‹ Manuel de pathologie interne (volume 2)Chapitre 119 sur 292 · Jaccoud. Clin, méd., 1867, p · texte numérisé non relu

Jaccoud. Clin, méd., 1867, p

7. Poulalion. Les pierres du poumon, de la plèvre et des bioncher. Thèse de Paris, 1891.

MALADIES DE I/APPAREIL RESPIRATOIRE

vue histologique, les diviser en trois catégories : productions cartilagineuses ou cartilaginiformes, productions osseuses, productions calcaires proprement dites. On doit aussi différencier, les unes des autres, les productions et les métamorphoses qui se font dans l’épaisseur même des tissus broncho-pleuro-pulmonaires et qui constituent des concrétions parenchymateuses, cartilagineuses, osseuses ou calcaires, et les productions et métamorphoses qui se font à l’intérieur de cavités normales ou accidentelles de l’appareil respiratoire, qui sont toujours de nature calcaire et constituent les calculs proprement dits (broncholilhes).

a. Les productions cartilagineuses ou cartilaginiformes sont caractérisées par du tissu cartilagineux ou du tissu fibroïde très dense ; elles peuvent siéger dans les parois bronchiques, dans la plèvre, ou dans le tissu pulmonaire. Elles ont l’aspect des cartilages; elles sont résistantes, élastiques, blanchâtres, opalines, à reflets bleuâtres. Ces calculs peuvent avoir pour origine des cartilages trachéaux ou bronchiques, des enchondroses des cartilages trachéo-bronchiques d’origine inflammatoire (Virchow), des chondromes vrais du poumon.

b. Les productions osseuses sont caractérisées par l’existence d’ostéoplastes et par la présence de canaux de lia vers de nouvelle formation. Dans le poumon, l’ossification peut se présenter sous forme nodulaire, ou plus fréquemment sous forme de masse diffuse, irrégulièrement ramifiée. Ces calculs osseux ont pour origine, des cartilages bronchiques ossifiés (dilatation bronchique, phthisie pulmonaire), des ossifications de la muqueuse trachéo-bronchique, des ossifications pleurales développées dans la coque fibreuse d’anciennes pleurésies, ou enfin des ossifications pulmonaires formées dans des parois d’abcès et dans des scléroses tuberculeuses.

c. Les productions calcaires résultent de la calcificalion des divers tissu-* de l’appareil respiratoire, de leur incrus-

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talion par des granulations de phosphate tribasique de chaux et de carbonate de chaux. Elles sont dues à la sénilité, à une nécrose des tissus (Gübler), à une diathèse calcaire (Virchow, Talamon), ou même â un processus microbien (Galippe). Elles peuvent se produire dans les parois des bronches, dans la plèvre, dans l’épaisseur du parenchyme ganglionnaire ou pulmonaire. Quand elles se produisent dans les tissus sains, les granulations calcaires se déposent à l’intérieur du tissu par simple incrustation; quand au contraire le tissu ; est préalablement altéré, à chaque particule granulograisseuse ou caséeuse se substitue une granulation calcaire qui est parfois complète (concrétion calcaire), parfois incomplète, et formée de granulations calcaires et de particules graisseuses ou caséeuses (concrétion crétacée). Parmi les lésions pulmonaires susceptibles de subir la transformation calcaire, il faut citer en première ligne le tubercule caséeux bacillaire, puis les infarctus, les nodules broncho-pneumoniques, les abcès miliaires, les pseudo-tubercules de l’actynomycose, de l’aspergillus, enfin les kystes et tumeurs du poumon.

Le poumon peut ne contenir que quelques concrétions calcaires isolées, et c’est le cas pour les nodules caséeux de la tuberculose commune, en voie de cicatrisation et de guérison. D’autres fois, au contraire, les concrétions sont en nombre considérable dans le parenchyme pulmonaire, qui en est comme criblé; c’est une véritable granulose calcaire des poumons (Poulalion). j Les concrétions parenchymateuses peuvent s’immobii bser et rester latentes, mais dans d’autres cas, elles subissent un travail d’énucléation qui leur fait accomplir une migration dans les tissus, et qui se termine en général 1 par leur mise en liberté dans les voies aériennes

Les calculs intra-cavitaires, par leur formation et par : eur évolution, présentent la plus grande analogie avec l les calculs biliaires et urinaires : ils peuvent comme Ceux-ci avoir pour noyau d’origine des corps étrangers

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venus du dehors, ou des concrétions parenchymateuses mises en liberté : ils se forment dans les voies bronchiques ou dans des cavités accidentellement développées (cavernes).

