‹ Manuel de pathologie interne (volume 2)Chapitre 186 sur 292 · Viguier. Bull. Sec. anal., 1872, p · texte numérisé non relu

Viguier. Bull. Sec. anal., 1872, p

A. Hahn et Thomas. Rôle du thymus dans la pathog. des tumeurs du médiast. ( Arch . de méd., 1879, p. 525).

MALADIES DU MEDIASTIN.

Symptômes. — Outre les signes et les symptômes qui sont propres à la pathologie de chacun des organes du médiastin (cancer de l’œsophage, anévrysme de l’aorte, adénie, tuberculose ganglionnaire, etc.), il existe un certain nombre de signes qui sont communs à toutes les tumeurs et qui permettent de résumer en une vue d’ensemble la pathologie de la région médiastine *.

Ainsi, pour prendre un exemple, la compression d’une bronche, d’un tronc veineux ou d’un nerf récurrent, est toujours suivie des mêmes effets, qu’il s’agisse d’un anévrysme de l’aorte, d’une hypertrophie ganglionnaire, d’un lymphadénome ou d’une tumeur cancéreuse. Ces signes communs et ces symptômes uniformes sont presque tous le résultat de compressions exercées par les tumeurs sur les organes de la région médiastine. Les voici résumés dans l’énumération suivante :

a. Déformation de la région. — Cette déformation porte sur la région sternale; la première pièce du sternum est saillante et soulevée, ou bien la voussure prédomine aux articulations sterno-claviculaires ; parfois il y a usure des os, comme dans l’anévrysme de l’aorte, et la tumeur expansive prend la place du squelette. Quand la tuméfaction est due à des masses ganglionnaires (adénie, cancer), on retrouve souvent des ganglions en saillie dans le creux sus-claviculaire.

A la déformation thoracique se joignent d’autres signes ; la sonorité normale de la région a fait place à une matité dont l’étendue varie suivant le volume de la tumeur et peut se retrouver aussi en arrière dans la région interscapulaire (N. Guéneau de Mussy2). Le retentissement de la voix et la respiration bronchique sont des symptômes propres à l’altération des ganglions voisins de la trachée et des bronches, tandis qu’un double centre de battements accuse l’existence d’un anévrysme de l’aorte.

1. Dieulafoy. Art. Médiastin du Diction, mècl. et chirurg N. Guéneau de Mussy. Clin, méd., 1. 1, p. S66.

Quand la maladie est de longue date, la rétraction de la paroi thoracique, qu’on a quelquefois observée, est probablement due à la compression d’une grosse bronche et au fonctionnement incomplet du poumon.

b. Compression des vaisseaux artériels et veineux. — C’est là une des conséquences les plus fréquentes des tumeurs du médiastin. « Les artères et les veines bronchiques peuvent être comprimées par les ganglions susbronchiques et inter-trachéo-bronchiques, les troncs veineux brachio-céphaliques et les branches de la crosse de l’aorte par les ganglions rétro-sterno-claviculaires. » (Baréty1.)

Les vaisseaux artériels, plus résistants, échappent mieux à la compression que les vaisseaux veineux, et il n’est pas rare de voir un anévrysme de l’aorte ou une masse ganglionnaire comprimer la veine cave supérieure, la grande veine azygos, le tronc veineux brachio-céphalique. Quand la veine cave supérieure est comprimée, l’arrivée du sang par cette voie dans l’oreillette droite est difficile ou impossible; il en résulte une stase sanguine dans tous les départements qui déversent leur sang dans les affluents de la veine cave supérieure, c’est-à-dire dans la tête, dans les membres supérieurs et dans la partie supérieure du thorax.

A la suite de cette stase sanguine on voit apparaître la dilatation de veinules sous-cutanées qui normalement sont à peine apparentes; des réseaux bleuâtres se montrent sur le thorax, sur les épaules, sur les bras, etc. ; les veines jugulaires sont dilatées. Cette stase veineuse est suivie de la formation d’une circulation collatérale ou complémentaire, c’est-à-dire que le sang, qui régulièrement se déverse dans l’oreillette droite par la veine cave supérieure, suit maintenant une voie détournée, et cherche à atteindre le même but par la veine cave inférieure. Cette voie détournée, le sang la traverse au moyen

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