TUBERCULOSE DES FOSSES NASALES
Description. — La tuberculose des fosses nasales n’esl pas absolument rare; sa fréquence relative est établie par
le tableau suivant* :
Langue
Pharynx
Voile du palais
Fosses nasales
La tuberculose des fosses nasales est primitive ou secondaire.
A. — La forme primitive, ou du moins paraissant primitive, est celle qui se localise aux fosses nasales indépen- 1. Cartaz. Gazette hebdomadaire, 1891, n* 18.
MALADIES DES FOSSES NASALES
damment de toute autre région. Elle a comme caractère presque constant de se développer sous forme d’excroissance, de champignon, de tumeur polypoïde, simulant le sarcome. Elle débute presque toujours par la cloison cartilagineuse, sous forme d’infiltration sous-muqueuse, la pituitaire pouvant rester intacte priant un temps assez long. Plus tard, la muqueuse s’ulcère et le tissu morbide fait hernie sous forme d’un champignon fongueux symétriquement placé dans les deux fosses nasales. Les deux narines sont alors en partie obstruées par ce tissu exubérant.
Le processus tuberculeux se fait par progression excentrique; au centre de la tumeur, ramollissement et élimination du tissu; autour delà tumeur, granulations jeunes. Quand l’évolution de la tuberculose nasale aboutit à la perforation de la cloison, les bords de la perforation sont formés de bourrelets saillants, fongueux, croùteux.
La marche de cette lésion tuberculeuse est lente, et non douloureuse. Les symptômes de début sont ceux d’un coryza chronique. Plus tard, quand le champignon fongueux est formé, il s’agit de faire le diagnostic avec le chancre syphilitique, et avec le sarcome. Le chance syphilitique a pour caractère d’être unilatéral, induré à sa base, et accompagné d’une adénite maxillaire précoce, il est rapide dans son évolution, tandis que la fongosité tuberculeuse est bilatérale, mollasse, et très lente dans son évolution.
Le diagnostic avec le sarcome, ou épithélio-sarcome, est cliniquement fort difficile; il faut rechercher avec soin le bacille de la tuberculose, et ce n’est parfois qu’après un grand nombre de préparations qu’on arrive à le découvrir.
Le diagnostic de la tuberculose nasale doit être fait également à la phase d’ulcération. Afin d’éviter les répétitions, qu’on veuille bien se reporter au chapitre précédent concernant la syphilis nasale.
B' — La tuberculose tecondaire des fosses nasales est
beaucoup plus fréquente que la tuberculose primitive. Elle survient dans le cours d’une phthisie pulmonaire ou d’une phthisie laryngée; elle peut accompagner également la tuberculose bucco-pharyngée. Cette tuberculose nasale secondaire affecte rarement les apparences polypoïdes et exubérantes de la tuberculose nasale primitive. Elle évolue sous forme d’ulcérations habituellement multiples, qui se localisent de préférence au vestibule du nez et à la partie antérieure du cornet inférieur. Les dimensions de ces uLcérations sont variables, leurs bords sont habituellement déchiquetés, leur fond est grisâtre, recouvert de sécrétion purulente ou de croûtes. Les bacilles, rares dans la forme primitive, sont très fréquents dans les ulcérations de la tuberculose secondaire. Ces ulcérations tuberculeuses sont généralement peu douloureuses, contrairement à la tuberculose bucco-pharyngée, qui détermine de si vives douleurs.
La tuberculose des fosses nasales n’a par elle-même aucune gravité. Dans quelques cas néanmoins elle a été le point de départ de méningite tuberculeuse.
Le traitement, qui est impuissant quand il s’agit d’ulcérations secondaires, peut agir avec efficacité quand il s’agit de la forme primitive. L’extirpation, la cautérisa tion, le raclage, les attouchements avec une solution concentrée d’acide lactique, paraissent être les moyens les plus efficaces.