Symptômes. — Dans certains cas la lithiase bronchopulmonaire, surtout dans ses formes parenchymateuses, peut évoluer à l’état latent, ne produire aucun trouble et n’être qu’une trouvaille d’autopsie : généralement il n’en est pas ainsi, et la présence de calculs dans les voies respiratoires produit des accidents analogues à ceux que produisent les calculs des voies biliaires ou urinaires. 11 existe de véritables crises de colique bronchique et pulmonaire.

Tantôt l’expulsion de la concrétion a lieu sans que le malade s’en aperçoive : il expectore le calcul en toussant; tantôt, au contraire, et c’était le cas chez le malade de mon service, cette expulsion est précédée de pesanteur, de dyspnée, de douleur, de constriction, d’angoisse, de sensation d’arrachement, soit à la région sternale, soit aux côtés de la poitrine. Ces douleurs sont presque toujours suivies d’une toux tenace et quinteuse, pendant laquelle le malade éprouve tout à coup une sensation brusque de déchirement au larynx, avec redoublement de son angoisse dyspnéique, suivie immédiatement de l’expulsion d’un corps dur qui vient buter contre la face postérieure des dents incisives. L’expectoration du calcul accomplie, la colique bronchique est terminée, et il n’est pas rare de voir céder aussitôt la toux et la douleur. Parfois on n’assiste qu’à une colique bronchique avortée; le malade éprouve en toussant une douloureuse sensation, un sentiment de corps étranger qui monte dans la trachée, puis qui redescend dans les bronches et dans le poumon. La durée de la crise est des plus variables : elle dure quelques instants, quelques heures, parfois 48 heures (Poulalion). La quantité des calculs rendus et leurs dimensions sont également fort variables; on a pu en compter jusqu’à 400, ils atteignent le volume d'une

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tête d’épingle, d’un grain de millet, d’une noisette et au delà.

L’expectoration de calculs bronchiques et pulmonaires s’accompagne souvent d ’hémophjsie, généralement peu abondante, quelquefois foudroyante : elle peut précéder de plusieurs jours l’expulsion du calcul, mais en général elle l’accompagne.

Parfois on observe de la fièvre, qui est due à des lésions inflammatoires de voisinage, ou à l’action du calcul sur la muqueuse altérée avec résorption consécutive de produits septiques. L’exploration du thorax, avant, pendant, ou après la crise calculeuse, ne donne le plus souvent que des renseignements insignifiants : on entend des râles de bronchite, et ce n’est qu’au cas d’obstruction d’une bronche volumineuse par une concrétion, que l’on peut constater au-dessous de l’obstacle une obscurité respiratoire plus ou moins étendue.

Il est des cas où la lithiase broncho-pulmonaire évolue dans le cours d’une tuberculose dont elle favorise parfois le développement.

Dans d’autres circonstances, l’évolution chronique de la lithiase simule la phthisie pulmonaire alors qu’il n’existe pas du tout de tuberculose : c’est la pseuclo-phthisie pulmonaire d’origine calculeuse (Poulalion). Pendant un temps plus ou moins long, le malade est pris d’une toux d’abord sèche, puis accompagnée de crachats muqueux ou mucopurulents. Ces symptômes s’aggravent : on constate souvent des signes d’induration, de congestion pulmonaire, de bronchite localisée et même des signes de petites : excavations. L’état général devient mauvais, avec amai- ! grissement et sueurs nocturnes. Les hémoptysies ne sont i pas rares. Mais l’attention est surtout attirée par la ; dyspnée et par la douleur : l’une et l’autre reviennent par accès plus ou moins intenses, jusqu’au jour où, dans i une crise de toux plus violente que les autres, le malade rend un calcul, avec ou sans hémoptysie. Dès lors tout s’améliore, d’une façon définitive quand il n’existe qu’un seul calcul; pour un temps seulement, quand il y a plu-

