Peter. Cliniq. méd., t.I, p
2. Contribut. à l’hUtol. norm. et path. de la tunique int. de* artères et de l’endocard. (Arch. de phys., 1868.)
MALADIES DE L’APPAREIL CIRCULATOIRE
dont les bords sont tuméfiés, épaissis et fortement vascularisés, alors qu’à l’état normal les vaisseaux capillaires sont des plus rares. Ces vaisseaux sont atteints d’endartérite, et leur lumière est à peu près obstruée1.
C’est dans la couche à cellules aplaties que se développent les altérations de l’endocardite aiguë; c’est souvent sous l’influence de micro-organismes que les éléments embryonnaires prolifèrent et s’agglomèrent sous forme de granulations, granulations si petites et si nombreuses qu’elles donnent à l’endocarde un aspect dépoli et chagriné. Ces granulations, qu’on avait prises d’abord pour de simples agglomérations fibrineuses, sont en réalité constituées par un tissu embryonnaire de nouvelle formation, recouvert d’une mince couche de fibrine; elles sont friables, molles et transparentes à l’état aigu; quelques-unes ont à leur centre des vaisseaux en voie de formation. Les granulations peuvent envahir d’assez grandes surfaces de l’endocarde pariétal, ventriculaire, ou auriculaire, mais elles se localisent, de préférence, à une petite distance du bord libre des valvules, où elles forment une ligne onduleuse mamelonnée
Parfois, les granulations acquièrent le volume d'une tête d’épingle ou d’un pois; elles sont villeuses, filamenteuses, nummulaires, verruqueuses ou framboisées, et elles entourent les valvules à la façon d’une guirlande. Ces végétations peuvent devenir une source d 'embolies; détachées par le courant sanguin, elles sont transportées dans toutes les directions (embolies du cerveau, de la rate, du rein, etc.); mais ces complications, que nous allons étudier longuement au chapitre suivant, au sujet des endocardites emboligènes, végétantes, ulcéreuses, ces complications ne doivent pas trouver leur place ici, puisque nous n’avons en vue, pour le moment, que l’endocardite simple, vulgaire, bénigne.
1. Martin. Palhogénie des endocardites. (Revue de médecine, février 1885.)
MALADIES DE L’ENDOCARDE
Description. — Les phénomènes d 'invasion de l’endocardite simple aiguë, n’existent pour ainsi dire pas; il n y a ni frissons, ni dyspnée, ni palpitations, ou du moins ces symptômes sont si peu accusés que, chez un malade atteint de rhumatisme articulaire, l’endocardite passe inaperçue, si l’on n’a pas soin d’ausculter le cœur tous les jours.
L’endocardite valvulaire se trahit à l’auscultation par des bruits àe souffle qui sont en rapport avec le siège de la lésion, bruits de souffle que nous étudierons en détail au chapitre des lésions valvulaires. Tous les orifices du cœur peuvent être le siège de l’endocardite rhumatismale, qu’il suffise de dire, pour le moment, que c’est l’orifice mitral qui est plus généralement atteint, puis vient l’orifice aortique. Le bruit de souffle qui caractérise l’endocardite mitrale, s’entend à la pointe du cœur, c’està-dire au-dessous et en dehors du mamelon, ce souffle, doux et léger, est presque toujours systolique, l’insuffisance mitrale étant la règle, et le rétrécissement l’exception, à la période aiguë de l’endocardite (Bouillaud) La durée de l’endocardite rhumatismale ne dépasse guère deux ou trois semaines : après ce terme, elle entre en résolution et le souffle disparaît, ou bien elle persiste indéfiniment, elle passe à l’état chronique et le souffle persiste.
Les endocardites qui sont consécutives à un certain nombre de maladies infectieuses, érysipèle, oreillons, érythème noueux, etc., peuvent disparaître et guérir saiS laisser de traces. Mais qu’on ne s’y fie pas : tel malade, un scarlatineux, surtout un rhumatisant, qu’on supposerait guéri parce que le souffle cardiaque a disparu, peut rester sous le coup d’une endocardite chronique dont l’évolution sera latente; le processus morbide n’est pas éteint, il va transformer lentement, insidieusement, les tissus qu’il a frappés, et il va créer des lésions souvent irrémédiables qui ne se révéleront parfois que bien des années plus tard. L’endocardite simple aiguë ne pué-
MALADIES DE L'APPAREIL CIRCULATOIRE
sente donc aucun danger immédiat, mais sa gravité vient des lésions valvulaires chroniques qui si souvent lui succèdent.
Les émissions sanguines locales, les sangsues, les ven tomes scarifiées, les révulsifs à la région précordiale (vé sicatoires) et les préparations de digitale forment la ba^e du traitement. Mais là ne se borne pas la médication : il ne faut jamais perdre de vue le passage si fréquent de l’état aigu à l’état chronique ; aussi les révulsifs, les pointes de feu, le cautère suppuré, doivent être continués longtemps encore, au cas où l’endocardite avait laissé quelques traces.
ENDOCARDITE VÉGÉTANTE. ENDOCARDITE ULCÉREUSE. ENDOCAR- DITES INFECTIEUSES, INFECTANTES, MALIGNES. ENDOCARDITE
EMBOLIGÈNE.
Pathogénie. — L’endocardite simple aiguë, celle que je viens de décrire, n’a pas de gravité immédiate : elle n’est redoutable que pour l’avenir, à cause des lésions valvulaires chroniques qui en sont trop souvent la conséquence. Mais il existe une autre forme d’endocardite aiguë, tour à tour nommée typhoïde (Bouillaud1), ulcéreuse (Senhouse Kirkes2), infectieuse (Jaccoud3), infectante, maligne, qui, dès son apparition, ou dans le cours de son évolution, peut revêtir les allures des états typhoïdes et des maladies septiques, et qui se termine assez souvent par la mort.
Nous savons aujourd’hui qu’il n’y a pas « une endocardite infectieuse », mais bien « des endocardites infectieuses », dont nous allons étudier, d’abord, la pathogénie et l’étiologie.
Les discussions concernant la pathogénie de ces endo-