LÉSIONS VALVULAIRES DU CŒUR
Aperçu général. — Que l’endocardite soit d’origine microbienne comme la plupart des endocardites aiguës et comme beaucoup d’endocardites chroniques, qu’elle soit consécutive aux lésions athéromateuses de la goutte, de la vieillesse, comme quelques endocardites chroniques, la lésion endocardilique imprime aux orifices du cœur des altérations transitoires ou permanentes qui constituent des insuffisances et des rétrécissements*. On dit qu’il y a rétrécissement d’un orifice lorsque cet orifice, qui doit
1. Voy. les développements donnés à cette étiologie par Peter, Leçons de clinique médicale, t. I.
2. l’arrot. Art. Cœur du l)ict. des sc. méd. — Bucquoy. Leçons clin, sur les mal. du cœur. — Ilucliard. Mal. du cœur et des vaiss., 1SS9.
MALADIES DE L'APPAREIL CIRCULATOIRE
laisser passer à chaque révolution cardiaque une quantité de sang égale à 10, je suppose, n’en laisse plus passer qu’une quantité égale à 7, à 5, et moins encore. On dit qu’il y a insuffisance, lorsque les valvules, qui, normalement, oblitèrent un orifice, afin de s’opposer à la marche rétrograde du sang, n’obturent plus suffisamment cet orifice, ne jouent plus efficacement le rôle de soupape, et permettent à l’ondée sanguine de revenir sur ses pas. Les quatre orifices du cœur (artériels et auriculo-ventriculaires) peuvent être intéressés, mais ceux du cœur gauche le sont bien plus souvent que ceux du cœur droit. Les deux altérations, le rétrécissement et l’insuffisance, sont souvent combinées dans un même orifice; néanmoins chacune d’elles peut se montrer isolée. Cette dissociation existe surtout pour les insuffisances dues à des causes mécaniques : ainsi l’ectasie du ventricule droit entraîne avec elle la dilatation de l’orifice tricuspide et l'insuffisance de ses valvules, de même que l’ectasie de l’aorte peut entraîner avec elle la dilatation de l’orifice et l’insuffisance des valvules sigmoïdes.
D’ailleurs, quel que soit le mécanisme de la lésion, et quel que soit l’orifice lésé, du moment que la distribution des ondées sanguines n’est plus régulière, du moment qu’une des pièces du rouage cardiaque est altérée, toute la circulation en éprouve le contre-coup. Il est vrai que ce contre-coup se fait sentir plus ou moins tardivement, suivant l'orifice lésé et suivant l’efficacité de la compensation, mais le résultat final est le même et, comme le dit fort bien M. Jaccoud1, les lésions valvulaires élèvent la pression dans les veines, elles l’abaissent dans les artères, ce qui revient à dire qu’elles finissent par déterminer des congestions passives, des œdèmes, des hydropisies, des thromboses, des hémorrhagies, avec tout le cortège des troubles fonctionnels dus à ces lésions.
Toutefois les lésions valvulaires du cœur peuvent être neutralisées pour un temps, quelquefois même pour très