Charrin. Soc. de biol
î. Uanot. Arch. de méd., janvier 1890.
MALADIES DE L'APPAREIL CIRCULATOIRE
élément réagit à sa façon; mais dans les deux cas on a affaire à un processus inflammatoire.
La myocardite suppurée est plus rare, elle s’observe surtout dans le cours de l’infection purulente et de l’état puerpéral; le pus est infiltré ou plus souvent collecté en abcès. L’abcès, une fois formé, peut s’ouvrir dans le péricarde, dans les ventricules, et former des embolies de la petite ou de la grande circulation; il peut subir la transformation caséeuse et favoriser la formation d’un anévrysme.
Description. — La myocardite aiguë est une affection qui ne s’impose pas; elle demande à être cherchée si l’on veut la diagnostiquer. Comme elle survient presque toujours dans le cours d’une maladie, à titre de complication, elle passe souvent inaperçue. L’affaiblissement et l’irrégularité des battements du cœur et du pouls en sont les signes habituels, à ceux-ci viennent se joindre peu à peu la disparition du premier bruit, tandis que le second persiste encore, mais assourdi et comme lointain. Ce second bruit peut même cesser d’être perceptible à l’oreille : il est alors remplacé par un frôlement léger. Lorsque la myocardite est moins intense, le premier bruit peut être remplacé par un bruit de souffle doux, localisé à la pointe et ayant une grande tendance à se modifier d’un instant à l’autre (Desnos et Huchard).
Dans les mêmes conditions, on entend parfois un bruit de galop dû à un choc diastolique, indice de la dilatation ventriculaire qui accompagne l'altération du myocarde (Potain, Cutfer et Barbillon). On constate souvent de l’arythmie. Les arythmies cardiaques ont été divisées en régulières et irrégulières; dans le premier cas, la contraction cardiaque existe, mais elle n'est pas assez forte pour que la pulsation cardiaque soit perçue, soit à l’auscultion, soit à l'examen du pouls. Seul le tracé sphygmographique montre que l’arythmie n’est qu’apparente et qu’à la période silencieuse correspond en réalité une pulsation avortée. Enfin le rythme cardiaque peut rappeler le rythme du cœur du fœtus : on dit alors qu’il y a
MALADIES DU MYOCARDE.
embryocardie. Le pronostic dans ces cas est des plus sévères.
La myocardite aiguë est habituellement indolore, cependant Peter insistait sur la douleur provoquée par la percussion au niveau destroisièmeetquatrièmeespacesintercostaux avec irradiations douloureuses sur le trajet du phrénique et du plexus cardiaque. On a même observé chez certains typhiques des crises douloureuses rappelant celles de l’angine de poitrine.
Chez quelques malades, en même temps que les troubles concernant l’intensité et le rythme des battements cardiaques, on note de la tachycardie, delà cyanose et de l’œdème des extrémités, du refroidissement périphérique, en un mot tous les signes du collapsus algide; chez d’autres sujets ce sont les phénomènes d’asystolie aiguë qui prédominent (forme cardiaque de la fièvre typhoïde). Enfin on peut voir survenir des syncopes (forme syncopale) qui peuvent se répéter plusieurs fois et parfois emporter le malade. Dans la fièvre typhoïde en particulier, certains auteurs et je ne suis pas de ce nombre, ont attribué à la myocardite aiguë les cas de mort subite ; on trouvera cette question traitée en détail. au chapitre de la fièvre typhoïde.
Lorsque la myocardite guérit, Landouzy et Siredey1 pensent que le myocarde peut conserver quelque reliquat de l’altération profonde qu’il a subie, ce qui peut aider, ultérieurement au développement d’une affection chronique du cœur.
Les révulsifs appliqués sur la région précordiale et les toniques du cœur : digitale, caféine, sont les moyens employés ordinairement pour lutter contre l’affaiblissement du myocarde, mais je recommande de ne faire usage de ces médicaments qu’avec une prudente réserve- Souvent la dégénérescence est répartie d’une façon irrégulière, surtout lorsqu’elle est sous la dépendance d’une altération des vaisseaux nourriciers du cœur. Dans ces