‹ Manuel de pathologie interne (volume 2)Chapitre 163 sur 292 · Netter. Société médicaU ics fiopitaux, 11 janvier 18S · texte numérisé non relu

Netter. Société médicaU ics fiopitaux, 11 janvier 18S

MALADIES DE L'APPAREIL RESPIRATOIRE

participe de la bénignité relative du pneumocoque, qui, on le sait, n’est pas doué d’une grande vitalité; après l'évacuation du liquide, le poumon reprend vite son ampliation. A ces pleurésies métapneumoniques on peut opposer efficacement, surtout chez les enfants, la simple aspiration du liquide, avec ou sans lavage antiseptique, l’opération de l’empyème peut souvent être évitée.

Dans quelques cas, la pleurésie purulente métapneumonique est plus grave, c’est quand il s’y joint une infection secondaire, c’est quand au pneumocoque s’associent d’autres organismes pyogènes, tels que les staphylocoques et les streptocoques.

Tout cela est vrai; il ne faudrait pas néanmoins avoir une trop grande confiance dans la bonne renommée du pneumocoque ; il y a des cas où, tout isolé qu’il est, sa virulence est aussi redoutable que celle des agents pyogènes les plus virulents. J’ai eu dans mon service un jeune garçon atteint d’une terrible pleurésie purulente avec gangrène et il n’a pas été possible de trouver un autre agent que le pneumocoque. Il m’est arrivé de traiter par la thoracentèse des pleurésies purulentes dont l’agent pathogène était exclusivement le pneumocoque; je pratiquais une première, une deuxième ponction, espérant, grâce à la bénignité proverbiale du pneumocoque, pouvoir éviter l’opération de l’empyème, mais la fièvre restant élevée et le liquide se reproduisant au milieu de symptômes généraux intenses, il fallait intervenir autrement, et pratiquer la thoracotomie, comme dans le cas de pleurésie purulente à streptocoque. Je me rappelle notamment deux cas de pleurésie purulenteexc!usivementpneumococcique,que je traitai sans succès par deux ponctions successives, et qui sur ma demande furent opérées avec succès, l’une par M. Terrier, l’autre par M. Berger. Je reconnais néanmoins que la pleurésie purulente à pneumocoque, surtout chez les enfants, peut céder à la simple tboracentèse, sans injection pleurale consécutive, sans opération de l’empyème.

Tout ce que je viens de dire concernant l’étude des

MALADIES DE LA PLÈVRE

pleurésies purulentes métapneumoniques peut s appliquer aux pleurésies purulentes pneuinococciques pi imitives, celles qui surviennent sans pneumonie préalable et qui sont tantôt purulentes, tantôt séro-fibrineuses.

L’étude des pleurésies purulentes métapneumoniques, dont je viens d’esquisser l’histoire, avait fait oubliei un peu les pleurésies pneumococciques précoces, celles dont l’épanchement évolue en même temps que la pneumonie. M. Lemoine1 vient de reprendre cette étude, il a eu l’heureuse idée de donner à ces pleurésies précoces le nom de parapneumoniques, pour les distinguer des pleurésies tardives, ou métapneumoniques. Il a constaté que les pleurésies parapneumoniques suppurent beaucoup moins souvent que les pleurésies métapneumoniques.

PLEURÉSIES PURULENTES A STAPHYLOCOQUES PYOGÈNES.

« Les staphylocoques pyogènes, qui jouent un rôle si important dans les suppurations du tissu cellulaire, des glandes et des os, n’occupent qu’un rang relativement assez infime dans l’étiologie des suppurations pleurales. )> (Netler). Plus souvent les staphylocoques sont associés aux autres microbes.

La rareté de la pleurésie purulente staphylococcique ne permet pas de retracer son histoire. Mais ce qui est important à savoir c’est que le staphylocoque a été constaté dans des épanchements séro-fibrineux et qui sont restés séro-fibrineux ; il a été trouvé également dans le liquide de pleurésies séro-fibrineuses qui sont devenues plus tard purulentes sans adjonction de nouveaux microbes. Ces pleurésies-là sont de celles qui ont servi à attribuer, bien à tort, à la thoracentèse, la transformation d’un épanchement séreux en épanchement purulent.

Les plaies, le traumatisme, sont susceptibles de provoquer des pleurésies purulentes à staphylocoque. Le sta-

t. Semaine médicale, 11 janvier 1893.

phylococcus aureus peut provenir d’une ostéomyélite, d’un anthrax, d’une amygdalite suppurée (Frænkel) 1 ; il envahit surtout la plèvre des gens qui offrent un terrain favorable à sa culture et qui sont déjà en proie à la fièvre typhoïde, à la scarlatine, au brightisme, au surmenage, etc. On ne trouve pas toujours la porte d’entrée du staphylocoque dans l’organisme, on peut se demander s’il n’y existait pas à l’état latent, attendant l’occasion favorable à son développement.

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