Tuberculose parasitaire, Paris, 1881, p
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dier avec quelques détails le traitement de la tuberculose par la tuberculine de Koch :
Le 15 novembre 1890, Koch, dans une communication restée célèbre, annonça qu’il avait trouvé un remède efficace contre la tuberculose cutanée, osseuse, ganglionnaire ou pulmonaire, et ce remède, la lymphe de Koch, expérimenté immédiatement par beaucoup de médecins, resta secret jusqu’au début de 1891, où, dans une seconde communication, Koch établit ce qu’était la tuberculine.
La tuberculine est un extrait glycériné des cultures pures du bacille de la tuberculose : c’est un liquide limpide et brunâtre, sans action quand il est introduit par la bouche, très actif au contraire quand on l’injecte soit sous la peau, soit par la voie sanguine. Chez l’homme sain, une dose de 0,25 produit des effets très marqués, tandis que chez le cobaye une dose de 2 centimètres cubes reste inactive : l’homme serait donc 1 500 fois plus sensible à l’action delà tuberculine que le cobaye. Chez le cobaye déjà tuberculeux, la tuberculine, donnée à doses peu élevées et répétées, n’a aucune action sur les bacilles, mais bien sur les tissus qui entourent les tubercules. Ces tissus sont le siège d’une abondante exsudation de sérosité et d’une diapédèse active; ils peuvent ou non se nécroser; avec la nécrose, le tissu éliminé entraîne une quantité plus ou moins considérable de bacilles, et l’ulcération ainsi produite peut se transformer en plaie simple recouverte de bourgeons charnus pouvant aboutir à la cicatrisation.
Chez l’homme sain, il faut 1 centimètre cube de lymphe pour produire une élévation de température à 58°. Chez l’homme tuberculeux, une dose de 1 à 3 millimètres i cubes de lymphe suffit pour provoquer, au bout de 4 à 5 heures, un frisson, une température de 59 à 40 degrés, de la toux, des vomissements, des douleurs très vives, de l’hypertrophie de la rate, un peu de délire.
* Ces symptômes durent 12 à 15 heures. Dans le cas de lupus, on peut apprécier la réaction locale au niveau des
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lésions tuberculeuses : au bout de 5 à 6 heures les parties lupiques se gonflent, rougissent et parfois se nécrosent. La rougeur diminue après 2 à 3 jours, et s'accompagne de squames : les eschares peuvent se détacher 2 à 3 semaines plus tard, laissant, dans les cas favorables, une cicatrice durable. Il en est de même de la tuberculose ganglionnaire, osseuse ou articulaire, mais les réactions y sont moins nettes. Quant à la tuberculose pulmonaire, après des injections sous-cutanées de très faibles doses de lymphe, si on a la chance de tomber sur des cas heureux, la toux est plus rare, l’expectoration devient muqueuse, les bacilles diminuent, finissent par disparaître et l’état général s’améliore.
Tels seraient les résultats de la tuberculine dans les cas heureux, mais ces cas, il faut le dire, ont été l 'extrême exception, et, après un grand nombre d’observations bien conduites, l’engouement du premier jour a fait place au plus profond discrédit.
A la suite des inoculations de tuberculine, on a vu survenir les accidents les plus graves et la mort; au nombre de ces accidents je signalerai, les méningites, l’endocardite, l’œdème de la glotte, l’œdème du poumon, des broncho-pneumonies, etc. A la suite des inoculations que j’ai tentées dans mon service avec la plus grande prudence, j’ai constaté la perforation de la membrane du tympan avec otite suppurée. Des résultats aussi funestes ont fait abandonner l’usage des injections de tuberculine dans le traitement de la tuberculose pulmonaire.
La commission des médecins de Saint-Louis1 qui pendant deux mois et demi a expérimenté la tuberculine sur 50 malades atteints de lupus, a conclu au rejet de la méthode de Koch dans le traitement de cette maladie : parfois on constatait, au début une certaine amélioration, une réduc-
1. Commission des médecins de l’hôpital Saint-Louis. Résultat de 50 observations de lupus traité par la lymphe de Koch. (Société do climatologie, 12 février 1891.)
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lion temporaire de la masse lupique et une atténuation momentanée de la lésion tuberculeuse, mais jamais on n’a obtenu la guérison. Dans le cours de ces expériences, on n'a heureusement perdu aucun malade, mais on a constaté des accidents très graves du côté du cœur, du cerveau et des reins, avec symptômes généraux des plus alarmants : on a réveillé dans quelques cas des foyers tuberculeux pulmonaires jusque-là latents, ell’on a eu beaucoup de peine à arrêter la. lésion qui avait été ravivée à l’état aigu.
Si l’action curative de la tuberculine de Koch paraît nulle, il n’en est pas de même de son pouvoir diagnostique : elle révèle les tares tuberculeuses les plus ignorées et les plus latentes. A ce point de vue elle a attiré l’attention des hygiénistes et elle est très employée en médecine vétérinaire pour le diagnostic précoce de la tuberculose dans la race bovine (Nocard)1.
Toutefois, on commence même à contester à la tuberculine sa spécificité diagnostique pour la tuberculose humaine. D’après MM. Straus etTeissier2, les lésions tuberculeuses ne sont pas les seules dans lesquelles la tuberculine joue un rôle important au point de vue du diagnostic ; les lésions syphilitiques, d’un diagnostic parfois si difficile, pourraient, elles aussi, être diagnostiquées par la tuberculine. Si ce fait se confirme, le pouvoir diagnostique de la tuberculine perd une partie de sa valeur, puisqu’il s’adresse à des lésions de nature absolument différentes.
La tuberculocidine. — Klebs, dans la tuberculine de Koch, a séparé les principes nuisibles, les alcaloïdes, du principe actif, qui est une albumose. Cette lymphe purifiée, la tuberculocidine, ne donne pas de réaction t fébrile, elle produirait la régression des tissus tuberculeux sans produire leur nécrose, enfin elle amènerait la