Polain. Clinique médicale de la Charité, 1891, p
MALADIES DE L’APPAREIL CIRCULATOIRE
les vaisseaux pulmonaires. La coexistence de l’insuffisance et du rétrécissement est signalée par la présence simul tanée des signes indiqués avec chacune de ces lésions.
Parfois, à l’auscultation d’un malade qui présente des symptômes d’une maladie mitrale, on ne perçoit à l’auscultation aucun bruit morbide, et les signes physiques de la lésion ne se révèlent que par une perturbation du rythme cardiaque; il faut admettre en pareil cas que les lésions de myocardite sont dominantes et que la lésion d’orifice est presque nulle ou reléguée au second plan
Diagnostic. — Pronostic. — Je répète ce que j’ai dit à l’un des chapitres précédents, en décrivant les lésions valvulaires en général : La présence d’un souffle ou d’un dédoublement, constaté à l’auscultation du cœur ne suffit pas pour affirmer l’existence d’une lésion mitrale. Il y a des dédoublements qui n’ont rien à voir avec une lésion d’orifice; tels sont les dédoublements normaux « résultant des changements transitoires que les mouvements de la respiration impriment à la pression du sang contenu dans le cœur et dans les gros vaisseaux » (Potain). Il y a des souffles qui n’ont rien à voir avec une lésion d’orifice; tels sont les bruits de souffle d’origine chloro-anémique, les bruits de souffle fébriles, et les bruits soufflants d’origine extra-cardiaque si bien étudiés par M. Potain. On a dit que le bruit de souffle de l’insuffisance mitrale se distingue des autres souffles cardiaques non organiques, en ce que, seul, il est perçu en arrière, dans la région qui s’étend du bord interne de l’omoplate à l’épine dorsale; cela est vrai pour le souffle mitral d’une certaine intensité, mais ce signe distinctif perd sa valeur quand le souffle mitral est léger.
La description de la maladie mitrale dit assez quelle est la gravité du pronostic ; l’insuffisance pure et le rétrécissement pur sont moins graves que si les deux lésions sont réunies.
Les maladies intercurrentes, la fièvre typhoïde, les fièvres éruptives, la grippe, les pneumonies, peuvent avoir une mauvaise influence sur la lésion mitrale: elles peu-
MALADIES DE L’ENDOCARDE.
vent y greffer des infections secondaires parfois terribles. Je rappelle du reste ici ce que j’ai dit au sujet des endocardites infectieuses, c’est que ces endocardites infectieuses surviennent principalement chez les sujets dont les valvules antérieurement altérées présentaient déjà un locus minoris resistentiæ. Les excès, les fatigues, les préoccupations, les grossesses 1, ont un déplorable effet sur les maladies du cœur. C’est le moment de rappeler la phrase de Peter relativement aux femmes atteintes de lésions cardiaques : « filles, pas de mariage; femmes, pas de grossesse; mères, pas d’allaitement ».
Traitement. — Le traitement des lésions valvulaires en général, et des lésions mitrales en particulier, ne s’adresse pour ainsi dire pas à la lésion de l’orifice ou des valvules, il s’adresse aux accidents qui sont déterminés par ces lésions d’orifices et de valvules, il s’adresse aussi aux altérations concomitantes du myocarde. Je n’ai à m’occuper dans ce chapitre que du « traitement des maladies du cœur » proprement dites, le traitement des lésions et des troubles cardio-aortiques, sera fait au chapitre concernant les lésions de l’orifice aortique.
Nous venons de voir, en étudiant la maladie mitrale, que les symptômes consécutifs à la lésion mitrale, n’apparaissent que lorsque le muscle cardiaque est fatigué, lésé, surmené. Tant que le muscle cardiaque est capable de faire face au danger, tant que la compensation est suffisante, tout va bien, ou à peu près bien, mais quand la compensation faiblit, alors apparaissent des accidents qui ont presque tous une origine périphérique : la stase sanguine et les œdèmes.
Sous l’influence des lésions valvulaires mal compensées, la pression s’abaisse dans le système cardio-artériel, elle s’élève dans le système veineux de la petite et de la grande circulation. Alors apparaissent les stases veineuses et les œdèmes, stases veineuses du poumon, du