DIEl'LAFOY, PAT110I.. T. I.

sieurs calculs dont l’expulsion sera toujours précédée d’une période d’aggravation. Jamais, dans cette forme, on n’observe de bacilles de Koch à l’examen des crachats, i

La guérison est la règle quand il n’y a pas de complications. Au nombre de ces complications, je citerai : la bronchite aiguë, qui se termine en général favorablement, la pleuro-pneumonie, qui est souvent mortelle, les abcès du poumon, qui parfois donnent naissance à une vomique, ou qui aboutissent à la perforation de la plèvre et au pyopneumothorax. On a signalé la mort subite, due à l’obstruction d’une grosse bronche par un calcul (Tice).

Diagnostic. — Le diagnostic, avant l’expectoration du broncholithe, est presque impossible. La toux, la dyspnée, les douleurs thoraciques sont des signes absolument insuffisants, et il faut attendre le rejet du calcul. On devra rechercher alors si le malade est tuberculeux ou non, et si la concrétion expectorée est d’origine intra-parenchymateuse ou d’origine intra-cavitaire. L’examen des crachats au point de vue bacillaire, leur inoculation au cobaye, serviront à fixer le premier point ; quant au second, on l’établira par l’examen du calcul à la coupe et surtout par son examen histologique.

Le diagnostic différentiel sera fait avec des fragments osseux rendus par l’expectoration, mais ne venant pas de l'appareil respiratoire; avec des fragments de vertèbre dans un mal de Pott (Chenieux), avec un séquestre venu du larynx, avec des concrétions calcaires formées dans les ventricules du larynx (Pravaz), avec des concrétions des cryptes amygdaliennes, avec des rhinolilhes tombés dans l’arrière-gorge, enfin avec des corps étrangers introduits du dehors dans les poumons

Le pronostic de la pseudo-phthisie pulmonaire calculeuse est peu grave, quand le malade rend le corps étranger, cause de tous les accidents; mais, en dehors de toutes les complications signalées tout à l’heure, on doit tenir grand compte, dans le pronostic, de l’état d'in-

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fériorité dans lequel se trouve le poumon, et du développement possible et secondaire de la tuberculose.

Le traitement ne peut guère être que symptomatique l’intervention chirurgicale ne parait guère possible, en raison du manque d’indications précises sur le siège du calcul. Si l’on admet que la transformation calcaire des tubercules est favorable à leur guérison, on peut aider cette calcification par l’usage des phosphates solubles et par une alimentation végétale bien comprise.

g 18. KYSTES HYDATIQUES DU POUMON ET DE LA PLÈVRE.

Anatomie pathologique. — Comme fréquence, les kystes hydatiques du poumon viennent après les kystes hydatiques du foie; c’est dire qu’on les voit assez fréquemment. J’ai décrit en détail, à propos des kystes hydatiques du foie, l’histoire naturelle, la formation et l’évolution de l’hydatide; je n’y reviens pas et je me contente de signaler ici les particularités qui sont inhérentes

Ià l’hydatide du poumon.

Le kyste hydatique du poumon a pour siège de prédilection la base du poumon droit. Il est parfois associé à un kyste du foie.

IPour atteindre le poumon, l’embryon hexacanthe suit différents trajets. Il peut être aspiré comme une simple poussière et pénétrer directement dans les voies respi-

II ratoires; il peut être ingéré avec les aliments et les boisi sons, passer de l’intestin dans les veines du système | porte, traverser le foie, suivre les veines sus-hépatiques i et la veine cave, traverser le cœur et s’arrêter dans le 1 poumon. L’embryon pénètre peut-être par les veines | hémorrhoïdales, suit la honteuse, l'hypogastrique, atteint

tla veine cave inférieure sans passer par le foie (Chachereau), et chemine dans le cœur et dans le poumon. Dans

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le cas de coexistence d’hydatide du foie et du poumon, on peut se demander si l’embryon n’a pas migré directement de l’un à l’autre de ces organes.

