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CANCER DU POUMON

Étiologie. — Le cancer du poumon est primitif, ce qui est rare, ou secondaire, ce qui est l’usage.

Le cancer secondaire s’observe assez souvent à la suite du cancer du sein, ce cancer s’avançant jusqu’à la plèvre pariétale, et les lymphatiques sous-pleuraux transportant au poumon les cellules cancéreuses. Le mécanisme est le même pour la propagation des cancers du médiastin au poumon.

Le cancer du poumon est parfois consécutif au cancer des organes de l’abdomen, ganglions, estomac, intestin, foie, ovaire. La propagation du cancer de ces organes au poumon se fait par différents mécanismes1 : par embolies veineuses suivant le trajet de la veine porte, de la veine cave, du cœur droit et de l’artère pulmonaire ; par la voie des lymphatiques, le cancer atteignant le péritoine diaphragmatique, traversant le diaphragme au moyen des communications lymphatiques qui existent entre le péritoine et la plèvre, et envahissant la plèvre viscérale et le poumon. Quand le cancer pulmonaire est consécutif à un cancer des membres ou de la tète, la propagation se fait par voie veineuse.

Anatomie pathologique. — Le cancer pulmonaire est lobaire ou diffus : lobaire, il forme une masse volumi" neuse qui peut englober ou comprimer les organes voisins (trachée, œsophage, vaisseaux artériels et veineux); diffus, il est disséminé en noyaux dans la profondeur ou à la superficie de l’organe.

Le cancer lobaire est habituellement primitif et unilatéral. Le cancer diffus ou nodulaire est presque toujours secondaire et disséminé dans les deux poumons; les noyaux cancéreux sont superficiels (sous-pleuraux) ou 1. Girode. Lymphangite cancéreuse pleuro-pulmonaire. Arch. gèn, de médecine, janvier 1889.

MALADIES DE L’APPAREIL RESPIRATOIRE

profonds (intra-pulmonaires). Ces noyaux ont toutes les dimensions; on en voit qui ne sont pas plus volumineux que des têtes d’épingles, c’est la carcinose miliaire, qui n’est pas sans analogie avec la tuberculose. D’autres noyaux ont le volume d’un pois, d’une noix et au delà.

Le cancer primitif revêt presque toujours la forme encéphaloïde. Le cancer secondaire est la reproduction du cancer qui lui a donné naissance, squirrhe, cancer mélanique, cancer colloïde, cancer hématode, adénome (Marfan). La masse cancéreuse, dans son évolution, finit par se ramollir ; dans quelques cas on la trouve à l’état de pulpe sanguinolente dont l’élimination peut faire place à une caverne.

L’examen microscopique fait sur des coupes de poumon atteint de cancer primitif, montre les alvéoles encombrés de cellules sphériques ou polygonales à gros noyaux ovoïdes. Les parois alvéolaires sont habituellement normales, « il n’y a pas de stroma de nouvelle formation dans le carcinome du poumon, c’est la charpente fibreuse de cet organe qui en tient lieu4 ». L’origine épithéliale a été définitivement démontrée par Malassez ; le cancer naît de l’épithélium alvéolaire; reste à savoir si l’épithélium bronchique ou glandulaire ne pourrait pas lui donner naissance.

Tous les organes du médiastin, la trachée, les bronches, l’œsophage, le cœur, les gros vaisseaux, les nerfs, peuvent être envahis par le cancer pulmonaire. Les vaisseaux lymphatiques, les ganglions correspondants (cervicaux, axillaires), surtout les ganglions bronchiques, sont le siège d'inflammation simple ou de transformation cancéreuse8. La plèvre participe généralement au cancer pulmonaire : il en résulte une pleurésie dont le liquide est le plus souvent hémorrhagique, question qui sera traitée en détail au chapitre des Pleurésies hémorrhagiques.

Description. — Dans la description du cancer du poumon il faut distinguer les symptômes qui lui appartiennent

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