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Empis. De la granulie. Paris, 1S

MALADIES DU POUMOn.

et sur les feuillets de la plèvre. A la section, le poumon apparaît hérissé de granulations qui sont presque toutes jeunes, grises et demi-transparentes; celles qui sont plus âgées ont subi la dégénérescence de leur centre. Tandis que dans la tuberculose chronique (phthisie commune) le tubercule miliaire se développe surtout autour d’une bronchiole qui lui sert de centre de formation, dans la tuberculose aiguë les granulations grises se développent surtout autour des vaisseaux sanguins et lymphatiques, et la structure de la granulation est celle que j’ai décrite ailleurs.

2° Dans d’autres circonstances, les granulations tuberculeuses de la tuberculose aiguë n’évoluent pas isolément, elles sont accompagnées de congestion violente, de bronchite capillaire, de broncho-pneumonie, de pleurésie. Si la maladie a une certaine durée, les granulations tuberculeuses et les infdtrations broncho-pulmonaires ont déjà subi un commencement de ramollissement et de caséification.

5° Dans un grand nombre d’autopsies, on retrouve à la fois des poussées aiguës et tout à fait récentes de granulations tuberculeuses, avec une ancienne lésion tuberculeuse, un noyau caséeux de broncho-pneumonie tuberculeuse. C’est même sur les faits de ce genre qu’a été édifiée la théorie de Bühl, d’après laquelle les poussées de tuberculose aiguë, ne seraient que des lésions secondaires greffées sur la lésion chronique qui a favorisé leur développement.

Les faits d’infection secondaire, connus depuis Laënnec, sont en effet très fréquents; il méritent d’être pris en sérieuse considération, ils prouvent que tel individu frappé de tuberculose aiguë était déjà en puissance de l’infection tuberculeuse, puisqu’on trouve dans les poumons, dans l’encéphale1 ou dans d’autres organes, d’an-

1. Ces éruptions secondaires de tubercules avaient été signalées par Laënnec (voyez Lépine, thèse d’agrégation, 1872, p. 84).

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cicnnes lésions tuberculeuses qui avaient évolué silencieusement. On a cité des faits de tuberculose aiguë secondaire chez des gens primitivement affectés de tuberculose de l’oeil, d’infiltration tuberculeuse du rachis, d’infiltration tuberculeuse des ganglions lymphatiques, etc. ; ce qui n’empêche pas que la tuberculose aiguë peut se déclarer primitivement, ainsi qu’on l’a constaté dans bon nombre d’observations.

La tuberculose aiguë ne reste pas généralement limitée à l’appareil respiratoire : elle envahit souvent d’autres organes, elle se généralise à un grand nombre d’appareils, et mérite alors le nom de tuberculisation aiguë. Peu d’organes lui échappent : péritoine, méninges, péricarde, endocarde, synoviales, foie, rate, reins, choroïde, corps thyroïde, ganglions bronchiques et mésentériques, etc., sont envahis par les granulations tuberculeuses.

Les ganglions prennent rapidement un volume énorme, et c’est à ce développement rapide qu’il faut rapporter certains accidents tels que « la compression des bronches et les symptômes asphyxiques, la compression des artères mésentériques et la gangrène intestinale, la compression du canal cholédoque et l’ictère1 ».

Dans la tuberculose aiguë, les granulations tuberculeuses semblent prendre naissance de préférence dans le tissu vasculaire et lymphatique. On a constaté des formations tuberculeuses, cellules géantes et bacilles tuberculeux, dans la tunique interne des vaisseaux méningés, dans la fibrine qui oblitère les vaisseaux thrombosés par des tubercules; on les a constatées dans la membrane interne des veines pulmonaires (Mügge), dans la tunique interne de l’endocarde du cœur droit, dans les végétations de l’endocardite (Weigert), dans la paroi des veines, dans la tunique interne de la veine cave inférieure, dans le sang, dans la paroi du canal thoracique (Ponfick), dans la paroi des vaisseaux lymphatiques, en sorte que la tuberculose aiguë, ou les poussées de tuber-

1. Colin. Soc. méd. des hôp., 1875, p. 91, et Êtud. clin., p. 77

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cuiose aiguë « résultent, suivant toute vraisemblance, de l’entrée des bactéries dans la circulation générale des plasmas sanguin ou lymphatique1 ».

Description. — La tuberculose aiguë se présente sous des aspects si divers qu’on a essayé de classe^ ses formes principales en prenant pour base de classification tantôt la lésion anatomique, tantôt le symptôme prédominant. Bien que les différentes classifications proposées soient de pure fantaisie et peu d’accord avec les données de la clinique, je reconnais cependant qu’elles sont nécessaires pour une description de pathologie.

1° Il y a une forme catarrhale, aux allures bénignes, où la tuberculose aiguë, presque latente (Leudet), revêt les apparences d’une fièvre saisonnière avec quelques déterminations pulmonaires ou gastriques, et le malade est emporté rapidement par accès de suffocation ou par syncope, après une durée plus ou moins longue de cet état qui paraissait peu sérieux, et qu’on supposait être une bronchite ou une grippe. Ces formes latentes sont d’autant plus insidieuses qu’elles peuvent être apyrétiques ; j’en ai observé un cas l’an dernier à l’hôpital Necker.

2° La forme suffocante, que Graves2 nomme asphyxie tuberculeuse aiguë, et qui ressemble, dit Andral3 4, à un accès d’asthme aigu, est caractérisée par une dyspnée et par une asphyxie croissantes qui surviennent sans prodromes, ou du moins au milieu de symptômes insignifiants; il n’y a ni douleur, ni toux, ni expectoration; la fièvre est modérée, et l’auscultation ne dénote que des râles sans valeur. Cette forme, souvent accompagnée de congestion broncho-pulmonaire, peut emporter le malade en moins de quinze jours, en cinq jours (observation personnelle*), en quatre jours (Colin)5. Et si quelque chose

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