L’enveloppe adventice des kystes hydatiques du poumon est très mince et très ténue ; elle peut même manquer complètement, ce qui expliquerait la facilité avec laquelle le kyste s’ouvre dans les bronches. Le kyste hydatique de la plèvre est absolument rare, à moins que la plèvre n’ait été envahie secondairement par le kyste pulmonaire. Je décrirai successivement les kystes hydatiques du poumon et de la plèvre. Commençons par les kystes hydatiques du poumon.

Description. — Le poumon est moins tolérant que le foie, aussi la période initiale du kyste pulmonaire, pé- ) riode pendant laquelle il commence à se développer, estelle rarement tout à fait silencieuse. Dans le foie, on voit des kystes qui évoluent pendant longtemps et qui atteignent de fortes proportions sans provoquer ni symptômes, ni accidents; le développement exagéré de l’hypochondre droit, est parfois le premier signe d’un kyste hépatique qui, jusque-là, était passé inaperçu. Dans le poumon, au contraire, il est exceptionnel que l’hydatide reste longtemps silencieuse, et même, elle peut trahir sa i présence dès la période de formation par des symptômes importants dont le plus saillant est l’hémoptysie. Analysons ces symptômes.

Période de début. — La toux sèche et quinteuse peut ! exister seule, pendant des semaines, avant tout autre symptôme. Elle est le résultat d’un réflexe, elle simule la toux de la tuberculose, avec cette différence toutefois, que la toux de la tuberculose est presque toujours suivie d'expectoration, pour si minime que soit cette expectoration.

La douleur est rarement vive dès la première période de l’hydatide pulmonaire, elle simule tantôt un point pleurétique, tantôt une névralgie intercostale; dans quelques cas, elle est tenace, avec irradiations multiples, au ( cou, à l’épaule, à l'épigastre.

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La dyspnée est un symptôme que nous retrouverons plus loin, à une phase avancée de l’hydalide, et au moment des complications; elle est rare à la période de formation de l’hydatide, elle est pourtant citée dans quelques observations.

L 'hémoptysie, voilà le grand symptôme qui, vu son importance et sa fréquence, doit nous arrêter longuement. Les hémoptysies, faibles ou fortes, plus ou moins répétées, jouent un grand rôle dans l’histoire de l’hydatide pulmonaire. Il y a des hémoptysies précoces, qui éclatent dès le début de la maladie, avant même tout autre symptôme, et il y a des hémoptysies tardives qui coïncident avec l'ouverture du kyste.

Les hémoptysies précoces, surviennent à titre de signe précurseur, ici, comme dans bon nombre d'affections pulmonaires. C’est même une chose remarquable que ce premier cri de révolte du poumon en face de l’envahisseur; peut-être c’est-il pour le poumon un moyen de défense; attaqué par l’ennemi, la phagocytose ne lui suffit pas, les vaisseaux se mettent de la partie, et dans une éjaculation sanguine, on dirait que le poumon cherche à se débarrasser de son adversaire; il y réussit quelquefois et l'hémoptysie n’ayant pas de suite, est alors classée, faute de mieux, sous la rubrique d’hémoptysie essentielle.

C’est à ces hémoptysies précoces que j’ai donné le nom d’hémoptysies de défense. Elles sont très fréquentes dans la tuberculose pulmonaire ; l’hémoptysie tuberculeuse, en effet, peut éclater dans le cours d’une santé en apparence excellente, avant tout autre symptôme, et à une époque où rien ne pourrait faire soupçonner la tuberculose; les parents qui ont été atteints d’hémoptysies, pourront engendrer des enfants tuberculeux, alors qu’eux, les parents, peuvent fort bien n’avoir eu comme témoin de leur tuberculose, que ces hémoptysies dont ils oni guéri sans aucun reliquat.

Nous retrouvons encore des hémoptysies précoces dans les fausses tuberculoses pulmonaires; je les ai plusieurs

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fois constatées chez les gaveurs de pigeons, atteints de celte tuberculose aspergillaire dont on a lu la description à l’un des chapitres précédents.

