‹ Manuel de pathologie interne (volume 2)Chapitre 102 sur 292 · Bulletin de la Soc. méd. des hôpit., 1860, t. V, p · texte numérisé non relu

Bulletin de la Soc. méd. des hôpit., 1860, t. V, p

2. De Musgrave-Clay. Étude sur la contagiosité de la phthisie pulmonaire. Thèse de Paris, 1879.

3. Ces propositions sont générales et s’appliquent aussi bien aux animaux qu’à l’homme. Dans l’étude que nous avons faite, Krishaber et moi, sur la tuberculose du singe, nous n’avons perdu qu’un seul singe tuberculeux sur vingt-huit singes vivant ensemble, mais tenus éloignés de toute cause de contamination, tandis que nous avons perdu cinq singes tuberculeux sur vingt-quatre singes qui avaient vécu en promiscuité avec des sujets tuberculeux ; ils s’étaient tuberculisés par contagion. ( Arch . de physiologie, 1885.)

MALADIES DE L’APPAREIL RESPIRATOIRE

avec les aliments et les boissons, et à ce sujet le lait1 *, aussi bien le lait des animaux tuberculeux que le lait d’une nourrice tuberculeuse, a été incriminé. On s’est également demandé (Verneuil)8 si la contagion ne pouvait pas se faire par la voie des organes génitaux (orchite tuberculeuse succédant à une blennorrhagie infectieuse). D’après quelques observations, c’est par une blessure à la peau, au bras, au doigt, que la tuberculose a pénétré dans l’économie3 *. Les voies respiratoires sont la porte d'entrée habituelle du germe infectieux (spore ou bacille), et le poumon est, dans la plus grande majorité des cas, le premier organe infecté. Le germe infectieux existe en abondance dans les crachats des phthisiques, et l’expérience a prouvé que ces crachats peuvent être desséchés, pulvérisés et conservés pendant plusieurs semaines sans qu’ils aient perdu leur virulence, puisque, réduits en poussière, il suffit de les faire respirer anx animaux pour que ceux-ci deviennent tuberculeux (Tappeiner). Eh bien, il est probable que c’est par un procédé analogue que se fait la transmission chez l’homme; des détritus de crachats réduits en poussière voltigent dans l’air et pénètrent dans les bronches. Mais pour que le germe infectieux ainsi introduit produise son effet nuisible, il faut bien des conditions : peut-être est-il nécessaire que la bronche ait perdu son épithélium, et l’on peut se demander si la bronchite et la broncho-pneumonie (rougeole, coqueluche) ne favorisent pas singulièrement la pénétration du germe; il faut, dans tous les cas, que l’individu contaminé soit en état de réceptivité, question capitale quand il s’agit de contagion, car il y a des terrains favorables et

1. Fréquence de la tuberculose consécutive à l'inoculation du lait. Martin. Revue de médecine Février 1881. — Nocard, Bang, Baillet, Butel, Aureggio. Congrès pour l'élude de la tuberculose, 1888 p. 19.

2 Hypothèses sur l’origine de certaines tuberculoses génitales dans les deux sexes. Gaz hebdom., 1883, n’ 14.

3. Ilamot. Tuberculose cutanée. Arch. de physiol Juillet 1886. —

Lefèvre. Th. de Paris, 1888.

MALADIES DU POUMON

des terrains réfractaires à l’éclosion des graines qu’on leur a confiées.

Sont en état de réceptivité les sujets issus de souche tuberculeuse, les malades atteints de diabète ou convalescents de certaines maladies aiguës (rougeole, coqueluche, fièvre typhoïde). Le terrain est mis en état de réceptivité par la dénutrition, par la déchéance de l’économie, par les excès de toute espèce, épuisement, fatigue, chagrins, grossesses répétées. « On peut dire que la tuberculose est l’aboutissant commun de toutes les détériorations constitutionnelles de la famille et de l’individu. » (Jaccoud.)

Peter1, reprenant en détail chacune des causes de la phthisie acquise, admet que la tuberculisation peut survenir toutes les fois qu’il y a déviation de la nutrition ou alimentation insuffisante, ce qu’il traduit par un seul mot, Vinanitiation. Par conséquent, sont enclins à devenir tuberculeux :

Les gens frappés d’inanitiation par les voies digestives : rétrécissement de l’œsophage, cancer de l’estomac, anorexie hystérique; les femmes qui ont des grossesses répétées; etc. y

Le traumatisme, les contusions du thorax, peuvent être mis au rang des causes prédisposantes, en labourant le terrain dans lequel le bacille était à l’état latent. Depuis que l’attention est appelée sur ce point, on a même réuni un grand nombre d’observations, et j’en possède plusieurs, où le traumatisme du thorax a été suivi de lésions pulmonaires ou pleuro-pulmonaires et de tuberculose.

La tuberculose est surtout l’apanage de la jeunessee J e apparaît néanmoins aux autres époques de la vie' elle est meme assez fréquente à un âge avancé et chez es enfants du premier âge. Elle est plus commune dans les climats chauds, et assez rare dans les pays dont l’altitude est elevée.

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