Corail et Ranvier. Man. d’Iiistol., p
2. Rechereh. sur les lympli. pulm. Troisier, thèse de Paris, 187A-
MALADIES DU POUMON
en propre, et les symptômes de voisinage qui appartiennent à l’envahissement cancéreux du médiastin et de la plèvre ; mais cette distinction est fort difficile, car il est rare que le cancer reste confiné au poumon sans atteindre la plèvre ou les ganglions du médiastin.
Les symptômes propres au cancer du poumon sont assez limités : le malade se plaint d’une douleur (point de côté avec ou sans irradiations) dont l’intensité est progressive; parfois la douleur est brachiale, cervicale, intercostale et même accompagnée de zona. La toux est un symptôme habituel. La dyspnée peut revêtir toutes les formes, elleest légère, intense, continue, paroxystique, avec ou sans cornage, ce qui tient à la multiplicité de ses causes; en effet, la compression de la trachée et des bronches, la compression des nerfs pneumogastrique et récurrent, les lésions de la plèvre, l’épanchement pleural, sont autant de causes de dyspnée.
Les hémoptysies sont assez fréquentes, et certains auteurs ont donné comme caractéristique une expectoration semblable à la gelée de groseille, formée de cra- I chats hématiques gélatineux, tremblotants, qui contien-
Bnent les éléments du cancer et des fibres élastiques du poumon. J’ai eu l’occasion de voir récemment un cas type de cette expectoration, avec le Dr Marcano, chez une malade atteinte de cancer pulmonaire, consécutif à un cancer du sein. Suivant que le cancer est lobaire ou diffus, la matité donne des renseignements plus ou moins précis, l’auscultation lait constater quelquefois du souffle et de la bronchophonie.
[Quand les ganglions bronchiques sont envahis par le can- ■ cer, on retrouve au complet les symptômes que nous étudierons avec les tumeurs du médiastin ; je me contente de È signaler ici quelques-uns de ces symptômes : la dyspnée
Î paroxystique ou intermittente (compression des nerfs pneumogastrique et phrénique), la toux souvent coqueluchoïde, c’est-à-dire analogue aux quintes de la coqueluche.
La masse cancéreuse peut encore déterminer la coin-
MALADIES DE L’APPAREIL RESPIRATOIRE
pression d’un nerf récurrent (dysphonie et spasmes de la glotte), la compression de l’oesophage (dysphagie), la compression des canaux veineux (œdème de la face et du cou, circulation supplémentaire).
Il arrive parfois qu’une pleurésie aiguë, subaiguë ou latente masque le développement du cancer pulmonaire; le malade ne se plaint que lorsque l’oppression due à l’épanchement ou à d’autres causes a pris de fortes proportions; on constate la pleurésie, on pratique la thoracentèse, on retire un liquide, le plus souvent hémorrhagique ; mais, en dépit de l’opération, la douleur, la toux et la dyspnée continuent. J’ai eu l’occasion de voir plusieurs cas analogues, un entre autres avecM. le docteur Auburtin; le malade avait un épanchement pleural considérable : je vidai, en quatre séances, 4 litres de liquide hémorrhagique; l’amélioration fut de courte durée, l’épanchement ne se reproduisit pas, mais le cancer pulmonaire continua son évolution. Nous verrons à l’un des chapitres suivants quelle est l’importance de ces pleurésies hémorrhagiques . cancéreuses.
Après une durée fort variable, de un mois à deux ans, le cancer se termine par la mort. La mort qui survient par dyspnée croissante et par asphyxie est atrocement douloureuse; nous en avons observé un cas avec M. Ver- • neuil; la morphine en injections est, en pareil cas, le seul palliatif efficace. La mort rapide et même la mort subite ont plusieurs fois été signalées. Dans d’autres cas, le malade meurt comme un asystolique, avec œdèmes • généralisés, cyanose, état comateux. Parfois survient une fièvre hectique qui termine la scène.
Le diagnostic du cancer pulmonaire présente de sérieuses difficultés, surtout quand le cancer est primitif quand il suit une marche aiguë1. On est tellement habitué à l’évolution lente des cancers, à la déchéance gra- • duelle de l’individu, à la teinte caractéristique de la peau
1. Du cancer pleuro-pulmonaire. Darolles. Thèse de Paris, 1877.
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que, lorsqu’un cancer suit une marche aiguë, le diagnostic est souvent en défaut. Cette marche aiguë n’est pas rare dans le cancer pulmonaire; un individu, au milieu d’une bonne santé, est pris d’accidents qu’on mettrait volontiers sur le compte d’une phthisie aiguë; il meurt en quelques semaines, et l’on trouve à l’autopsie un cancer pulmonaire.
Dans les cas douteux et incertains, il ne faut jamais omettre de rechercher si d’autres organes ne sont pas ou n’ont pas été cancéreux, s’il n’y a pas de nodosité cancéreuse sous-cutanée1, s’il n’existe pas un cancer du foie2, du rectum3, du testicule4, de l’utérus. Une opération subie par le malade, la présence d’une cicatrice (sein), peuvent mettre sur la voie du diagnostic. J’ai vu deux fois le cancer du poumon chez des malades opérés, l’un du testicule gauche, l’autre d’un ostéosarcome du genou5. Il faut aussi s’assurer de l’état des ganglions axillaires ou cervicaux correspondants, car ce témoignage des ganglions, cancéreux, bien qu’inconstant6, n’en est pas moins précieux quand il existe.