On observe également les hémoptysies précoces chez les gens qui ont des concrétions broncho pulmonaires, broncholites ou pneumolites, si bien que ces malades sont soupçonnés de tuberculose, jusqu’au jour où dans un effort douloureux de colique bronchique (Poulalion), ils rejettent leurs concrétions pierreuses.

Même remarque pour la syphilis pulmonaire, l’hémoptysie précoce pouvant survenir à titre de signe précurseur avant tout autre symptôme.

Eh bien, le kyste hydatique du poumon provoque, lui aussi, des hémoptysies précoces, ainsi qu’on en pourra juger par les quelques exemples suivants :

En 1892, un des élèves de mon service eut une hémoptysie dans le courant du mois de juin. Un peu inquiet, il ne dit rien et ne consulta personne. Quatre mois après, il se sentait fatigué, maigrissait et croyait être atteint de tuberculose. Et puis voilà que dix mois après son hémoptysie, il est pris de violentes quintes de toux, il sent une odeur infecte dans le nez, et il rend des membranes inuco-purulentes dans lesquelles il reconnaît une hydatide. L’hémoptysie précoce était survenue chez lui, dix mois auparavant la rupture du kyste.

Dans une observation publiée par Laveran1, il s’agit d’un homme de vingt-six ans, militaire réformé qui, jusqu’à la' fin du mois d’octobre 1890, s’était très bien porté. Il cultivait beaucoup l’escrime dans l’espoir de devenir prévôt. Dans les derniers jours d’octobre, pendant un assaut, il ressentit tout à coup une vive douleur dans la poitrine et il rendit du sang d’un rouge vif. L’hémoptysie fut abondante, le malade estimait qu’il avait rendu un verre de sang pur. Au bout de quelques jours, il reprit son service et recommença ses exercices d’escrime; mais il éprouva bientôt des douleurs des deux 1. Laveran. Médecine moderne , 4 février 1892.

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côtés de la poitrine, et il eut de nouvelles hémoptysies. Le 5 décembre 1890, il est envoyé à l’hôpital militaire de Beltort où le diagnostic de tuberculose pulmonaire est porté et où la réforme est prononcée. En avril 1891, on eut la raison de ces hémoptysies ; le malade cracha du pus en assez grande quantité avec des membranes d’hydatide. Voilà donc un individu, considéré à tort comme tuberculeux, et qui rendit son kyste hydatique sept mois après le premier crachement de sang.

Un étudiant en médecine, Marconnet, a publié sa propre observation1. Après les accidents d’une pleurésie, sur laquelle je reviendrai plus loin, le malade est pris, en avrd -1889, d’une légère hémoptysie. Les crachements sont aeres et teintés d’un beau sang rouge. Les médecins, à la fin d avril, constatent des signes de congestion et des râles crépitants au sommet droit. Pendant le mois de mai, le malade suit un traitement antituberculeux, vin de quinquina, vin creosoté, etc. IL est pris d’accès fébriles, puis il perd l appétit. Le 25 mai 1889, nouvelle hémoptysie. Enfin, apres une série d’accidents considérés par la plupart des

aPPartenant a Ia tuberculose, dans la nuit dulo ou 14 janvier 1890, neuf mois après la première emoptysie, pendant un fort accès de toux, le malade a a sensation qu’un corps étranger lui passe par la gorge,

de LlZh6 3U, m!heu de achats purulents un morceau de membrane hydatique de 4 à 5 centimètres carrés.

vvatelet ma fait part de l’observation suivante • Un homme dune quarantaine d’années est pris d’hémoptysies et se met a maigrir; on constate quelques râles dans

lnr.SCh,e V" à ,a ^culose. Ouata

suivies de l’ ’ 6f hemaPtysies reparaissent et sont suivies de expulsion de crachats fétides et d’une énorme membrane d’hydatide.

mois'avan^lvin6 Lfnd°U/y2 eut cin(I hémoptysies, trois ver ure de son kyste hydatique pulmo-

\ “arc°nnet. Progrès médical, i juillet 1891 1- Progrès médical, 1885 p. 507.

