Peter. Clin, médic. t. I, p
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MALADIES DE L'APPAREIL CIRCULATOIRE
tion (Peter). La lésion hépatique se traduit par une augmentation de volume de l’organe, avec douleurs parfois très vives à l'hypochondre, teinte subictérique, épistaxis. Le foie cardiaque est souvent accompagné d’ascite. Ces lésions hépatiques sont dominantes chez les cardiaques qui sont en même temps des alcooliques.
La congestion gastro-intestinale provoque des troubles dyspeptiques (estomac cardiaque), avec digestion pénible, pesanteur d’estomac, tendance au sommeil.
La congestion des reins se traduit par des urines rares, sédimenteuses, albumineuses (rein cardiaque) ; lésions qui n’aboutissent pas à la maladie de Brighl.
La congestion de l 'encéphale et le défaut d’oxygénation du bulbe produisent l’insomnie (Peler), le délire nocturne, l’excitation maniaque (M. Raynaud), les convulsions*.
Tels sont les lésions et les symptômes de la maladie mitrale; ils ont généralement une marche lente et envahissante, qui peut durer bien des années avant de mettre la vie du malade en danger. Parfois, même, la prédominance de tel ou tel symptôme, la prédominance des troubles pulmonaires, hépatiques ou gastriques, masque pour un temps la véritable cause du mal. Mais il arrive un moment où le muscle cardiaque fatigué ou altéré n’est plus capable de lutter efficacement contre les obstacles accumulés à la périphérie (œdèmes et congestions), il arrive même un moment où la maladie n’est plus limitée au cœur, chaque organe est atteint pour son compte, l’organisme entier est envahi. Cette marche ascendante est interrompue par des périodes d ’asystolie, >t le malade, très rarement emporté par la mort subite (contrairement à l'insuffisance aortique), arrive, à la longue, au dernier terme de la cachexie cardiaque.
L’embolie cérébrale est une complication qui peut survenir à toutes les périodes de la maladie mitrale; elle est lavorisée par le rétrécissement, plus que par l’insuffisance.
1. Hirtz. Manifest. cérélir. dans les affect, card. Th. de Taris, 1S77.
MALADIES DE L'ENDOCARDE.
elle provoque des troubles, ramollissement cérébral, hémiplégie droite, aphasie, etc., qui seront étudiés au chapitre de l’embolie cérébrale. Dans quelques cas, l’embolie suit un autre trajet elle oblitère les artères périphériques des membres1 2 et peut produire la gangrène.
La description précédente concerne la maladie mitrale, prise en bloc, c’est-à-dire, à la double lésion mitrale, insuffisance et rétrécissement. Les troubles fonctionnels de l’insuffisance mitrale s’adressent, en effet, à quelques nuances près, au rétrécissement mitral; c’est donc l’auscultation du cœur qui doit différencier ces deux lésions.
Toutefois, il y a une variété de rétrécissement mitral pur, qui mérite une description à part. La variété de rétrécissement mitral pur à laquelle je fais allusion est beaucoup plus fréquente chez la femme que chez l’homme. On l’observe chez la jeune fille et chez la jeune femme. Il est indépendant du rhumatisme et indépendant des autres causes qui créent habituellement l’endocardite*. Ce rétrécissement s’associe parfois à la chlorose, aussi a-t-on voulu en faire une lésion d’évolution, une aplasie, analogue à la sténose de l’aorte et des artères qui pour quelques auteurs seraient la caractéristique anatomique de la chlorose. M. Potain3, sur 55 cas de rétrécissement mitral pur, avec autopsie, a constaté 9 fois la tuberculose pulmonaire. Quelles qu’en soient la genèse et la pathogénie, ce rétrécissement détermine si peu de troubles fonctionnels qu’il peut pendant bien des années passer inaperçu, mais il n’en est pas moins redoutable, car il ' est fréquemment accompagné d’embolie cérébrale avec hémiplégie et aphasie. M. Duroziez a fait à ce sujet un travail fort intéressant*.
Examen du cœur et du pouls. — Chez le malade atteint de maladie mitrale, la pointe du cœur est déplacée