‹ Manuel de pathologie interne (volume 2)Chapitre 145 sur 292 · Trousseau, Incu cilato, p · texte numérisé non relu

Trousseau, Incu cilato, p

MALADIES DE LA PLÈVRE

mort du fait de son épanchement pleural. Le malade de M. Netter était, lui aussi, si peu dyspnéique, qu’il était resté l’après-midi dans la cour de l’hôpital; il regagne son lit, il cause avec ses voisins, il se retourne pour dormir, et il meurt subitement sans angoisse, sans phrase, foudroyé pour ainsi dire par son épanchement pleural. Le malade dont parle M. Kelsch, ce soldat du 7” cuirassiers, avait si peu de dyspnée, qu’il continuait à faire son service. Il meurt subitement, causant avec ses camarades, au moment où il allait être dirigé sur l’hôpital du Val-de-Gràce.

Ils n’avaient point de dyspnée, les deux malades dont les observations ont été longuement rapportées par mes internes, MM. Binet et Legrand. L’un de ces malades se sentait si peu atteint, qu’il refuse la thoracentèse et demande qu’elle soit renvoyée à plus tard. Deux heures après, il mourait du fait de son épanchement pleural. L’autre malade était dans les mêmes conditions de bienêtre apparent, et lui aussi mourait subitement du fait de son épanchement.

Eh bien, après de tels enseignements, faut-il encore attendre la phase dyspnéique de la pleurésie pour prononcer l’urgence de la thoracentèse? Et ces catastrophes, nous ne les connaissons pas toutes, il s’en faut, la plupart ne sont pas publiées; j’ai pu en réunir quarante observations que j’ai fait connaître à l’Académie1; que serait-ce si l’on en pouvait dresser la liste complète !

En jetant un coup d’œil sur ces observations, on dirait qu’elles sont la plupart calquées les unes sur les autres ; on voit à chaque instant que le malade qui a succombé subitement, était atteint d’un épanchement qui ne déterminait chez lui qu’une dyspnée insignifiante, si insignifiante que, dans bien des cas, la thoracentèse était rejetée ou imprudemment renvoyée au lendemain.

Je pense donc, pour ma part, qu’il faut en finir, une

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