les os en contact s'envoient réciproquement des vaisseaux, et bientôt il existe une fusion tellement complète que, parfois , on ne trouve plus de trace de séparation entre les deux os. Ce travail se produit principalement à la suite de l'ostéite ; on l'observe néanmoins à la suite de l'immobilité de l'articulation. La synoviale alors cesse toute sécrétion , ses feuillets contractent des adhérences entre eux, les cartilages disparaissent par absorption et les os se réunissent.
Dans le second , les cartilages diarthrodiaux sont conservés, les os sont parfaitement isolés ; mais ils se trouvent réunis et maintenus dans l'immobilité la plus complète par des jetées osseuses qui entourent l'articulation en suivant le trajet des ligaments. Dans ces circonstances, on a invoqué l'ossification des ligaments. D'autres fois. Tan* kylose a été déterminée par l'ossification d'un des tendons , qui passe sur un des points du pourtour de l'articulation. M. Pigné a déposé au musée Dupuytren une pièce montrant une ankylose déterminée par l'ossification du muscle brachial antérieur. Enfin ces stalactites paraissent, dans un certain nombre de cas, tout à fait indépendantes des
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ligaments. Telles sont celles que l'on trouve à la suite des fractures des articulations, de lu!ialions non réduites ou incomplètement réduites. Enfin les matières tophacées, sécrétées autour des articulations des goutteux peuvent produire l'ankylose complète en se soudant aux extrémités articulaires.
Dans les ankyloses incomplètes, les os ne sont pltis soudés, mais les liens fibreux qui les unissent se sont épaissis, ont perdu leur souplesse, de sorte qu'il devient très difficile et même impossible d'imprimer des mouvements au membre. Les muscles, les tendons participent à la même altération ; les premiers pâlissent, deviennent beaucoup plus durs et tendent à passer à l'état fibreux. La sécrétion de la synovie est beaucoup moins abondante et finit par cesser ; avec le temps, les cartilages d'incrustation se résorbent , et il se prépare un travail qui doit conduire à l'ankylose complète. D'autres fois , ce sont des brides fibreuses solides, résistantes, qui se sont formées entre les surfaces articulaires, ou qui, de la synoviale, vont s'implanter sur les os eux-mêmes. Enfin l'articulation peut être encore maintenue dans l'immobilité plus ou moins complète par le tissu cellulaire induré, par la peau rétractée, lorsque le membre est resté pendant longtemps dans une position vicieuse.
Toutes les articulations peuvent être affectées d'ankylose *, mais les ankyloses les plus fréquentes sont celles des vertèbres lombaires, du bassin, du genou, du coude; celles de l'épaule sont beaucoup plus rares.
Symptomatologie. — La diminution ou la perte des mouvements d'une articulation est le signe paihognomonique de cette affection ; il en résulte des symptômes qui varient avec l'articulation affectée. Ainsi la maladie siége-t-elle au membre inférieur? on observe de la claudication. Siége-t-elle à la mâchoire? la mastication est impossible. Dans un cas on fut contraint d'arracher deux dents à un malade pour faire pénétrer les aliments dans sa bouche.
Diagnostic, — S'il est facile de reconnaître l'ankylose, il n'en est plus de môme quand il s'agit de déterminer si l'ankylose est complète ou incomplète ; car, dans rankylosc complète, les mouvements de l'articulation affectée sont suppléés par ceux des articulations voisines. Pour arriver à un diagnostic exact, on fixera aussi solidement que possible l'articulation malade, puis on cherchera à lui imprimer des mouvements; si l'on peut faire mouvoir môme légèrement l'articulation, l'ankylose est incomplète. Il en est de môme quand les efforts du chirurgien déterminent de la douleur dans l'articulation ankylosée. Dans le cas contraire, l'ankylose doit être considérée comme complète.
Dans certains cas où la pusillanimité des malades pourrait faire croire à une ankylose ; ce sont ceux où l'articulation se trouve immobilisée par la contraction très violente des muscles groupés autour de l'articulation.
Enfin il importe encore de déterminer, dans les ankyloses incomplètes, quels sont les tissus qui empêchent l'articulation d'exécuter
tous ses mouvements ; on examinera avec attention la peau, les tendons, les aponévroses, etc.
Pronostic, — L'ankylose complète est incurable ; mais devons-nous dire qu'elle est grave, alors qa'elle ne compromet pas la vie, et surtout qu'elle est une des terminaisons les plus heureuses des tumeurs blanches. Dans l'ankylose incomplète, on peut espérer que l'articulation recouvrera ses mouvements , du moins en partie ; sa gravité sera d^ailleurs subordonnée à la nature et à l'espèce des liens qui s'opposent aux mouvements de l'articulation.
Traitement. — 11 ne faut pas perdre de vue que l'ankylose est souvent la terminaison favorable d'une maladie grave, et que le chirurgien doit bien se garder d'essayer, par des manœuvres intempestives, de rendre à une articulation, naguère remplie de pus , des mouvements qui d'ailleurs seraient fort incomplets.
Lorsque l'ankylose est incomplète, on peut espérer, à l'aide d'un traitement bien combiné, de rendre à l'articulation une partiç au moins de sa mobilité. Des frictions, des massages exécutés avec prudence peuvent conduire à des résultats satisfaisants ; des mouvements gradués seront imprimés à l'articulation ; enfin, dans certains cas plus rebelles, des machines rendront au membre la direction normale et une partie de ses mouvements. Nous ne saurions trop recommander, dans cette circonstance, les ingénieux appareils de M. Bonnet, de Lyon.
L'ankylose complète est au-dessus des ressources de l'art; cependant, il y a quelques années, M. Louvrier a imaginé une machine destinée à rompre brusquement les ankyloses ; mais nous ne pouvons conseiller un semblable mode de traitement, car les malades soumis à l'action de celte machine ont éprouvé quelques-uns des accidents tellement graves, que la mort en a été la conséquence, et les autres, chez lesquels on n'a constaté aucun accident, n'ont recueilli presque aucun bénéfice d'une opération qui les exposait aux plus grands dangers.
La section des os et l'établissement d'une pseudarthrose ont été conseillés par Rhéa-Barton ; malgré les succès qui ont été enregistrés, nous ne conseillons pas un semblable procédé, dont la moindre conséquence est d'exposer aux accidents des fractures avec plaie.
Art. OC. — Xiuxations pathologiques.
Nous désignons sous le nom de luœalions pathologiques les déplacements consécutifs aux tumeurs blanches. Nous n'avons donc point à entrer dans des généralités puisqu'elles ont été exposées plus haut. Nous décrirons dans les paragraphes qui suivent les diverses espèces de tumeurs blanches et les luxations qui peuvent les accompagner.