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naire. Ces hémoptysies étaient constituées par du sang rutilant, aéré, évalué chaque fois à un demi-verre. Cetle jeune femme avait été prise pour une tuberculeuse.

Fenger et Ilollister1 citent l’observation d’un malade qui, depuis douze ans, avait des hémoptysies. Il rendit plus tard son kyste hydatique par vomique; la pneumo- • tomie devint nécessaire; il guérit du môme coup de ses >j hémoptysies et de son hydatide.

Dans une observation rapportée par Delgrange, les ■ hémoptysies ont persisté pendant cinq mois, parfois lé- ! gères, parfois très abondantes2 3, chez un malade atteint d’hydatide pulmonaire.

Dans son admirable leçon sur les hydatides du pou- • mon, Trousseau5 a bien soin de dire que les hémoptysies • ont été notées dans presque toutes les observations ; d’hydatides du poumon et, entre autres exemples, il cite e cas de Mercier concernant un homme sujet depuis t plusieurs années à de fréquentes hémoptysies, bien qu’il 1 ne présentât d’ailleurs aucun signe de tuberculose; cet il homme fut pris subitement d’une douleur aiguë dans le côté droit; l’examen de la poitrine fit reconnaître un i hydro-pneumothorax et la mort survint rapidement. A l’autopsie, on trouva une hydatide pulmonaire ayant! donné lieu d’une part à une perforation de la plèvre, . d’autre part à l’ulcération d’une bronche.

Nous voici, je pense, suffisamment édifiés sur les hémoptysies précoces, qui accompagnent l’évolution de l’hydatide pulmonaire, nous aurons plus loin à étudier les • hémoptysies tardives, celles qui accompagnent la rupture du kyste.

Étudions maintenant un autre accident de l’hydatide, accident plus rare il est vrai, mais qui peut néanmoins survenir dès la première période, je veux parler de la pleurésie.

1. Thèse de Bezou sur les kystes hydatiques du poumon, Paris, ISSj-

2. Delgrange. De l’expectoration dans les kystes hydatiques pulmonaires. Thèse de Paris, 1879.

3. Trousseau. Hydatides du poumon. Clinique mcaicale, 1. 1, p. 7io.

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La pleurésie survenant au début de l’hvdatide pulmonaire est un fait important à connaître. Je ne parle pas bien entendu, de l’hydatide de la p.èvre, localisation extrêmement rare, comme nous le verrons plus loin; j« fais allusion à ces pleurésies qui se développent avec les apparences d’une pleurésie vulgaire, dès le début du

I kyste pulmonaire. Je ne sais pas exactement quelle en est la pathogénie, mais il est certain que la pleurésie peut ‘se développer au cas d’hydatide du poumon comme au cas d’hydalide du foie. En voici quelques exemples :

Un infirmier de mon service, qui avait été soigné pendant un mois pour une pleurésie dont il guérit, rendit quatre mois plus tard, par vomique, des crachats fétides et des membranes d’hydatide.

Marconnet, l’étudiant en médecine qui a rapporté sa propre observation, fut pris d’une pleurésie qui devança les autres symptômes de l’hydatide pulmonaire. « Les nombreuses pleurésies, dit Marconnet, dont je fus atteint pendant ma maladie, étaient assurément dues au kyste en formation. Elles étaient d’ailleurs si bizarres qu’elles déroutaient les médecins : les épanchements disparaissaient comme par enchantement. Si l’on admet que ma première pleurésie ait été primitive et qu’elle ait été non point l’effet, mais la cause de la localisation de l’hexacantlie, comment expliquer les pleurésies qui lui furent consécutives ? N’est-il pas plus rationnel de les considérer toutes comme causées par la présence du parasite ? »

Un autre étudiant en médecine, Chachereau1, qui a également rapporté sa propre observation d’hydatide pulmonaire, eut à l’âge de vingt-trois ans une pleurésie qui précéda l’apparition des autres symptômes du kyste. C’était à la fin de 1872, il fut atteint d’une pleurésie gauche à grand épanchement. Le docteur Léonardi qualifia son état de grave et pensa à la ponction. L’allure de cette pleurésie fut remarquablement insidieuse; le ma-

1. Chachereau. Kyste hydatique du poumon ; urticaire hydatique. Th. de Paris, 1881.

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lade n’entra à l’hôpital qu’après avoir consulté le docteur Léonardi deux fois, à plusieurs semaines d’intervalle, pour un affaiblissement lent et inexplicable qui, seul, appelait l’attention. Il ne toussa jamais, ne prit pas le lit et n’eut pas de fièvre. La marche de la maladie fut aussi simple que possible; l’épanchement se résorba avec rapidité, c’est plus tard que les autres symptômes de l’hydatide firent leur apparition.

