‹ Manuel de pathologie interne (volume 2)Chapitre 15 sur 292 · Trousseau. Clinique médicale, t. 1, p · texte numérisé non relu

Trousseau. Clinique médicale, t. 1, p

MALADIES DES FOSSES NASALES

malien vicieuse, cette béance des fosses nasales, facile à constater par la rhinoscopie, enlève au courant d’air expiré son intensité normale ; il en résulte que les matières sécrétées sont mal balayées, les mucosités sont stagnantes et des croûtes se forment. Dans ce milieu, qui est un milieu alcalin, se développe un micro-organisme spécial, un diplococcus volumineux, décrit par M. Lœwenberg, et qui, d’après cet auteur, serait l’agent spécifique de la fétidité de l’ozène1.

Ce rhino-bacillus est capsulé, on le trouve souvent en chaîne dans les préparations de mucus ozéneux et parfois en amas dans les préparations de culture pure. La puanteur de l’ozène serait due soit au microbe décrit par Lœwenberg, soit à la combinaison de ce microbe avec d’autres microbes du nez (Marano).

Le développement de l’ozène ne se fait pas toujours de la même manière; son évolution est plus ou moins rapide. L’ozène vrai, celui qui parait dû à une malformation congénitale du nez, se montre en général pendant la seconde enfance, au moment de l’accroissement des cavités nasales ; il met des mois et des années à se développer. La puanteur est variable suivant les sujets, elle est surtout forte au moment de l’expulsion des croûtes et des mucosités, et chez certains ozéneux elle revêt une telle intensité qu’une salle entière d’hôpital peut en être infectée. Comme l’odorat est perdu, l’ozéneux n’a pas conscience de la fétidité qu’il exhale, mais la répulsion qu’il fait éprouver à tous ceux qui l’entourent lui rend la vie intolérable. Les conséquences sociales de cette affection sont terribles : la vie en commun devient difficile, le mariage pour les jeunes filles est impossible, la tendance au suicide n’est pas rare. L’ozéneux a souvent un nasillement qui tient à la résonnance des sons vocaux dans les cavités nasales anormalement agrandies.

Le nez est fréquemment ensellé, le bout est relevé, l’orifice nasal est béant.

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