Ruault. Pouls capillaire. Th. de Paris
2. Duroziez. Du double souffle interm. cr. (Arch. de méd., 1861).
MALADIES DE L’ENDOCARDE.
ment, parce que l’ondée sanguine d’aller et de retour ne trouve plus la voie aussi libre. L’auscultation de l’orifice aortique donne encore un autre signe : c’est la disparition ou la diminution du second bruit qui, normalement, est dû au claquement des valvules sigmoïdes.
B. Rétrécissement aortique. — Dans le rétrécissement aortique, l’hypertrophie ventriculaire est également très prononcée, mais le pouls est petit et il se traduit au tracé sphygmographique par une ligne d’ascension inclinée, parce que l’ondée sanguine passe comme à la filière à travers l’orifice aortique rétréci. L’auscultation pratiquée dans le deuxième espace intercostal droit fait entendre un souffle systolique, râpeux et vibrant; ce souffle se propage dans les gros vaisseaux qui naissent de l’aorte et s’entend souvent dans l’aorte descendante au niveau de la région interscapulaire.
Symptômes généraux. — Les symptômes généraux des lésions aortiques apparaissent plus tardivement que ceux des lésions mitrales, parce que les lésions aortiques sont plus efficacement compensées par l’hypertrophie du ventricule gauche et parce qu’elles ont un retentissement moins direct sur la circulation pulmonaire et sur la grande circulation. Le malade atteint d’insuffisance aortique a le teint blafard d’un anémique, parce que l’ondée sanguine, revenant en partie dans le ventricule, n’arrive pas tout entière à destination; il n’en est pas moins sous le coup de fluxions céphaliques dues à des contractions ventriculaires exagérées, fluxions qui apparaissent lorsque l’hypertrophie cardiaque dépasse le but, et se traduisent par des épistaxis, battements dans les tempes, éblouissements, tintements d’oreilles, etc.
Certains malades se plaignent de douleurs de cœur et d’accès d’oppression, avec angoisse et tendance à la syncope; chez ceux-là, la lésion de l’orifice aortique est accompagnée d’une lésion de l’aorte, le plexus cardiaque est probablement atteint, et les symptômes de l 'angine
MALADIES DE L’APPAREIL CIRCULATOIRE
de poitrine se joignent aux symptômes de l’insuffisance et du rétrécissement (Peter1 2).
Les lésions aortiques restent beaucoup plus longtemps que les lésions mitrales à l’état de maladie locale, et ce n’est qu’à une période éloignée (dégénérescence de la fibre musculaire ou complication de lésion mitrale) que l’envahissement de l’économie devient général, et qu’on voit apparaître les congestions, les œdèmes et les symptômes qui précèdent ou qui accompagnent l’asystolie.
Mais avant cette période le malade est quelquefois emporté subitement : la mort subite est en effet une terminaison assez fréquente des lésions aortiques (Aran, Mauriac*), tandis qu’elle est exceptionnelle dans la maladie mitrale. Cette mort subite est diversement interprétée; on invoque l’endartérite oblitérante et l’insuffisance de l’irrigation sanguine par les artères coronaires (Mauriac), et l’angine de poitrine, qui souvent est associée aux lésions aortiques (Peter).
Traitement. — Quand les lésions de l’orifice aortique réalisent les conditions qui ont été décrites à l’occasion des lésions mitrales, on leur applique le même traitement . mais habituellement l’usage de la digitale est contre-indiqué et l’éréthisme cardiaque doit être calmé, soit localement (vésicatoires, cautères, sangsues, ventouses, applications de glace), soit par un traitement général; l’usage des iodures est absolument indiqué.
§ 6. ORIFICE TRICUSPIDE,