Revue de médecine, 10 février
MALADIES DE LA PLÈVRE
ayant l’apparence d’une émulsion; on diagnostique une pleurésie, on décide la thoracentèse, on croit faire la ponction d’un épanchement séro-fibrineux ou purulent, et l’on retire un liquide chyliforme. Ce liquide est sans odeur, il n’a aucune tendance à la coagulation, parce qu’il n’est pas fibrineux; placé dans une éprouvette, il ne se forme aucun dépôt à sa partie inférieure ; examiné au microscope, il ne présente que quelques leucocytes, mais il contient des cristaux de cholestérine et un grand nombre de fines granulations graisseuses solubles dans l’éther. Certains auteurs ont cru que les épanchements chyliformes de la plèvre étaient dus à la transformation graisseuse des leucocytes d’une pleurésie purulente (Guéneau de Mussy)1; il n’en est rien, car on trouve très peu de leucocytes au microscope, et puis le liquide qui se reforme dans la plèvre après la ponction, réparait d’emblée à l’état de liquide chyliforme, sans passer nullement par l’état de liquide purulent. Il faut également abandonner la théorie d’après laquelle ce liquide serait du chyle venu du canal thoracique-. Tout ce qu’on peut dire actuellement, c’est que le liquide est sécrété à l’état d’émulsion graisseuse et albumineuse.
Les causes de l’épanchement chyliforme de la plèvre sont en somme assez mal connues. La collection se forme et s’accroît lentement et insidieusement, à la façon des pleurésies subaiguës; elle est gênante par son abondance, elle déplace les organes, dévie le cœur, et aplatit le poumon; elle devient une cause d’oppression et de dyspnée; mais elle n’est pas accompagnée de ces symptômes généraux, fièvre, diarrhée, œdèmes, qui sont si fréquents dans les épanchements purulents.
L’épanchement chyliforme n'a aucune tendance à se résorber, le liquide ne se fraye pas une issue spontanée, par vomique, comme dans le cas 4e pleurésie purulente,