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MALADIES DE L'APPAREIL CIRCULATOIRE
rein, du foie, du cerveau, etc. ; œdèmes du tissu cellulaire périphérique et du tissu cellulaire des cavités splanchniques, œdèmes des organes susceptibles de se laisser infiltrer (poumon, cerveau), œdème et hydropisie des cavités séreuses, (plèvre, péricarde, péritoine, méninges). La tendance des maladies du cœur est donc de transformer le cardiaque en une sorte d’éponge, ses organes sont imbibés de sang qui circule mal, son tissu conjonctif est imbibé de sérosité. Dans un tel milieu, les éléments anatomiques et les organes perdent une partie de leurs fondions.
Que la maladie valvulo-cardiaque se révèle par des symptômes de faible intensité, légère oppression, œdème malléolaire, palpitations, qu’elle se traduise par des accidents plus graves, accès de dyspnée, orthopnée croissante, troubles hépatiques, oligurie, anasarque, arythmie, qu’elle en arrive enfin à produire les terribles symptômes dont l'ensemble constitue l’asystolie, les indications thérapeutiques sont les mêmes; reste à savoir quels sont les médicaments les plus aptes à répondre à ces indications thérapeutiques.
Que disent la plupart des auteurs qui se sont occupés de cette question? Ils disent : Puisque les accidents des maladies de cœur viennent d’un épuisement, d’une déchéance du muscle cardiaque, d’un abaissement de la tension artérielle, réveillez la tonicité et la contractilité de ce muscle cardiaque, et du même coup vous élèverez la pression artérielle; pour cela, ayez recours aux médicaments toni-cardiaques. De plus, comme l’abaissement de la pression artérielle entraîne l’élévation de la tension veineuse avec toutes ses conséquences, œdèmes et congestions, abaissez cette tension veineuse, et pour cela ayez recours aux saignées, aux purgatifs, aux diurétiques.
On a dressé le tableau de ces médicaments toni-cardiaques et diurétiques. M. Sée, qui à plusieurs reprises s’est occupé de cette question avec une compétence
MALADIES DE L’ENDOCARDE.
exceptionnelle, M. Sée, dans une série de publications, a étudié ces médicaments cardiaques et avec eux, la thérapeutique physiologique du cœur1. Dans une classification empruntée presque entière à M. Sée2, les médicaments cardiaques peuvent être rangés dans les groupes suivants :
Médicaments toni-cardiaques. — Strophantus, strophantine, spartéine.
Médicaments toni-cardiaques et diurétiques. — Digitale, digitaline, convallaria maialis, convallamarine.
Médicaments diurétiques. — Caféine, théobromine, sels de potasse, lactose, vins diurétiques.
Médicaments respiratoires. — Iodure de potassium, morphine.
Eh bien, en face d’un cardiaque, qui est en proie à l’arythmie, à la dyspnée et aux œdèmes, en face d’un cardiaque qui est voisin de l’asystolie, ou qui est même en pleine asystolie, à quel médicament faut-il donner la préférence et d’après quelles indications faut-il agir? La strophantine est-elle supérieure à la spartéine, la spartéine est-elle supérieure à la digitale, et cette dernière n’est-elle pas inférieure à la digitaline? La théobromine est-elle supérieure à la caféine et la caféine est-elle supérieure à la convallamarine ? Je pense que beaucoup de médecins seront indécis, et les hésitations qu’ils éprouveront à faire un choix, ces hésitations je les ai éprouvées moi-même. Certains médicaments toni-cardiaques, la strophantine et la spartéine, ont eu à un certain moment, une telle vogue, en Allemagne surtout, qu’on aurait dit, vraiment, qu’avant la découverte de ces médicaments, la thérapeutique des maladies du cœur était dans l’enfance.. La caféine et la théobromine sont tellement vantées par quelques cliniciens, qu’on dirait vraiment qu’avant l’usage de ces médicaments on ne pou-