‹ Manuel de pathologie interne (volume 2)Chapitre 104 sur 292 · Vallin. Société méd. des hôpitaux, 11 juillet lSSi · texte numérisé non relu

Vallin. Société méd. des hôpitaux, 11 juillet lSSi

MALADIES DU POUMON

La créosote (Bouchard, Gimbert) stimule l’appétit et modère les sécrétions bronchiques; on l'administre sous forme de capsules, de vin ou associée à l’huile de foie de morue ou à la glycérine. Je préfère les capsules ou les pilules contenant chacune 5 centigrammes de créosote ; on en prend jusqu’à dix, vingt, dans le courant des repas, de façon à prendre 50 centigrammes à 2 grammes de créosote par jour.

Le traitement révulsif, vésicatoires répétés, cautères, pointes de feu, est efficacement employé pour combattre l’élément inflammatoire et l’élément congestif. Pour ma part, je fais largement usage du traitement révulsif. Il est bon d’appliquer des cautères et de les faire suppurer aussi longtemps que possible. Il est fort utile d’appliquer deux ou trois cents pointes de feu par semaine en continuant longtemps cette médication.

La fièvre de la tuberculose, surtout la fièvre qui tend à prendre la forme de fièvre hectique, fièvre de résorption, est efficacement combattue par l’acide salicylique, suivant la méthode préconisée par M. Jaccoud. On donne le matin 1 gramme et demi d’acide salicylique en trois cachets, distants chacun d’une demi-heure. Suivant le cas, on diminue, on suspend ou l’on reprend la môme dose après quelques jours. L’antipyrine est efficace à la dose de 2 à 5 grammes par jour. J’ai souvent prescrit pour combattre la fièvre, les affusions d’eau tiède et les bains frais, au grand bien-être des malades.

Les hémoptysies doivent être combattues de la manière suivante : Si l’hémoptysie est très abondante, elle est parfois arrêtée par un vomitif, l’ipéca à la dose de 2 grammes. Si l’hémoptysie est plus légère, on prescrit l’ipéca à dose nauséeuse, et l’on administre toutes les heures ou toutes les deux heures une ou des pilules suivantes :

Ipéca

Extrait thébaïque

S centigrammes 2 milligrammes.

D’autres moyens sont encore mis eu usage contre l’hémoptysie : les injections sous-cutanées d’ergotine, les pulvérisations avec de l’eau additionnée de perchlorure de fer, la révulsion sur la poitrine au moyen d’un vésicatoire. Le malade atteint d’hémoptysie doit être au repos absolu, on lui donne des boissons glacées et acidulées, une alimentation froide, abondante et divisée en petits repas. On peut encore prescrire la potion suivante, à prendre par cuillerées, toutes les trois heures :

Eau distillée 120 grammes

Sirop de ratanhia 40 —

Eau de Rabel 3 —

Les sueurs des phthisiques sont heureusement combattues par l’agaric blanc (Trousseau), à la dose de 20 centigrammes à prendre tous les soirs dans un cachet; par l’atropine (Vulpian), à la dose de 1 demi-milligramme en granules.

Les vomissements sont efficacement amendés, tantôt par deux gouttes de laudanum prises avant le repas ou par une cuillerée d’eau de chaux, additionnée de un milligramme de chlorhydrate de cocaïne, tantôt par le lavage de l’estomac, et mieux encore par l’alimentation artificielle. Cette alimentation artificielle (suralimentation, gavage), mise en usage par M. Debove1, a souvent permis de combattre non seulement les vomissements alimentaires, mais encore la dénutrition. Ce procédé consiste à introduire dans l’estomac, au moyen d'une sonde, une certaine quantité d’aliments, du lait, de la farine de lentilles, et surtout des poudres de viande. Du reste, certains malades avalent très bien, sans le secours de la sonde, 200 grammes de poudre de viande en vingt-quatre heures; la poudre étant délayée dans du lait ou du bouillon et administrée en plusieurs fois. La suralimentation produit parfois des effets remarquables.

La tuberculine de Koch. — Je dois maintenant étu-

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