Gazette hebdomadaire, 12 septembre
i. Duroziez. Du rétrécissement mitral pur (Archives de médec., 1877),
MALADIES DE L’APPAREIL CIRCULATOIRE
à cause de l’hypertrophie cardiaque, elle bat dans le sixième ou septième espace intercostal, en dehors du mamelon. La voussure et la matité précordiales sont moins étendues avec les lésions mitrales qu’avec les lésions aor tiques, parce que l’hypertrophie du cœur droit qni est lé résultat des lésions mitrales, est moins considérable que l’hypertrophie du cœur gauche qui est le résultat des lésions aortiques. La main légèrement appliquée sur la région du cœur perçoit souvent un frémissement cataire systolique. Le pouls est petit, parce que la lésion mitrale diminue le volume de l’ondée sanguine chassée dans l’aorte; il est inégal et irrégulier, parce que les contractions du ventricule gauche n’ont pas toutes une égale énergie et ne se suivent pas à intervalles égaux, consécutivement à l’altération musculaire du cœur (Stokes *) et peut-être aussi consécutivement à la perturbation apportée à l’innervation cardiaque (Peter). Ces caractères pathologiques du pouls se retrouvent au sphygmographe.
L’arythmie cardiaque, perceptible au palper et à l’auscultation (G. Sée)1 2, est donc caractérisée par des battements inégaux, irréguliers, intermittents. Cette arythmie ne se montre qu’à une période déjà assez avancée de la maladie mitrale; elle est parfois excessive; c’est une sorte d’ataxie du cœur. On a divisé les intermittences en vraies et fausses. L’intermittence vraie est celle qui se traduit à la fois au pouls et au cœur, la pulsation artérielle faisant défaut parce que la systole ventriculaire a manqué. L’intermittence qu’on nomme fausse serait mieux nommée incomplète : la systole cardiaque persiste, mais elle est trop faible pour lancer une ondée sanguine suffisante, et la pulsation artérielle fait défaut; c’est ce que M. Bouillaud appellait un faux pas du cœur. Ces intermittences
1. Ici, comme ailleurs, Stokes cherche à donner à l'altération de la fibre musculaire du cœur un rôle qu’on avait trop négligé avant lui, et qui est aussi important que les lésions valvulaires. (Stokes. Traité des mal. du cœur et de l'aorte. Trad. de Sénac, p. 176.)