Dès les premiers mois de sa formation^ l’hydatide pulmonaire peut susciter des symptômes généraux, la perte des forces, l’anorexie, l’amaigrissement, symptômes qu’on trouve signalés dans un assez grand nombre d’observations.

En résumé, on voit que dès sa première période, l’hydatide du poumon manifeste sa présence par des symptômes qui simulent à s'y méprendre la tuberculose pulmonaire. Un malade se présente à nous, ayant des hémoptysies, il nous dit que depuis quelque temps il tousse et il maigrit; il est bien naturel de supposer chez ce malade un début de tuberculose. Cependant il ne crache pas, les râles qu’on perçoit dans quelques cas, ne sont pas nettement localisés au sommet du poumon, la recherche des bacilles est négative, tout cela est vrai, et néanmoins, en face des hémoptysies répétées, en face de la toux, de l’anorexie, de l’amaigrissement, de poussées pleurétiques, on ne peut se défendre de l’idée d’une tuberculose commençante. Il suffit de relire les observations pour se convaincre que l’erreur a presque toujours été commise.

Évolution du kyste. — Après avoir étudié l’hydatide pulmonaire à ses débuts, suivons-la, maintenant, aux autres phases de son évolution. Si le kyste continue à s’accroître, s’il atteint les dimensions d’une tête de fœtus ou d’adulte, s’il se porte vers les parois du thorax, ces parois peuvent subir une déformation, une voussure. D’après la localisation du kyste, la voussure occupe les parties inférieure, latérale ou supérieure de la poitrine, elle simule, suivant le cas, une tumeur intra-thoracïque ou une pleurésie enkystée. Parfois même, le kyste s'il est

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très étendu peut simuler une pleurésie généralisée. Voici quelques exemples de ces diverses modalités :

Dans une observation de Moutard-Martin1 2, le malade, qui avait eu déjà de nombreuses hémoptysies, présentait une voussure de la partie latérale et inférieure du thprax, du coté gauche. Cette voussure remontait jusqu’au septième espace intercostal; dans toute cette région la matité était complète, Ls vibrations étaient abolies, et le murmure vésiculaire normal était remplacé par du souflle. Tout en faisant des réserves, on crut avoir affaire à une pleurésie enkystée, on pratiqua la thoracentèse et l’on reconnut qu’on avait ponctionné un kyste hydatique du poumon.

Le malade de l’observation de Danlos, présentait une déformation, une voussure de la partie inférieure latérale et postérieure du côté droit du thorax. Cette voussure remontait jusqu’au quatrième espace intercostal. A ce niveau les espaces intercostaux bombaient à l’extérieur; on percevait à la percussion une matité complète, et à l’auscultation on constatait l’abolition du murmure vésiculaire. Le malade avait un kyste hydatique du poumon.

Chez le malade dont l’observation a été rapportée par

BDîbove3 4, on retrouvait tous les signes d’un épanchement pleural enkysté du côté gauche : abolition des vibrations thoraciques, matité à la percussion, absence de mur- } mure vésiculaire, déviation du cœur. Il s’agissait d’une . hydatide pulmonaire.

5 Dans une observation de Landouzy*, la malade, qui avait eu de violentes hémoptysies, présentait une dilata tion du thorax du côté gauche avec une voussure au-dessous de la cla- I vieule; matité à la percussion, abolition des vibrations thog) raciques, souffle à l’auscultation, forte déviation du cœur, i®; La ponction justitia le diagnostic, on retira 3250 gram- | mes de liquide provenant d’un kyste hydatique pulmonaire,

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